‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 132 sur 226 · CHAPITRE DIXIÈHB · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈHB

suivant l'expression de Danton; il est rapporté à une faible majprité. Les Girondins venaient de décréter leur raine.

Alors parurent des pétitionnaires de la section des Gardes-Françaises qui, ainsi que les sections des Tuileries et de la Butte-des- Moulins, leur était toute dévouée. Ils s'offrirent à écraser eux-mêmes «une minorité turbulente, » et demandèrent qu'on arrachât des mains du peuple les instruments révolutionnaires. D'un bond, Danton fut à la tribune, et Avertissement de sa bouche tombèrent quelques rudes paroles. Quoi ! l'on ^® ***"* voulait enlever au peuple les instruments de la Révolution ! • Il est temps, s'écria-t-il, que ce peuple attaque tous les fauteuils du modérantisme; » et il montra Paris tout prêt à terrasser a ces misérables Feuillants, ces lâches modérés » dont le triomphe était d'iin moment. On se sépara sur cet avertissement significatif, au bruit des applaudissements des tribunes et d'une partie de l'Assemblée.

Paris semblait avoir entendu la grande voix de Danton. Les sectioDi à Le 29 mai, en effet, les commissaires <le trente -six sec- * «▼ôche. tions, réunis dans la salle de l'archevêché, décidèrent qu'on irait demander à la Convention justice du blasphème d'Isnard et des crimes de la commission des Douze. Le soir, aux Jacobins, Robespierre déploya une énergie suprême, et déclara que c'était au peuple à décider lui-même de ses moyens de salut; mais, comme Danton, il se tint en dehors de l'action de la Commune. On a prétendu qu'il y avait eu à Charenton des conciliabules où Marat, Danton et Robespierre s'étaient concertés avec Chaumette et Pache. C'est une fable girondine. Les sections de Paris, d'ailleurs, n'avaient nul besoin d'être excitées. Les Girondins, depuis huit mois, s'étaient chargés de ce soin, et l'Ami du peuple, qui joua dans ces circonstances un rôle très-actif, n'eût pas été là que les choses n'auraient pas suivi un autre cours. Le 30 reparut à la Convention le jeune Rousselin, à la tète d'une députation de vingt-sept sections, au nom

Le général Hanriot.

Journée du SI mai.

desquelles il rëclama la cassation de tous les décrets rendus sur la proposition de la commission des Dou?e, le renvoi des membres de cette commission devant le tribunal révolutionnaire, et la formation d'une fédération républicaine pour le 10 août. Cette députation était arrivée au moment oufLanjuinais venait d*annoncer que la grande conspiration dénoncée par la commission des Douze était à la veille d'éclater. Il était vrai, en effet, que, en dépit de toutes les représentations du maire, la réunion de Farchevêché s'était déclarée en insurrection. Malgré les efforts de la Commune pour maintenir le calme, le tocsin sonnait à Notre-Dame vers trois heures du matin. A six heures, une députation de trente-trois sections, ayant à sa tête le président de la section de la Cité, Dobsent, une des récentes victimes de la commission des Douze, se présenta au conseil général, dont elle renouvela les pouvoirs au nom du peuple, lui donnant ainsi une sorte d'inVestiture révolutionnaire. Ici apparaît sur la scène un des hommes les plus calomniés de la Révolution, le citoyen Hanriot, dont cependant la vie publique n'offr.e qu'un dévouement absolu à la patrie ; mais il a été au nombre des vaincus de Thermidor, et les survivants de la Gironde ne devaient pas manquer de se venger, sur sa mémoire, de sa coopération aux événements du 31 mai. La garde nationale était toujours sans chef depuis le départ de Santerre pour la Vendée; ce fut Hanriot, commandant de l'ancienne section du Jardin-des- Plantes, devenue la section des Sans- Culottes, qu'en ces heures critiques, la municipalité choisit pour le remplacer, et, au nom des quarante-huit sections, elle le proclama commandant général provisoire de la force armée de Paris.

La Convention s'était réunie dès six heures du matin au bruit du tocsin et de la générale. Pache, mandé à la , barre, rendit compte des mesures qu'il avait prises pour maintenir le calme et empêcher qu'on ne tirât le canon

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