‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 136 sur 226 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

Bésnltats au 31 mai. — Situation de la République. — Appel à la guerre ci- TÎle. — La oonstitirtion de 1793. — La Déolaration des droits. — Abolition de la loi martiale. — Fin de Condoroet. — Le prêtre Jacques Roux.— La Yeudée et le Calvados. — Mort de Cathelmeau. — Rapport de Saint- Just sur les Girondins. — Camille Desmonlins et le général Dillon. — Assassinat de Marat. ^ Ses funérailles. — Résultats du meurtre de Marat.

— La contre-révolution k Lyon. — Mesures de salut public. — Attitude de Robespierre. — Acceptation de la constitution. — La levée en masse.

— Travaux pacifiques. — Le code civil. — Création du Grand-l^ivre. — Soumission de Bordeaux et de Marseille. — Toulon livré aux Anglais. — Mort de Custine. — Séance du 5 septembre à la Convention. — La Terreur. —La loi des suspects. — Victoire d'Hondstchoote. — Affaires de la Vendée. — Croisade contre le comité de Saint public. -^ Rapport d*Amar. — Robespierre et les soixante-treize. — Le gouvernement révolutionnaire. — Bataille de Watignies. — Le calendrier républicain. — Soumission de Lyon.

— La Vendée vaincue. — Décrets contre les étrangers. — Mort de Marie- Antoinette. — Procès et mort des Girondins.

Les journées du 31 mai et du 2 juin, que, trois mois après le 9 Thermidor, Robert Lindet qualifiait encore de a grandes, heureuses, utiles et nécessaires, » eurent cela d'admirable qu'elles ne coûtèrent pas une goutte de sang au pays; et vraisemblablement les Girondins n'auraient pas été immolés, sMls n'avaient point commis le crime de soulever une partie de la France contre la Convention. Mais ils se montrèrent implacables; ils voulurent, comme le'demanda Vergniaud, ou leur mort ou celle de leurs dénonciateurs. Si peu rigoureuse était d'ailleurs la surveillance à laquelle ils furent soumis, que la plupart d*entre eux s'échappèrent pour courir organiser une vaste croi- juw itw, sade dans les départements.

Débarrassée dejeur présence, l'Assemblée cessa d'être une arène de gladiateurs; elle ne songea plus qu'à achever

Sitnatio!!

de la

République.

la constitution et à sauver la chose publique par des moyens auxquels tout esprit de parti était étranger. Elle chargea son comité de législation de reviser le code civil dans un sens conforme à l'esprit d'un gouvernement républicain. Un désir sincère d'apaisement animait les vrais patriotes. On proposa d'envoyer des otages dans les départements dont les représentants avaient été décrétés d'arrestation, et Couthon et Saint-Just s'offrirent d'euxmêmes à se rendre, l'un dans la Gironde, l'autre dans le Calvados. La Commune n'était pas moins disposée à la concorde et à la modération. En présence de la tranquil- . lité et de l'union qui régnaient dans la ville, Hanriot crut devoir résigner son commandement, dans lequel le suffrage de ses concitoyens ne tarda pas à le réintégrer. Enfin un jeune député lyonnais, du nom de Leclerc, étant venu, au conseil général, parler de vengeance, fut fort mal accueilli, et Hébert lui-même, dans un discours énergique, demanda qu'on regardât comme mauvais citoyen quiconque proposerait de répandre le sang. Malheureusement les Girondins,en ralliant sous leurdrapeau,*même à leur insu, toutes les passions hostiles à la République , en leur fournissant un nouvel aliment, en groupant toutes les résistances, se jetèrent comme à plaisir à la traverse de ces dispositions pacifiques, et provoquèrent la Révolution à des fureurs inconnues jusque-là.

Au moment de la chute des Girondins la situation extérieure était extrêmement critique. Trois cent mille ennemis, échelonnés depuis Bâle jusqu'à Ostende, menaçaient nos frontières ; Mayence et Valenciennes pou valent succoniberd'un moment à l'autre; à l'est les Austro-Sardes descendaient le versant des Alpes pour se jeter sur la Savoie; au midi Bayonne et Perpignan étaient sérieusement exposés; enfin les insurgés de la Vendée étaient maîtres d'une partie du cours de la Loire. Dans une telle occurrence, la République avait plus que jamais besoin de toutes ses forces

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