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CHAPITRE DEUXIEME

La monareliîe songe à elle. — Mémoire des princes. — Les prétentions du tiers état. — - Seconde assemblée des notables. — Résistances de la noblesse. «— Moavemont électoral. — > Les eahiem des bailliages. — Absten-

4, tion da penple. -^ Pillage de la maison Réveillon. — Ouverture des états généraux. — Suppression du journal de Mirabeau. — Vérification des pouvoirs. — Ultimatum du tiers état. ^ L* Assemblée nationale. — Serment du Jeu de paume. — > Bé«mioa du clergé. -- Séance foyale du 23 juiii. ^ Réunion des trois ordres. — Les gardes françaises et le peuple. — Le Club breton. — Mécontentement populaire. — Renvoi de Kecker. — Irritatîoa croissaiile. — Prise ds la Bastille.

Ce serait une étrange illasion de croire que-, en conyo- La monarchie quant les états généraux, la monarchie ait eu surtout l'idée «>"«® ^ *^^^*^de réformer les abus séculaires sous lesquels ployait la majeure partie de la nation. Isolée au milieu de la noblesse et du clergé» qmi mettaient à lui venir en aide toute la mauvaise volonté possible, elle songea principalement à elle, et B*eut d'autre but que de se conserver elle-même, en grossissant son trésor et son armée. « Au roi seul, disait Lamoignon, ^i séance royale du Parlement, le 19 novembre 1787, appartient la puissance souveraine ; il n'est eompftablequ*& Dieu'seul de Texercicedu pouvoir suprême, et dans sa personne réside, sans dépendance et sans partage, le pouvoir législatif .» Louis XVI n'avait donc aucunement l'intention d'abandonner aux représentants de la nation la moindre parcelle de cette puissance souveraine.

Que maintenant, pour s'envelopper d'ime auréole de popularité, la monarchie ait fait miroiter, aux yeux du pays, la

perspective de certaines réformes libérales, cela est incontestable. La force des choses voulait qu'elle ne pût se retremper dans une assemblée nationale et se sauver qu'à la condition de faire la part du feu, c'est-à-dire de passer condamnation sur quelques-unes des améliorations politiques et sociales réclamées par Topinion publique. Personne ne se méprenait à cet égard. Seulement le sacrifice paraissait exorbitant en haut lieu, et rien ne prouve mieux les craintes dont furent saisis les privilégiés que le cri d'alarme poussé par l'un des frères de Louis XVI et les

Mémoire princes de la maison de Condé dans un mémoire présenté (les princes, au roi par le comte d'Artois. Qu'allait-on devenir si on laissait battre en brèche les prérogatives de la couronne et celles des deux premiers ordres de l'État ! Après l'inégalité des rangs, n'attaquerait-on pas l'inégalité des fortunes? Chose monstrueuse aux yeux de ces représentants du vieux monde ! on osait parler de la suppression des droits féodaux comme de l'abolition d'un système d'oppression, reste de la barbarie antique. La désolation éta^tdans Babylone.

La crainte et la préoccupation des princes étaient que le prétentions du t*®^^ ^*^*» ^'^^ entrait aux états généraux en nombre égal

tiers état, à celui des deux premiers ordres réunis, ne prît bien vite une importance supérieure à celle de la noblesse et du clergé. C'était là, en effet, la question dominante du moment. De toutes parts les droits du tiers étaient revendiqués avec une force, une énergie et une éloquence singulières. Jamais la passion de la justice et de la vérité n'avait été si bien servie par le talent. Le ministre de Brienne , en promettant au nom du roi la convocation des état^, avait invité toutes les personnes instruites du royaume à donner leur avis à ce sujet. Cela ne semblait-il pas une reconnaissance anticipée de la liberté de la presse? Les écrivains s'empressèrent de répondre à son appel, plus peut-être qu'il n'aurait voulu. Alors commença de retentir,

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