‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 143 sur 226 · CHAPITRE 0I9ZIÈHB · texte numérisé non relu

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la levée en masse. Aux hommes mariés, mai ntenant,de forger des armes, de s'occuper des subsistances ; aux femmes» de faire des tentes, des habits, de servir dans les hôpitaux ; aux enfants, de mettre le vieux linge en charpie. Quant aux vieillards, on leur donna pour mission de prêcher la haine des rois et Tunité de la République. En outre, la Convention prescrivit le lessivage des caves pour en tirer le salpêtre qui manquait à la fabrication des poudres; des maisons nationales elle fit des casernes, convertit les places publiques en ateliers d'armes, et décida que sur la bannière de chaque bataillon on inscrirait ces mots : « Le peuple français debout contre les tyrans! ». Contre une nation dont le courage et l'énergie se révélaient par de telles résolutions, que pouvaient toutes les puissances de la terre?

Et , — spectacle digne de l'éternelle admiration des Travaux hommes, — au milieu des complications delà guerre civile et pacifiques, de la guerre étrangère, dans la nécessité formidable de forger pour la défense du pays des lois meurtrières comme des armes de combat, la Convention nationale ne cessa jamais de s'occuper des travaux destinés à améliorer la condition . des hommes et à former des citoyens là où jadis il n'y avait eu que des sujets. Dès le mois de juin Lakanal était venu lui soumettre un plan d'instruction publique. Le mois suivant s'était ouverte la discussion sur le projet d'éducation nationale de Le Péletier,dont Robespierre avait donné lecture. « Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple, » s'était avec raison écrié Danton. Cependant, malgré les vives instances de Robespierre, le principe de l'instruction obligatoire, sans laquelle on ne parviendra jamais à dissiper complètement l'ignorance, ne fut pas tout d'abord adopté. On décida seulement qu'à côté d'établissements nationaux où les enfants seraient instruits, logés et nourris gratuitement, il y aurait des écoles auxquelles chacun serait libre d'envoyer ou de ne pas envoyer ses

enfants. C'était déjà beaucoup. Un peu plus tard l'Assemblée se décida à décréter le principe de Tinstruction obli- • gatoire, édicta des peines contre les parents qui n'enverraient pas leurs enfants aux écoles publiques, et adopta le système des trois degrés d'instruction qui forme la base de notre enseignement. Malheureusement cela resta à 1 etat de projet. En même temps elle prescrivait la publication d'un récit des actions héroïques et civiques, ordonnait la confection d'une nouvelle grammaire, confiait à un jury la mission de choisir les meilleurs ouvrages concernant l'éducation physique et morale des enfants, et faisait appliquer la nouvelle machine de Chappe pour la rapide transmission des nouvelles. Elle n'eut garde d'oublier les arts et les lettres, auxquels elle pi-odîgua force encouragements : aux chefs-d'œuvre de la peinture, elle consacra la galerie du bord de l'eau, qui reliait le Louvre et les Tuileries, et pour faciliter la propagation des lettres, elle ouvrit à tous la Bibliothèque nationale.

Mais où elle montra surtout la plus vive sollicitude, ce fut dans la réformation des lois incohérentes, diffuses et souvent iniques, qui réglaient jadis les rap- T^ code civil, ports sociaux. Le 22 août, Cambacérès donna lecture d'un projet de code civil dont la discussion occupa soixante séances. Successivement furent votés les titres sur l'état des personnes, le mariage, les droits des époux, les rapports entre parents et enfants, et sur le divorce. Là, s'affirmait, conforme à la simplicité naturelle et à Téquité primitive, le droit révolutionnaire. Par malheur, ce beau travail, interrompu, ne fut définitivement achevé que sous l'homme de Brumaire, qui gâta les belles conceptions de la République en revenant, sur beaucoup de points, aux errements de l'ancien régime.

Création Soigneuse des intérêts des créanciers de l'État, la Re-

du^ Grand- volutiou tint à honueur de ne pas répudier les dettes légitimes de la monarchie; elle s'attacha seulement à mettre

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