‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 149 sur 226 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

été oavert contre la ville dès le 24 août. Le bombardement dorait depuis trois semaines quand, aux représentants Du* bois-Crancé, Gauthier, Reverchon, Laporte et Javoguesii, la Gonyention adjoignit, pour soumettre les rebelles, Mai* gnet et Couthon. Celui-ci était alors en mission dans le Puy* de-Dôme ; il se disposa à lancer sur Lyon ses « rochers d'Auvergne, D comme il appelait les robustes paysans qu*ii avait levés sur son passage. On s'impatientait fort à Paris de la longueur du siège. A la place de Eellermann qui commandait l'armée de siège, et qu'on accusait de mollesse, le comité de Salut public envoya le médecin Doppet, en loi enjoignant de précipiter les choses. Dubois-Grancé fut également rappelé, et Couthon annonça aux Lyonnais que c'était à lui qu'ils auraient affaire désormais; il les prévint d'ailleurs que la loi ne frapperait que les coupa* blés. La ville fut emportée de vive force dans la nuit du 8 au 9 octobre. Couthon et ses collègues instituèrent aussi* tôt une commission militaire pour décider sommairement du sort des insurgés pris les armes à la main, et une com* mission civile, fonctionnant à l'aide de jurés, pour juger ceux qui ne s'étaient laissé entraîner dans la révolte que par faiblesse ou par erreur. Or, à l'heure où cette double commission commençait à fonctionner, la Convention, irritée delà longue résistance de la ville et des atrocités qu'on 7 avait commises contre les patriotes, frappait la cité lyonnaise d'un décret terrible. Sur la proposition de Barère, parlant au nom du comité de Salut public, elle décida qu'une commission extraordinaire jugerait immédiatement tous les contre-révolutionnaires de Lyon; que la ville serait détruite, excepté les maisons des pauvres, celles des patriotes proscrits et les édifices consacrés à l'industrie, à l'instruction et à l'humanité; que le nom de Lyon serait effacé du tableau des villes de la République, et que la réunion des maisons conservées porterait celui de Commune- Affranchie. Chargé de Texécution de ce décret, Couthon se

La Vendée vaincue!

Décret

contre

l60 étrangers.

garda bien de le prendre à la lettre. Comme ses infirmités l'empêchaient de marcher, il se fit transporter sur la place de Bellecour; là, frappant d'un petit marteau d'argent une des maisons.de la place, il dit : «Au nom de la loi, je te frappe, » et ce fut tout Les violents ne se montrèrent pas satisfaits de sa façon d'exécuter le décret de la Convention. Le 30 octobre, on lui donna pour remplaçants CoUotd'Herbois et Fouché, deux bourreaux.

Victorieuse dans le Nord et à Lyon, la République eut aussi la joie de dompter, pour un moment du moins, la criminelle Vendée. On avait réuni en une seule armée, sous le nom d'armée de l'Ouest, celle des côtes de Brest et celle des côtes de Cherbourg, afin de pouvoir frapper un coup plus fort. Les rebelles essuyèrent des déroutes successives. Vainqueurs à Châtillon le 8 et le 9, à la Tremblay le 15, les républicains entrèrent le l^ dans Chollet, et le lendemain, aux portes de la ville, ils mirent en complète déroute Tarmée royaliste, forte de quarante mille hommes. Là, furent atteints mortellement d'Elbée et Bonchamp. Quelques jours auparavant, Lescure avait été également blessé à mort. Privés de trois de leurs meilleurs chefs, battus encore à Beaupréau dans lajournée du 18, les Vendéens se replièrent en désordre vers Saint-Florent. Héroïques soutiens d'une mauvaise cause, ils fuyaient éperdus à travers leurs champs ravagés, à la lueur de rincendie qui dévorait leurs villages, traînant à leur suite des milliers de femmes, d'enfants et de vieillards qui nV vaient plus d'asile. Ils allèrent s.e réfugier sur la rive droite de la Loire, Le â3 octobre, au milieu des cris de Vive la République I Barère annonça à la Convention, un peu trop tôt du reste, que la Vendée n'était plus.

Dans ce même mois d'octobre commencèrent à se multiplier les vengeances de la Révolution. Que de circonstances du reste se réunissaient pour la pousser à bout! C'est ainsi qu'on apprit tout à coup qu'à Toulon les Anglais avaient

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