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CHAPITRE DOUZIÈME

Affaire Chabot.

la barbarie, «il poussa droit aux hébertistes, à ceux qui semblaient vouloir donner à une cause sublime un air de légèreté et de folie, a Fuyez à la fois, dit-il, le cruel modérantisme et Texagération systématique des faux patriotes; le peuple hait tous les excès ; il ne veut être ni trompé, ni protégé; il veut qu'on le défende en l'honorant. » Ce rapport accrut encore la popularité de Robespierre, et jeta sur sa personne, à l'étranger et à l'intérieur, un éclat prodigieux. Il eut pour résultat immédiat de provoquer un décret par lequel la Convention affirma l'inébranlable résolution de la République de se montrer terrible contre ses ennemis, généreuse à l'égard de ses alliés, juste envers tous les peuples.

Décidée à donner elle-même l'exemple du respect aux lois révolutionnaires et à la probité, jusqu'à frapper rigoureusement ceux de ses membres contre lesquels s'élevaient des griefs sérieux, la Convention n'avait pas hésité à décréter d'accusation un député de Paris, Charles Osselin, pour avoir violé le décret relatif aux émigrés. Le 18 elle porta encore la main sur quatre de ses membres en approuvant l'arrestation de Delaunay (d'Angers) et de Julien (de Toulouse), accusés d'avoir, pour cent mille francs, falsifié un décret rendu contre la compagnie des Indes, et celle de Chabot et de Bazire qui les avaient dénoncés, et qui, l'un et l'autre, paraissaient compromis dans l'affaire. Cette sévérité envers elle-même indiquait, de sa part, l'intention bien déterminée de ne ménager aucun coupable. '

Cependant les hébertistes ne se tenaient pas pour battus. Us se sentaient soutenus dans la Convention, où en effet l'on accueillait avec enthousiasme, comme des ^^^' offrandes patriotiques, les dépouilles des églises. Robes» pierre se décida à les attaquer en plein club des Jacobins, dont un des leurs, AnacharsisCloots, était alors président. Le !•' frimaire (21 novembre), comme Hébert, avec sa

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Sëance fougue habituelle, venait d'engager la soeiét^à poursuivre aux jMobûîa! ^^ jugement des « complices de Brissot » et de la sœur du roi, il monta à la tribune, commença par défendre contre le substitut du procureur de la Commune les soixantetreize, et par lui disputer la tête de la malheureuse Elisabeth ; puis il demanda si le fanatisme ancien était actuellement la cause de nos maux. Il blâma énergiquement les persécutions dirigées contre lé culte au mépris des lois qui consacraient la liberté de conscience. Ce n'était pas le fanatime expirant des prêtres qui était à craindre, mais leur ambition; non l'habit qu'ils portaient, mais la peau nouvelle dont ils étaient revêtus. Résolue à punir sévèrement les ministres du culte qui abuseraient de leurs fonctions pour troubler l'ordre et animer les citoyens contre la République, la Convention, dit-iU ue permettrait pas qu'on persécutât ceux qui se contentaient d'exercer paisiblement leur ministère. « On a dénoncé des prêtres pour avoir dit la messe, ajouta-t-il ; ils la diront plus longtemps si on les empêche de la dire. Celui qui veut les empêcher est plus fanatique que celui qui dit la messe, d II combattit la prétention de certains rénovateurs d'ériger l'athéisme en religion d'État. Chacun à cet égard pouvait assuré»» ment adopter l'opinion qui lui plaisait, et la lui imputer à <îrime serait insensé, il le déclara formellement; mais la Convention n'était pas un faiseur de livres, un auteur de systèmes, c'était un corps politique dont la* mission était de faire respecter les droits et le caractère du peuple français. Pour lui, il considérait l'athéisme comme aristocratique, et, en vrai disciple de Voltaire et de Rousseau, il s'écria que si Dieu n'existait pas il faudrait l'inventer. Somme toute, ce discours, d'une si haute philosophie, était tout simplement un appel à la tolérance universelle et une protestation éloguente contre l'étrange despotisme des prêtres de l'incrédulité et des dévots de l'athéisme. Robespierre donna en cette circonstance une nouvelle preuve de

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