CHAPITRE DOUZIÈME 40K
son grand courage civil, car, de Taveu d*un journal du temps, les yérités qu*il avait fait entendre ne pouvaienit être énoncées que par un homme d'une réputation à toute épreuve, tant les exagérateurs avaient outre-passé les bornes prescrites par la raison.
Les hébertistes se croyaient d'ailleurs si forts que, le i>ûnt<m surlendemain, à leur instigation et en dépit du discours i.i,^iJj!5;i^, de Robespierre, la Commune ordonna la fermeture immédiate de toutes les églises et de tous les temples existant dans Paris, rendit tous les prêtres ou ministres person* nellement responsables des troubles provenant d'opinions religieuses, et menaça d'incarcération quiconque réclamemerait Touverture d'un temple ou d'une église. Danton, revenu depuis peu d'Ârcis-sur-Aube, où il était allé passer quelque temps, se jeta alors dans lamélée, et porta de terribles coups à l'hébertisme. De tout temps il avait montré une extrême répugnance contre l'application intempestive des doctrines de la philosophie pure. Dès le mois de no* vembre de l'année précédente, il regardait comme un crime de lèse-nation de vouloir enlever au peuple une religion et des ministres, dans lesquels, disaitwl, ce peuple pouvait trouver quelques consolations; et ]e député Jacob Dupont, qui avait préconisé l'athéisme àlaConvention,lui reprocha trèsaigrement, en véritable sectaire de l'intolérance, d'avoir exprimé à la tribune un sentiment religieux. Le 6 frimaire (26 novembre), Danton s'éleva avec une grande véhémence contre a les prêtres de l'incrédulité; » il réclama la suppression des mascarades anti-religieuses dont l'Assemblée était le théâtre, un prompt rapport sur ce qu'on appelait déjà les conspirations de l'étranger, et il termina en rendant à l'Être suprême un éclatant hommage. L'adoption L'hébertinM des propositions de Danton, une nouvelle sortie de Robes^ à^p"T pierre aux Jacobins contre les tartufes de philosophie, arrêtèrent court à Paris les progrès de l'hébertisme. Chaumette et Hébert n'hésitèrent pas i se retracter. Hébert parla
même du Christ comme du fondateur des sociétés populaires, et la Commune laissa les citoyens libres d'exercer leur culte à leur manière. Mais dans les départements les ravages ne cessèrent pas, au contraire. LesTallien, les Carrier, les Baudot, les Bernard (de Saintes), les Fouché, les André Dumont, sous prétexte de courber le peuple sous le joug delà raison, n'en continuèrent pas moins à outrager chaque jour le bon sens et à faire détester la République. Manifeste Âussi les rois coalisés lancèrent-ils contre la Révolution contre ^^g libelles où les républicains français étaient traités de brigands révoltés contre toutes les lois divines et humaines. Le comité de Salut public chargea Robespierre de répondre; et le 18 frimaire (5 décembre) celui-ci lut à la Convention un manifeste dans lequel, après avoir noblement vengé la République des calomnies répandues contre elle, il fit avec raison remonter aux rois de l'Europe, aux émigrés, à tous les ennemis de la Révolution, la responsabilité des mesures de rigueur qu'on avait été obligé de prendre. L'Assemblée adopta avec enthousiasme ce manifeste, que Camille Desmoulins émerveillé appela sublime. Le lendemain elle décréta qu'il serait imprimé aux frais de la République, et que chaque décadi il serait lu par les officiers municipaux ou présidents de sections dans les assemblées * communales. En même temps elle défendit toutes violences ou menaces contraires à la liberté des cultes ; ce qui n'empêcha pas les démolisseurs d'autels et les persécuteurs de consciences de poursuivre leurs exploits. Et cependant, pour assurer l'exécution de ses décrets, la Convention venait d'adopter, sur un rapport de Billaud-Varenne, un décret organisant le gouvernement révolutionnaire, décret d'où naquit le*Bullettn des lois, et qui, entre autres modifications apportées au système administratif, substitua aux procureurs-syndics de la Commune des agents nationaux, dont le nom parut mieux approprié aux fonctions-de cette classe d'administrateurs.