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thoBsiasme cette mesure réparatrice. Fàcheaseraent elle se déjugea peu après sur une demande de Billaud-Varenne : preuve manifeste du peu d'influence efFective que Robespierre avait sur la majorité de ses collègues du comité de Salut public.
Il y avait eu là évidemment une tentative pour sortir de la Terreur, sans compromettre la Révolution. L'attitude impolitique des amis de Danton gâta tout, et ne fut pas étrangère à la motion de Billaud. Si Hébert et les siens avaient le tort de trouver partout des coupables, Camille avait celui de ne plus voir que des innocents dans tous les détenus , et surtout de s'extasier sur des pamphlets que publia Philippeaux à son retour de la Vendée, et dans lesquels il calomnia à outrance et le comité de Salut public et les généraux les plus patriotes. Cela même rendit cœur aux hébertistes. Le jour où Robespierre faisait lm Cordeiien décréter un comité de justice, une députation des Corde- u Convention liers se présentait à la barre, et l'un de ses membres sommait insolemment, le chapeau sur la tête, l'Assemblée de statuer le plus tôt possible sur l'affaire de Ronsin et de Vincent. Il fallut un décret de la Convention pour rap* peler Torateur au respect des convenances. Le lendemain 4" nivôse (21 décembre), avait lieu une fête en Thonneur mytes am h. de Châlier,le martyr lyonnais, dont on promena procès- .^^' *^^ sionnellement la tète dans les rues de Paris. Ce fut pour les hébertistes une occasion de se compter. Le retour de Collot-d'Herbois enfla leurs espérances. « Le géant est arrivé, » écrivit Hébert radieux. Il se crut sûr du triomphe. Ce jour-làCamille Desmoulins fut violemment pris à partie aux Jacobins. Un imprimeur, du nom deNicolas, s*emporta L'imprimeur jusqu'à s'écrier que Camille frisait la guillotine. Nicolas n'appartenait cependant pas à la secte des enragés. C'était un admirateur fervent de Robespierre, un de ceux qui, de loin et sans l'avertir, veillaient sur ses jours. Mais la colère du patriote s'était allumée à la lecture des numéros
Nicolas.
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da Vieux Cordelier. Ceux-là ne sont pas de bons citoyens, dit à son tour CoUot-d'Herbois , qui nous traduisent des historiens anciens pour nous présenter le tableau des temps où nous vivons. Hébert se déchaîna avec la dernière violence contre Bourdon (de TOise), qu*il appelait Bourdon le Rouge, contre Fabre d'Eglantine, Camille et Philippeaux. Deux jours après, ce dernier rencontra dans Levasseur (de la Sarthe) un adversaire autrement sérieux. Levasseur Taccusa d'avoir entassé dans ses libelles mensonges sur mensonges, calomnies sur calomnies. Philippeaux était allé jusqu'à prétendre que Ronsin avait fait écraser quarante-trois mille républicains par trois mille Vendéens. Si paradoxales, si monstrueusement exagérées étaient ses insinuations, que Danton, son ami, lui avait dit : a II faut que tu prouves ton accusation ou que tu portes ta tète sur réchafaud. » Robespierre vint noblement à son secours. Il croyait à la pureté de ses intentions, et il l'engagea seulement à sacrifier son opinion dans le cas où elle tiendrait à des suggestions d amour-propre et à des passions particulières. Mais Philippeaux resta sourd aux paroles de ^x et de concorde qui tombèrent de la bouche de Maximilieu. Les fureurs réciproques des exagérés et des modérés étaient montées à un point où il était impossible de les apaiser; Robespierre échoua dans toutes ses tentatives de conciliation.
Sur II traça cependant admirablement la route à suivre entre
les principes j^s doux cxcès, dans uu magnifique discours sur les pringouveraement ^^P^^ ^^ gouvemcment révolutionnaire que, le S nivôse révolu- (25 décembre), il vint, au nom du comité de Salut public, protionnaire. nQ^ç^j. à la tribune de la C!onvention. Répondant d'avanqe auxdétracteurs de mauvaise foi, qui assimilent le régime de , la Convention à un régime normal et régulier, il définissait parfaitement le gouvernement révolutionnaire, dont la mission était de fonder la République en abattant tous les obstacles qu on lui opposait, tandis que la mission du gonveme-
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ment constitutionnel était de la conserrer. «La Révolution est la guerre de la liberté contre ses ennemis, la consrtitu-^ tion est le régime de la liberté victorieuse et paisible, i Toutefois, il repoussait loin, bien loin toute mesure de ri* gueur dont la nécessité n'était pas absolument démontrée. Le gouvemementrévolutionnaire avait à voguer entre deux écueils : la faiblesse et la témérité, le modérantisme et Texcès : n le modérantisme, qui est à la modération ce que rimpuissance est à la chasteté, et l'excès, qui ressemble èi l'énergie comme l'hydropisie à la santé. » Admirable définition, que malheureusement on ne sut pas assez mettre en pratique. La Convention décréta, à la suite de ce rapport, que tous les généraux prévenus de complicité avec Dumouriez et Custine seraient renvoyés devant le. tribunal révolutionnaire; que dans le plus bref délai le comité de Salut public ferait un rapport sur les moyens d'améliorer l'organisation de ce tribunal ; enfin que les secours et récompenses accordés aux défenseurs de la patrie, blessés en combattant pour elle, ou à leurs veuves et à leurs enfants, seraient augmentés d'un tiers. Mais le lendemain, sur une double réclamation de Barère, devenu, suivant l'expression de Camille, un passe^Aobexpierre, et de Billaud-Varenne, dont la politique se sépara bien nettement en cette circonstance de la politique vraiment modérée de Maximilien, elle rapporta, comme nous l'avons dit plu» haut, le décret par lequel, à la demande du dernier, elle avait institué un comité de justice.
Au risque de passer-pour un modéré et pour un Feuillant, comme on le débitait déjà dans les cafés, Robespierre essaya encore de la conciliation aux Jacobins, dans la séance du 6 nivôse <26 décembre). Tentative inutile. Ca- Hébert mille Desmoulins lança son numéro cinq, où, se couvrant du certificat de patriotisme que lui avait délivré « soi^ cher camarade de collège,» il porta à ses ennemis de ces^ coups qui appellent d'implacables représailles. Il traita»
et Camille Dcsraoïilins.
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Hébert de voleur, et malmena durement le ministre de la guerre Bouchotte, pour avoir payé au prix de deux cent mille livres une cargaison de numéros du Père Ducbeine, alors que ces numéros valaient à peine le quart de cette somme. Certes il avait raison quand, avec une indignation d'honnête homme, il reprochait à Hébert ses pages dégouttantes de sang et de boue. Mais ce qui prouve, hélas ! combien, dans cette lutte à outrance contre les hébertistes, Tinimitable écrivain se laissait diriger plutôt par ses ressentiments personnels et ses passions particulières que par l'intérêt public et un véritable patriotisme, c est qu'en même temps qu]il jetait lanathème au Père Dueheene, il portait aux nues le AoM^y/f, journal du député Guffroy, qui avait intitulé sa feuille de Tanagramme de son nom. Or, cette feuille était tout aussi sanguinaire, tout aussi infâme, tout aussi ignoble que celle d'Hébert, cequi n*empêchait pas Camille d'appeler Gufifroy a son cher Rougyfifet. b Ëh bien! le cher Rougyffet, qui insultait chaque jour les victimes qu'il contribuait par ses éternelles dénonciations à envoyer à réchafaud, poussera la lâcheté et Tignominie jusqu'à railler cyniquement l'infortunée veuve du pauvre Camille, quand elle-même aura été livrée au bourreau. Le 16 nivôse (5 janvier 1794), Hébert courut aux Jacobins réclamer justice. Mais là Camille retourna le fer dans la plaie, et Robespierre jeune, qui arrivait de mission, reprocha violemment à l'auteur du Père Duckeene d'avoir par ses articles intolérants provoqué les agitations auxquelles étaient en proie tme partie des départements. Robespierre aine et Danton s'interposèrent, et engagèrent la société à se borner à éclaircir les faits avancés par Philippeaux ; on ajourna la discussion au surlendemain.
Ce joup-là. Bourdon (de l'Oise) vint lire à la Convention un discours a révolutionnaire à toute outrance, » où il concluait à ce que le pouvoir exécutif ne pût désormais tirer aucun fonds du trésor public sans un décret préalable. L'As-