‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 17 sur 226 · CHAPITRE DEUXIÈHB · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈHB

la Convention nationale pour que la Révolution entre franchement dans le courant populaire.

Les élections de Paris, commencées vers le 20 avril, du- avml 1789. rèrent un peu plus de quinze jours. Les électeurs nommés par les assemblées primaires avaient à choisir vingt députés pour le tiers état, dix pour la noblesse et dix pour le clergé. Les opérations électorales s'accomplissaient avec un calme auquel on ne s'attendait guère, tant l'effervescence était grande dans les esprits, quand tout à coup un événement tragique vint en troubler le cours.

L'hiver avait été dur, les ouvriers avaient beaucoup pniage souffert. Un bruit est répandu, lancé par on ne sait qui, de la maison qu'un des électeurs, nommé Réveillon, riche fabricant de ^^^^'<^^i^°"papiers peints du faubourg Saint-Antoine, n'avait pas craint de soutenir, au milieu de la réunion du corps électoral, qu'un salaire de quinze sols par jour était suffisant à l'ouvrier pour vivre. Aussitôt grand émoi dans le quartier. C'était le 27. On s'attroupe, on charge d'imprécations un mannequin représentant le malheureux Réveillon. Si oaleùt trouvé ce jour-là, il était mort. Le lendemain sa maison fut envaliie et saccagée ; il n'eut que le temps de se sauver à la Bastille, où il demeura caché durant un mois. Deux maisons voisines furent également pillées, dont l'une appartenait, paraît-il, à Hanriot, le futur général en chef de la garde nationale parisienne. On déploya, tardivement, une force armée ^considérable. Les troupes, qui p3ut-être eussent pu prévenir tout accident si elles étaient survenues à temps, arrivèrent pour réprimer, et se montrèrent, il faut le dire, impitoyables dans la répression. Les pertes, du coté des soldats, furent insignifiantes; mais le peuple eut cruellement à souffrir. Deux cents morts et près de trois cents blessés formèrent, dans cette déplorable affaire, le contingent de perte de ceux qui déjà s'intitulaient les défenseurs de la patrie. De cet événement lé peuple garda contre la-royauté une rancune mortelle, et

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