CHAPITRE TRBIZIÈIIB
Tagricaltare et des'arts ; du ccmimerce et des approvisionnements; des travaux publics; des secours publics ; des transports, postes et messageries ; des finances ; de l'organisation et du mouvement des armées de terre ; de la marine et des colonies; des armes, poudres et mines, et des relations extérieures. Pour la première fois l'instruction publique, si négligée jadis, figurait au rang des premiers besoins du pays. Et dans sa séance du 16 germinal {5 avril), sur une double proposition de Couthon, l'Assemblée proclamait de nouveau cette sentence contenue dans la Déclaration des droits, à savoir, que tout individu qui usurperait la souveraineté du peuple serait mis à mort à l'instant, et elle décrétait d'enthousiasme, au milieu des plus vifs applaudissements, que dans le délai d'un mois chacun de ses membres rendrait compte de sa conduite politique et de rétat de sa fortune. C'était là à coup sûr un décret trèsaustère et personne moins que Maximilien Robespierre ne pouvait en redouter les effets; il le critiqua néanmoins, aux Jacobins, parce qu'il craignit que des malveillants ne s'en fissent une arme contre les riches, et ne portassent dans les familles une inquisition intolérable. Il était en cela fidèle au* système de modération et de bon sens qui, quelques jours auparavant, l'avait engagé à défendre les signataires des fameuses pétitions des huit mille et des vingt mille, que certains énergumènes voulaient ranger en bloc dans la catégorie des suspects.
Par malheur, ni la Convention ni les comités ne crurent La devoir se départir encore de leur système d'implacable se- ^^^^^^^ vérité. Et de lâches amis de Danton ne furent pas les derniers, il faut le dire, à les encourager dans cette voie. Le 18 germinal (7 avril), Legendre réclama un décret d'accusation contre son collègue Simond, qu'il présenta comme un des conspirateurs de la prison du Luxembourg, et lui et Bourdon (de l'Oise) déployèrent un zèle étrange à dénoncer des lettres dans lesquelles on les engageait à im-
moler Robespierre et SaintrJust. Or, c'était précisément l'heure où Fouquier-Tinville informait la Conventioa de l'existence d'un complot formé dans les prisons pour égorger les membres du comité de Salut public. Vingt-six accusés furent .renvoyés devant le tribunal révolutionnaire sous la prévention de ce complot, imaginaire au moins pour la plupart d'entre eux. Citons, parmi ces victimes promises à l'échafaud, Arthur Dillon, Tex-évéque Gobel, le général Beysser, les veuves d'Hébert et de Camille Desmoulins, Chaumette, le comédien Grammont et son fils, tous deux officiers dans l'armée révolutionnaire, un ancien commissaire du comité de Sûreté générale, nommé Lapalus, et le Conventionnel Simond. C'était un amalgame d'hébertistes et de dantonistes. Sept des accusés furent acquittés, tous les autres furent condamnés à mort et exécutés le 24 germinal (13 avril). Dans le cours du procès, l'évèque Gobel avait avoué ingénument qu'il s'était approprié les dépouilles du château de Porentruy pour s'indemniser d'avoir sacrifié sa fortune afin de procurer la liberté aux habitants du pays* L'ex-procureur de la Commune, le pauvre Chaumette, expiait cruellement son intolérance excessive et les olies de l'hébertisme auxquelles il avait si activement coopéré. Ne fut^^ point, par exemple, le fait d'un monomane, que de requérir la démolition des clochers parce qu'ils semblaient, par leur domination sur les autres édifices, a contrarier les principes de l'égalité ? » Rien d'étonnant à ce que l'on ait vu là l'intention préméditée d'irriter à plaisir contre la Révolution la multitude des âmes pieuses et des esprits indifférents. Peut-être toutefois eût-on dûlui tenir compte des incontestables services rendus par lui à la cause de la démocratie, et notamment de ses efibrts pour répandre l'instruction publique; mais nulle reconnaissance ne fleurit sur l'aride terrain où se heurtent les partis. Quant à la veuve d'Hébert et à Lucile Desmoulins, leur immolation est un crime impardonnable; la Révolu-
CBAPITRX TRBIZIÈIIB
tion ne se lavera jamais les mains de ce sang innocent si inutilement versé.
Débarrassé des factions qui lui avaient paru entraver la marche régulière du gouvernement révolutionnaire, le comité de Salut public songea à purger Paris, qui était à ses yeux la place forte de la République, de tous les mal* veSlants dont la cs^pitale était encombrée. Le 26 germinal (15 avril) Saint Just vint, au nom du comité, présenter à la Convention, sur la police générale, un long et mélancolique rapport où, sous les plus sombres couleurs, il peignit les manœuvres odieuses employées pour ruiner la Révolution. D*un cœur indigné il flétrit tous les vices coalisés contre la République, les spéculateurs sans entrailles qui agiotaient sur les biens nationaux, et définit le gouverne* ment révolutionnaire : a le passage du mal au bien, de la corruption à la probité. » Passage douloureux à coup sûr, et semé d'écueils ; mais la République avait dû; pour se fonder, opposer le glaive au glaive. Elle était, suivant Texpression du jeune rapporteur, sortie du sein des orages, comme le monde sorti du chaos, et semblable à Thomme qui pleure en naissant. Les conclusions de ce rapport, discutées et adoptées dans les derniers jours du mois, tendaient à faire traduire au tribunal révolutionnaire de Paris tous les prévenus de conspirations, et à interdire, sous peine d'être mis hors la loi, la résidence de la capitale et des places fortes à tout ex-noble ou étranger appartenant à un pays en guerre avec la France. Tallien et Delmas, deux futurs thermidoriens, appuyèrent fort l'extension d'une telle mesure à tous les anciens titulaires de charges qui conféraient l'anoblissement. La Ck>nvention en avait d'abord décidé ainsi conformément à un amendement du député Charlier ; mais Robespierre démontra combien il serait impolitique d'étendi*e à tant de personnes les mesures de rigueur commandées parla situation. L'Assemblée se rendit à ce sage avis, et elle excepta encore de son décretune foule
Rapport
sur la police
générale.
d'étrangers et les ci-devant nobles dont les services pourraient êtres utiles à la République. Le comité de Salut public s'attacha, en outre, par un certain'nombred'arrfttés, à adoucir la sévérité de ce décret.
Vers ce temps-là le comité appela tous les artistes à FLOREAL AK II représeutcr, sur la toile et par le marbre, les époques ^Im^"* les plus glorieuses de la Révolution, et à concourir à rérection d'une colonne en l'honneur des citoyens morts pour la défense de la patrie. Il ouvrit également un concours Arrêtés pour l'exécutiou du décret de l'Assemblée constituante, divers. ^^j avait, on 3'en souvient, voté unestatue en bronze à Jean- Jacques Rousseau, et décida que le monument élevé à l'auteur d,u Centrât social serait placé dans les Champs- Elysées. Après avoir payé cette dette de reconnaissance au génie immortel qui, le premier dans notre pays, avait hardiment revendiqué les droits de l'homme, il chargea le peintre David et le sculpteur Hubert du soin d'élever, à Ventrée des Champs-Elysées, les piédestaux destinés à recevoir les chevaux de Marly, décida la construction du Muséum et arrêta que la statue de la Philotophie, chefd'œuvre d'Hottdon, ornerait la salle de la Convention. Songeant aussi aux campagnes, si négligées d'ordinaire par les gouvernements monarchiques, il convia tous les artistes et architectes à lui proposer les moyens les plus simples et les plus économiques de construire dans les communes rurales des habitations commodes et salubres, auxquelles on eût employé les démolitions provenant des châteaux-forts et des constructions féodales, dont la conservation eût été jugée inutile. L'histoire ne doit pas oublier de rappeler les efibrts de ce grand comité pour améliorer la condition des hommes et combattre la misère héréditaire. Saint-Just avait dit, dans son dernier rapport : < Les malheureux sont les puissances de la terre; ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent, o Dans le courant de floréal, le comité iat>-