CHAPITRE TREIZIÈMB
-ceiice de terreur signala sa démission de fait. Le nombre <les victimes avait été de cinq cent soixante-dix-sept dans les quarante-cinq jours qui l'avaient précédée ; il s'éleva au nombre de douze cent quatre-vingt-dix dans les quarantecinq jours suivants. Robespierre lutta, c'est certain, mais ■en vain, puisqu'il suffisait à ses collègues, de leur propre aveu, a d'un regard d'intelligence » pour établir la majorité contre lui. Si donc il se décida à cesser presque complètement de prendre part aux délibérations du comité, ce fut uniquement, comme il l'a déclaré lui*méme, à cause de son impuissance de faire le bien et d'arrêter le mal.
On voit maintenant ce qu'il faut penser "de la fameuse dictature triumvirale de Robespierre, de Couthon et de Saint-Just, acceptée comme un fait par tant d'historiens superficiels, et des aspirations de Robespierre à la dictature. Quelques-uns de ses anciens collègues, comme Barère et Carnot, pour s'excuser de l'avoir abandonné lâchement, ont en effet prétendu qu'il visait au pouvoir suprême, et qu'en plein comité Saint-Just avait réclamé pour lui la dictature. Mais ce sont là des allégations mensongères, démenties par le plus simple examen des faits ; et Saint Just, dont la parole n'est pas suspecte, n'hésitait pas à affirmer qu'il eût le premier accusé son ami, si celui-ci se fût montré coupable *, Les véritables dictateurs du comité de Salut public, pendant la période où la Terreur atteignit son maximum d'intensité, furent Barère, CoUot-d'Herbois, Billaud-Varenne et Carnot.
Vers cette époque, fure»t guillotinés à Bordeaux Salles, Guadet et Barbaroux. On apprit, peu après, que Buzot et Pétion avaient été trouvés morts dans les <îhamps ; ils s'étaient tués sans doute. La Terreur ne dut pas seulement son accélération à la loi de prairial. La Cou-
lée
l'accusation de dictature*