‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 179 sur 226 · MESSIDOR · texte numérisé non relu

MESSIDOR

an II

(Juin-JuilM 1791).

1. Sur le triumTirat et les accusations de dictature, voyei notre Histoire 4t Bobff pierre, t. III, liv. xiT et xv.

La Terreur à son apogée

Lutte suprême.

vention, à la suite du dernier rapport d'Élie Lacoste, avait chargé Taccusateur public près le tribunal révolutionnaire de rechercher tous les complices de la conspiration de Batz ou de ïé&angery disséminés dans les maisons d'arrêt de Paris et sur les différents points de la République. De là un zèle exagéré. On fouilla toutes les prisons. Herman et Lasnes, placés Tun comme commissaire, Tautre comme adjoint à la tête des administration civile, police et tribunaux, et qui étaient de purs et honnêtes patriotes, prêtèrent aux dénonciations une oreille trop complaisante, et Fouquier-Tinville, durant tout le mois de messidor et la première décade de thermidor, dressa des listes qui eurent pour conséquence le renvoi devant le tribunal révolutionnaire de fournées comprenant jusqu'à cent vingt et cent cinquante accusés à la fois. Il avait été prescrit à l'accusateur public de soumettre à l'approbation des comités les listes de prévenus qu'il entendait traduire au tribunal. Eh bien! c'est à ces listes que presque constamment Robespierre, Saint-Just et Couthon refusèrent avec obstination leurs signatures. Revenu de larmée du Nord dans la nuit du 10 au 11 messidor (28-29 juin), Saint-Just ne comprenait pas, comme il le déclara résolument à ses collègues, cette manière d'improviser la foudre à chaque instant. Quant à Robespierre, il n entendait nullement encourager la réaction en ouvrant toutes grandes les portes des prisons, au risque de laisser le champ libre à tous les ennemis de la Révolution et d'accroître ainsi les forces des coalisés de l'intérieur et de l'extérieur ; mais il aurait voulu qu'on n'érigeât pas en crimes ou des préjugés incurables ou des choses indifférentes, pour trouver partout des coupables.

Si la politique de Robespierre avait triomphé, la Terreur eut disparu pour faire placeà la justice, qui n'aurait atteint que les véritables coupables, et la République immortelle se fiit établie sur les ruines des factions impuissantes. Ne se sentant soutenu ni au comité de Sûreté générale, dont la

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