CHAPITRE TREIZIÈME
plupart des membres, terroristes à tous crins, lui étaient hostiles, ni au comité de Salut public, qui pourtant ne se décida à labandonner qu'au dernier moment, il transporta son champ de bataille aux Jacobins, décidé à y combattre jusqu'à la mort ceux qu avec tant de raison Saint-Just aj^lait « des révolutionnaires dans le sens du crime.» Dès le 3 messidor (ifl juin 1794), il y signalait vivement les indignes manœuvres employées contre lui à propos d'une proclamation du duc d'York, où Ton ap))elait les soldats de la République les soldats de Robespiei^re. .Le 13 (i" juillet), il dévoila d'une façon saisissante le plan des conjurés, qui était d'amener les patriotes à se détruire les uns les autres en semant au milieu d'eux les défiances et les soupçons. Avec qnelle perfidie on ne cessait de le calomnier, lui patriote isolé, qui n'avait pour égide que sa conscience et sa vertu! — Robespierre, s'écria alors une voix, tu as tous les Français pour toi. — Ec de fait, tout ce qu'il y avait alors enFranse, non-seulement de républicains convaincus, ardents et désintéressés, mais encore d'indifférents qui ne * demandaient pas mieux que d'accepter la République, marchait de cœur avec lui.
C'était l'heure où Boissy d'Anglas, dans un £$$ai sur Ut B^^u-sv feîes nationales^ le comparait à Orphée enseignant aux '^^"'* hommes les premiers principes de la civilisation et de la lu. ^^p.e.T morale. Le 21 messidor (8 juillet}, Robespierre s'éleva avec une énergie cnjiîssante contre les scélérats qui abusaient des lois révolutionnaires p«>ur tourmenter le peuple et perdre les patriotes, et il déclara très-furmellement que si tous les fonctionnaires publics avaient compris leurs devoirs, ils auraient trouvé peu decoupables à punir. Deux jours après, éT«.»quant le souvenir des persécutions qui à Lyon avaient atteint de véritables patriotes et déterminé un ancien ami de Châlier.lecitoyen Gaillard, à sed«»nnerla m'»rt. il somma Foaché de venir expliquer publiquement sa conduite, et déclara qu'il était temps « d'arrêter FetTusi^n du sang
Fouché
et
iobespierre.
humain versti par le crime. » Le même jour, Couthon ayant donné sur la conduite de Dubois-Crancé, à Lyon, des renseignements peu favorables, ce représentant fut rayé de la liste des Jacobins. Ce fut un allié de plus, et un allié redoutable, acquis à la conjuration tramée contre Robespierre.
Ajourné au 26 messidor (14 juillet), Fouché ne comparut pas. « Craint-iU s*écria Robespierre, que sa triste figure ne présente visiblement le crime? que six mille regards fixés sur lui ne découvrent dans ses yeux son âme tout entière? » Et il termina en exprimant la conviction que jamais la vertu et la liberté ne seraient sacrifiées à des hommes dont les maiiis étaient « pleines de rapines et de crimes. » Il se trompait, hélas ! La fortune est trop souvent du parti des grands crimes. Fouché continuait dans Tombre ses machinations, et il était assez certain du succès pour écrire à sa sœur à Nantes, le 3 thermidor (21 juillet), que l'intégrité des hommes probes ne tarderait pas à triompher. L'intégrité de Fouché!!! De leur côté, Robespierre et ses amis poursuivaient leur guerre à tous les vices, aux exagérations et à l'intolérance. Ému des plaintes lamentables que ses amis d'Arras lui avaient adressées au sujet du représentant Lebon, dont les formes âpres avaient jeté l'épouvante dans la contrée, il essaya d'obtenir du comité de Salut public le rappel de ce commissaire despotique, que plusieurs de ses collègues, Barère, Billaud-Varenne et Carnot, entre autres, avaient encouragé dans ses répressions sanglantes. Il ne réussit pas, et Barère 'se chargea de disculper Lebon en pleine Convention. Couthon, aux Jacobins, se plaignit vivement d'une foule d'infamies commises à Tours par l'espion Senar, et Robespierre fit dénoncer à la Convention, par la société, comme une injure pour la nation elle-même et une manoeuvre contre-révolutionnaire, une pétition dans laquelle un individu, nommé Magenthies, réclamait la peine de