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CHAPITRE TREIZIÈME

gistrats du peuple ayant été massacrés à Landrecies, à rinstigation d'émigrés rentrés à la suite de l'ennemi, Saint- Just et Le Bas ordonnèrent, en manière de représailles, l'arrestation de tous les nobles et anciens magistrats des villes de Menin, Courtrai et Beaulieu. Puis, pour remédier aux désordres et à l'indiscipline auxquels ils attribuaient nos derniers échecs, ils prirent des mesures qui ne contribuèrent pas peu à assurer le salut de notre armée et le triomphe de la République. Durant un mois se livrèrent une série de combats meurtriers, dans lesquels nous ^ûmes la plupart du temps l'avantage , mais qui n'amenèrent pas de résultat définitif. Pendant que les troupes de Pichegru s'emparaient de Furnes, de Dixmude, de la Knoque, et pénétraient en Belgique par le chemin d'Ypres à Bruges, le général Jourdan, à la tète d'une division de l'armée de la Moselle, opérait sa jonction avec l'armée des Ardennes et une partie de celle du Nord. Ces forces réunies formèrent une nouvelle armée, dite de Sambre-et-Meuse, dont Jourdan eut le commandement, avec Kléber et Marceau pour lieutenants.

Le'24 prairial (12 juin) nous franchîmes là Sambre pour reprendre les travaux du siège de Charleroi, qu'on avait été obligé de lever quelques jours auparavant. Contraintes de repasser la rivière, nos troupes la franchirent de nouveau le 30 (18 juin) aux cris de Vive la République! Vive la Con* vent tan ! Vivent les représentants du peuple/ Au milieu d'elles en effet se trouvaient Saint-Just, Guyton-Morveau, Gillet, Prise Duquesnoy et Laurent, qui les électrisaient par leur exemple. Dirigés par le général du génie Marescot, les travaux du siège marchèrent à pas de géant. Le 7 messidor (25 juin), se présentait au camp un parlementaire, porteur d'une lettre du général Reygnac, qui commandait •la place. Saint-Just refusa de l'ouvrir, a Ce n'est pas du papier, mais la place que je vous demande, dit-il... il faut vous rendre à discrétion... Je compte sur le courage de

de Charleroi.

Bataille de Fleuriis.

Préface

du

9 thermidor.

larmée et sur le mien. » Peu d'instants après, Charleroi se rendait en effet à discrétion, et se confiait à la générosité du peuple français.

Le lendemain lennemi, accouru pour secourir la ville^ perdit la sanglante bataille de Fleurus, qui nous donna la Belgique presque tout entière et porta au suprême degré Tascendant de la République. Ypres, Bruges, Tournai,. Oudenarde, Ostende, Gand, Mons, Nieuport, nous ouvrirent successivement leurs portes. Condé, Valenciennes, le Quesnoy et Landrecies n'allaient pas tarder à rentrer en notre pouvoir. Le 22 messidor (10 juillet), nos troupes entraient triomphalement à Bruxelles. Quelques jours après,. Tannée du Nord culbutait les Anglais et les Hollandais retranchés derrière le canal de Louvain à Malines, et marchait sur Anvers, dont elle s'emparait le 6 thermidor (24 juillet). De son coté, Tarmée de Sambre-et-Meuse occupait Louvain et Judoigae, délogeait Tennemi de Namur et de sa citadelle, et, poursuivant l'armée autrichienne l'épée dans les reins, prenait en passant, le 9 thermidor (27 juillet), les villes de Tongres et de Liège. Jamais succès si rapides, si décisifs, n'avaient illustré nos armes, et la République avait dés lors conquis son droit de cité en Europe. Mais, hélas I tandis qu'elle s'affermissait si glorieueement au dehors, elle allait se déchirer de ses propres mains et se faire des blessures dont elle ne devait pas se relever.

Robespierre et Saiut-Just ne dissimulaient pas à leurs collègues leur mécontentement de voir se continuer un système de terreur qui mettait la France en coupe réglée et, suivant l'expression du premier, transformait en crimes de contre-révolution des préjugés incurables ou des choses indifférentes. Saint-Just, revenu, comme nous l'avons dit, dans la nuit du 10 au 11 messidor, leur déclara hautement eu plein comité — nous insistons sur cette déclaration — . qu'il ne concevait pas leur manière prompte d'improviser la. foudre à chaque instant, et il les conjura, au nom delà Ré-

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