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CHAPITRE QUATORZIÈME 49i

Billaud-Varenne, Collot-d'Herbois, Barère, Amar, Voulland, David et Vadier. Esprit faible, espèce de maniaque à physionomie grotesque, tantôt exagéré, tantôt ultramodéré, Lecointre ne pouvait comprendre comment on avait frappé Robespierre, Couthon et Saint- Just, sans atteindre en même temps les membres qu'il dénonçait. Mais à son tour pourquoi épargnait-il Carnot, Robert Lindet et les autres ? Pourquoi n'attaquait-il pas la Convention toutentière?Car,ainsiquele fit remarquer Cambon, l'Assemblée en masse était passible des reproches adressés à ses comités. Mais il ne faut pas demander de logique à l'esprit de parti. La Convention sentit bien la vérité de l'otoervation de Cambon, en décrétant à l'unanimité, pour le moment, que la dénonciation de Lecointre était calomnieuse.

Les thermidoriens de la nuance des Lecointre, des Fréron et des Tallien se montrèrent fort contrariés de cette décision; ils y virent une diminution de leur influence. Survinrent à point nommé deux événements qu'ils exploitèrent habilement au profit de leur politique. La poudrière de Grenelle sauta le 14 fructidor (31 août), et tua une soixantaine de personnes. Us accusèrent les Jacobins d'y avc4r ipis le feu, et comme il n'est pas de calomnie qui, adroitement propagée, ne fasse son chemin, celle-ci, toute grossière qu'elle fût, ne manqua pas d'avoir cours parmi les esprits crédules. Le même jour, Barère, CoUot-d'Herbois iienouveiieet Billaud-Varenne sortaient du comité de Salut public, ^^^\ le premier par la voie du sort, les deux autres volontaire- "^^ <^o»"»t*»ment. Tallien, accusé hautement d'avoir été l'instigateur de la dénonciation de Lecointre, crut devoir également donner sa démission. A leur place entrèrent au comité Delmas, Cochon, Fourcroy et Merlin (de Douai), le savant légiste de la Terreur; l'élément révolutionnaire s'y trouvait donc encore suffisamment représenté. La démission de Tallien n'apaisa pas les ressentiments des patriotes

contre Tallien*

contre cette odieuse faction dont il était Tun des meneurs, et qui ouvrait les portes des prisons aux royalistes pour y plonger les républicains. Vivement dénoncé aux Jacobins par Loys, Fayau et Levasseur, il fut expulsé de la société le 17 fructidor (3' septembre), ainsi que ses deux compères, Fréron et Lecointre.

Attentat Quelques jours après, en rentrant chez lui, Tallien fut attaqué rue des Quatre-Fils, au Marais, et légèrement blessé à Tépaule d*un coup de pistolet Aussitôt les Merlin (de Thionville), les Barras et les Fréron, en prirent texte pour accuser les Jacobins, et ils réclamèrent bruyamment vengeance. Fréron, dans ï Orateur du peuple ^ dont il venait de reprendre la publication, chanta les louanges a de ce pur défenseur du peuple, j» et Merlin alla jusqu'à agiter la question de la fermeture du club des Jacobins. L'ancien avocat Durand-Maillane,8e sentant encouragé, déclama hypocritement contre l'existence même des sociétés populaires. C'était la première fois, depuis la Révolution, que le droit de réunion était si audacieusement battu en brèche. Aux thermidoriens était réservé le triste honneur de le violer. Mais ils n'obtinrent pas tout d'abord gain de cause sur ce point. Il sembla même y avoir vers ce temps une recrudescence du sentiment révolutionnaire A une députation de la société des Jacobins, Bernard (de Saintes), qui présidait la Convention, répondit, le 25 fructidor (li septembre), que l'Assemblée ne se laisserait pas intimider par les clameurs de quelques aristocrates impudents, et qu'elle maintiendrait vigoureusement le gouvernement révolutionnaire.

Ap^Hiëosd Le lendemain, en efifet, comme pour donner une sorte de sanction à ces paroles, laConvention décidait que le corps de Marat serait porté au Panthéon le dernier jour des Sansculottides (21 septembre). Elle eut lieu, au milieu d'une prodigieuse affluence, cette apothéose de l'Ami du peuple, et §Ue fut saluée des cris mille fois répétés de VtoelaHéjm'

de Marat.

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