‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 199 sur 226 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

dans toas les actes du comité, il rappela que ces actes avaient été sanctionnés ou convertis en décrets par TAssemblée. Puis, au milieu des clameurs de la droite, il glorifia de nouveau la journée du 31 mai, et termina par un parallèle écrasant entre l'état florissant où se trouvait la République aux jours de Thermidor, et la situation douloureuse, inquiète et agitée dans laquelle, en sept mois, l'avaient plongée les réacteurs. Carnot monta aussi à la tribune le lendemain, pour parler en faveur de ceux dont il avait été le collaborateur assidu. II se borna à tout rejeter sur Robespierre et Saint- Just, qui n'étaient plus là pour répondre. On ne peut s'empêcher de regretter qu'un tel homme ait pu si effrontément mentir à sa conscience. Au reste, le sens moral était si oblitéré alors, qu'on entendit ' le vieux Ruhl déclarer, à la décharge des accusés, qu'ils avaient sauvé « les soixante-treize Girondins que Robespierre voulait conduire à l'échâfaud, » quand il était de notoriété publique que ces membres de la Gironde n'avaient échappé au bourreau que grâce à la résistance désespérée du vaincu de Thermidor. '

La discussion traînait en longueur, interrompue par des incidents de diverse nature, quand, le i 2 germinal (i"avril), des attroupements considérables, partis du faubourg Saint- Antoine, de la Cité et du Marais, se formèrent autour de la Coi^vention. Il faut dire que, la veille, des pétitionnaires de' la section des Quinze-Vingts étaient venus mettre la Convention en demeure de restituer à Paris sa municipalité, dont elle était privée depuis l'immolation de la Commune, de rouvrir les sociétés populaires, de rendre au peuple ses droits méconnus, de subvenir à son affreuse misère, d'activer la mise à exécution de la constitution de 1793, et qu'ils avaient été assez mal accueillis. La séance du 12 commença par des récriminations violentes de Ruamps, de Crassous et de Bourgeois contre les comités de l'Assemblée, djsvenus les serviteurs de la contre-révolution. Thuriot, arri-

Journées

(les 12 et 13

germiDal.

Tant nu peu tard à résipiscence, s'éleva avec indignatioir contre certains modérés qu'on entendait chaque jour déclamer contre «les hommes de sang, » et qui ne cessaient de demander qu'on envoyât à l'échafaud ceux qui leur déplaisaient.Une députation avait été écoutée avec assez de calme, et Boissy-d'Anglas commençait un nouveau rapport sur les subsistances, quand des flots de citoyens, parmi lesquels on voyait des femmes et des enfants, firent irruption dans la salle en criant Du pain et la constituHon de 1793! Au milieu d'un tumulte que fut impuissant à dominer le président, André Dumont, un homme monta à la tribune, réclama le silence et l'obtint. Cet homme, c'était Vaneck, qui, à l'époque du 31 mai, commandait une des sections de Paris, Avec une énergie exempte de toute exagération, il stigmatisa les décrets funestes d'où étaient nés la plupart des* malheurs présents, énuméra les légitimes griefs du peuple, fit appel aux hommes du 14 juillet, du 10 août, du 31 mai, et, aux applaudissements des Gaston, des Duroy, des Huguet et de quelques autres Montagnards demeurés fidèles à la cause de la démocratie, il réclama la liberté de plusieurs milliers de patriotes incarcérés depuis le 0 thermidor. Des députations d'un certain nombre de sections se succédèrent, demandant toutes du pain et la constitution de 1793. Comme l'ex-ultra-terroriste André Dumont accusait les royalistes d'avoir excité ce mouvement, « Le royalisme, s'écria Choudieu, en désignant le fauteuil du président, il est là!» La foule s'écoula insensiblement sans avoir commis la moindre violence. Cependant, à la simple nouvelle que le député Auguis avait été blessé dans une des rues de Paris, de furieux cris de vengeance retentirent. La majorité se sentait forte. Dès le début de sa séance, l'Assemblée avait appelé autour d'elle des bataillons dévoués à la réaction, et le peuple était sans armes. De plus, ellQ venait de placer la force armée sous le commandement de Pichegru, auquel elle avait donné pour adjoints Merlin

et autres.

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(deThionyille)et Barras, qui toasdeu&avaient trouvé grâce devant les Girondins triomphants; elle pouvait donc proscrire à son aise et sans danger. Malheur à quiconque avait applaudi aux motions des pétitionnaires ! La Convention Ç^^r,*P**^° commença par voter d'urgence la transportation de Billaud- Va^nne f Varenne, deBarére, de CoUot-d'Herbois et de Vadier, lesquels étaientassurément bien étrangers à la manifestation du jour; puis toute la nuit fut employée à satisfaire les haines et les rancunes de la nouvelle majorité. C'était à qui des Bourdon (deTOise), des André Dumont, des Fréron, des Merlin (de Thionville), livrerait le plus de républicains aux furies vengeresses de la réaction. Choudieu, Duhem, Foussedoire, Huguet» Chasles, Léonard Bourdon, Âmar et Ruamps fussent successivement décrétés d'arrestation. Le lendemain Billaud- Varenne, Barèreet CoUot-d'Herbois étaient expédiés sur Rochefort. Vadier avait été assez heureux pour s'échapper. Mais tout cela ne suffit pas à apaiser les fureurs des modérés de l'Assemblée. Le 16 germinal (K avril) neuf représentants du peuple étaient encore frappés d'un décret d'arrestation; c'étaient : Mojse Bayle, Cambon, Granet, Hentz, Maignet, Levasseur (de la Sarthe),Grassous, Thuriot et Lecointre. On n'épargnait même pas les prescripteurs de Thermidor. Presque tous les républicains qui s'étaient fait remarquer par leur zèle, par' leur énergie, par leur dévouement à la chose publique, par leur désintéressement se trouvèrent atteints. Pache et Rossignol Curent jetés dans les cachots de Ham. Les Girondins et les royalistes devaient bien cette satisfaction à leur allié Bourdon (de l'Oise). Fréron, pris d'une sorte de pudeur, demanda que du moins la peine de mort ne fût pas appliquée aux délits révolutionnaires, excepté ceux d'émigration, de fabrication de faux assignats et de provocation au rétablissement de la royauté ; il ne fut pas écouté. En même temps, pour assurer leur victoire, les réacteurs ordonnaient le désarmement Ides terroristes^ nom sous

Procès

de Foiiquier-

Tinville.

floriIal

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