CHAPITRE QUATOBZXân
4re les mesures nécessaires pour empocher les tyrans da 12 germinal d'anéantir^ comme à cette dpoque, les résul^ tats de la manifestation populaire, quand la f(^Ge armée» condaite par le royaliste Raffet, commandant du bataillon de la Butte-des-Moulins, pénétra dans la salle» la baïonnette en avant, et n*eut pas de peine à en chasser ce qu'il y restait encore de sectionnaires. En un clin d*œil lasituation changea de face. Les Legendre, les Defermont, les Thi* baudeau, qui étaient restés muets quand Témeute grondait, retrouràrent la parole. On annula, comme ayant été surprii^ à la Convention tyrannisée, les décrets rendus dans la soirée. Puis, à la voix des Delahaye, des Fréron, des Tallien, des Bourdon (de l'Oise), se rouvrit l'ère à peine fermée des proscriptions et des vengeances impla* cables. Prieur (de la Marne), Romme, Goujon, Soubrany, Bourbotte, Duroy, Duquesnoy, Albîte, Peyssard, Lecar* pentier, Pinet, Borie, Fayau» Ruhl, furent successivement décrétés d^arrestation. Robert Lindet et Charlier échappèrent à grand*peine à une dénonciation sauvage de Lehardy. C'était la mise en coupe réglée de la Montagne. Et, par une véritable dérision, au moment où tant de patriotes étaient frappés par la réaction en délire, Tallien avait ri:npudence de déclarer que la République vivrait. Hélas I elle agonisait.
' Le 2 prairial (21 mai), comme s'il eût compris sa faute d*avoir abandonné le terrain sans assurer sa victoire, le peuple se réunissait dans les faubourgs, pendant que» devenue l'instrument de la contre-révolution, la Convention continuait de décimer les républicains et mettait hors la loi quelques patriotes qui avaient eu l'idée d'organiser une municipalité provisoire. Vers cinq heures du soir l'armée populaire, après avoir repoussé les bataillons dévoués à l'Assemblée, vint se ranger en bataille sur la place du Carrousel, et pointer ses pièces contre la salle de la Convention. Grande fut la panique parmi les réacteurs. On
Défaite
définitive
de
rinsurreotion.
résolut de parlementer et de berner le peuple avec dea promesses illusoires. Une proclamation rassurante au sujet des subsistances, et un décret portant que les lois organiques de la constitution de 1793 seraient présentées sous trois jours, suflSrent pour faire rentrer dans leurs foyers les crédules patriotes des faubourgs Antoine et Marceau. Des proscrits de la veille il n'avait pas été question.
Le lendemain, la jeunesse dorée tenta contre le grand faubourg une expédition qui faillit mal tourner pour elle. Elle n'échappa que grâce à la générosité du peuple, lequel, s apercevant qu'il avait été indignement trompé, s'était empressé de reprendre les armes. Mais deux fois il avait laissé passer l'occasion favorable de reconquérir ses droits; maintenant il était trop tard. Envahies dans la journée du 4 prairial (23 mai) par les troupes conventionnelles renforcées de nombreux détachements d^ hussards, de chasseurs et de dragons, venus des environs, les sections de Montreuil et des Quinze-Vingts se laissèrent désarmer sans combattre, et pour bien longtemps le peuple fut mis hors de cause.
Débarrassée de toute crainte, la Convention reprit, avec une ardeur sauvage, le cours de ses vengeances, et, comme elle avait eu peur, elle n'en fut que plus cruelle et plus implacable. L'insurrection de Pjrairial, si calomniée par tous les écrivains royalistes, girondins et thermidoriens, n'avait fait qu'une victime, le député Ferraud ; la réaction triomphante se baigna à plaisir dans le ^ang. Dès le 9 prairial (28 mai), dix mille citoyens avaient été arrêtés. Dans le courant du mois, une commission militaire, jugeant sans l'assistance de jurés, livra vingt-quatre têtes au bourreau. Nous laissons pour mémoire les condamnations aux fers et à la déportation prodiguées à tort et à travers. Quel était le crime de tant de malheureux? Avaient-ils pactisé avec l'émigration ou l'étranger, conspiré contre la