CHAPITRE OUINZIÈITB
rOuest. Mis en liberté, non sans peine, hait jours seulement après le 9 thermidor, Hoche avait été placé à la tête de l*armée des côtes de Brest, et cette nomination n'avait pas paru déplaire aux royalistes, qui pouvaient espérer que le jeune général chercherait à se venger de la persécution dont il avait été victime. Toujours est-il que, de la part du gouvernement thermidorien, des* démarches peu honorables furent tentées anprès de Charette, incapable alors de tenir tête aux troupes républicaines, et Hoche consentit à un armistice dont les officiers vendéens profitèrent pour aller à Nantes fouler aux pieds la cocarde tricolore.
Tandis qu*un des agents les plus actifs des princes, le Traite comte de Puysaye, sollicitait à Londres le gouvernement jf *„i* , britannique de jeter une armée anglaise sur nos côtes, des conférences s'ouvraient non loin de Nantes, au château de La Jaunaye, conférences auxquelles assistèrent, entre autres personnages, Charette, Sapinaud, un intrigant qui se faisait appeler le baron de Cormatin, élevé par Puysaye à la dignité de major-général des chouans, et les représentants du peuple Delaunay jeune, Bollet, et Ruelle, qui eut le triste honneur de prononcer en pleine Convention l'éloge des chefs vendéens. Par un traité signé le 29 pluviôse an III (17 février 1795), et dont certains articles seulement furent avoués, tant les autres étaient honteux, amnistie pleine et entière fut accordéeaux rebelles vendéens, auxquels on alloua des secours considérables pour relever leurs maisons et leurs chaumières détruites; à chacun des chefs on promit une indemnité en numéraire proportionnée à son rang dans Varmée royaliste, Charette devait avoir pour sa part deux millions, et, de plus, il fut investi du commandement suprême des gardes territoriales chargées, au nom.de la Convention, d'exercer la police dans ce pays où il avait tant contribué à développer et à maintenir l'insurrection. Deux mois plus tard fut signé, dans un château
des environs de Rennes, un traité à peu près semblable avec les insurgés de la Bretagne, et peu de temps après eut lieu la soumission de StofRet, à qui la paix fut accordée à des conditions non moins déplorables. Jamais la Convention, avant Thermidor, jamais l'ancien comité de Salut public n'eussent infligé à la République une pareille humiliation. Si encore, dans ces contrées depuis si longtemps dévastées par la guerre civile , la tranquillité eût été assurée , si la soumission des chefs royalistes eût été sincère, si l'on eût pu se fier à leur loyauté ! Mais il nen était rien. Les chouans n*en continuèrent pas moins leurs abominables brigandages et leurs assassinats. Charette et Corma^ tin, malgré la foi jurée, étaient en correspondance continuelle avec les agents royalistes de Paris. Une reprise d'armes était imminente en Bretagne. Si loin allèrent les menées de Cormatin, qui s'intitulait hautement le général des chouans, qu'un exemple parut nécessaire à Hoche. Les brigands, investis dans le camp de la Prévalaye, furent battus dans trois rencontres successives. Leur audace venait évidemment de l'annonce d'un prochain secours envoyé d'Angleterre. Puysaye, en effet, avait décidé le gouvernement britannique à faire les frais d'une expédition royaliste.
Affaire Le 22 prairial an III (10 juin i 795), cinquante bâtiments
«le Qtiiberon. ^q transport, escortés d'une forte escadre anglaise, mirent à la voile et se dirigèrent vers la presqu'île de Quiberon. Ces bâtiments portaient les régiments émigrés de d'Hervilly et de Rothalier, formant à peu près trois mille hommes, et contenaient en outre une énorme quantité de munitions de toute espèce et d'uniformes. En vain Villaret- Joyeuse tenta de s'opposer au débarquement; sa flotte fut battue et dispersée dans les eaux de Belle-Ile, malgré d'héroïques efforts. Le 7 messidor (25 juin) les émigrés mirent pied à terre sur la plage de Quiberon, où Georges Cadoudal et quelques milliers de chouans ne. tardèrent