‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 211 sur 226 · CHAPITRE OniNZIÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE OniNZIÈMB

sa séance le soir même, à la ooadition que les soldats se^ retirassent immédiatement. Ceci se passait le 12. Â cette nouvelle, TAssemblée cria à la trahison. On voulait d'abord décréter Menou d'arrestation, on se contenta de le destituer, et Barras lui lut donné pour successeur. Barras, qui dans la nuit funèbre de Thermidor avait commandé les forces conventionnelles, s'adjoignit le général de brigade Bonaparte, lequel avait été destitué comme créature Ae Robespierre et végétait alors sans emploi. C'était à lui qu'était réservé l'honneur d'écraser l'insurrection royaliste.

Cette insurection se présentait formidable. La garde nationale, réorganisée après Thermidor, lui appartenait presque tout entière. Les insurgés, au nombre de près de trente mille hommes, avaient à leur tête un général médiocre nommé Danican, qui avait commandé sous Hoche, en Vendée. Dans la matinée du 13 vendémiaire, (5 octobre) ils occu* paient presque tous les abords de la Convention. L'Assemblée fut sur le point d'accueillir les réclamations des émeutiers sectionnaires. Lanjuinais, si dur aux patriotes, aurait voulu qu'on tendit la mains aux royalistes. Heureusement, en dépit des efforts desBoissy d'Anglas et des Bailleul, les pourparlers n'aboutirent pas, et vers quatre heures le combat s'engagea terrible. Ce fut aux alentours de Saint- Roch que la lutte prit surtout un caractère meurtrier. A Taide du canon, dont il n'hésita pas à user, Bonaparte n'eut pas de peine à avoir raison des sectionnaires massés devant les marches de l'église. Ce premier succès décida du sort de la journée. Les royalistes furent successivement délogés de toutes leurs positions, après avoir laissé près de deux cents des leurs sur le pavé. Vers sept heures du soir l'insurrection était tout à fait vaincue. Le peuple était resté spectateur impassible de la bataille, sachant bien d'avance que la victoire ne devait pas tourner à son profit.

Journée

du 13

Tendémiaire.

Résultats do

Quand le soir Barras vint annoncer à la Convention la cette jounée.

Lei

tlienmdoriens

à rësipifoenoe.

défaite des sections, il fut salué d*aoclamations enthousiastes. Deux fois, disait-on, il avait sauvé la République. Quelle ironie! C'étaient des royalistes masqués qui s'étaient heurtés contre d'autres royalistes. Aussi la Convention, qui s'était montrée si âpre, si amère, si cruelle pour, les républicains de Prairial, lesquels s'étaient laissé vaincre sans combattre, déploya-t-elle une clémence scandaleuse à l'égard des insurgés de Vendémiaire. Deux des principaux meneurs royalistes, Tancien émigré Lafond- Spubé et le président de la section du Théâtre-Français, Lebois, furent seuls condamnés à la peine capitale par les commissions militaires, instituées en apparence pour juger et frapper de mort les instigateurs de la sédition. Les plus coupables continuèrent de se promener tranquillement dans les rues de Paris.

Ce fut au point que les anciens terroristes qui, après Thermidor, s'étaient alliés aux membres du côté droit pour organiser la Terreur blanche, ne purent contenir leur indignation, comme s'ils eussent conservé un reste de pudeur patriotique. Le 23 vendémiaire (15 octobre), on vit les Tallien,lesLegendre et lesFréron reprendre sur les sommets de la Montagne la place qu'ils avaient depuis si longtemps désertée. Ce jour-là justement la Convention entendit un rapport de Delaunay (d'Angers), sur la découverte récente d'une conspiration dont l'instigateur était Lemaître, cet agent royaliste dont nous avons parlé plus haut. On avait saisi chez cet intrigant des papiers d'où il résultait qu'il existait à Baie un comité d'émigrés, en correspondance suivie avec Lacretelle, Richer-Sérizy et les divers agents de la réaction répandus dans les sections parisiennes. Au milieu de la discussion orageuse à laquelle donna lieu ce rapport, Tallien monta à la tribune et inculpa violemment Henri Larivière, Lesage (d'Eure-et-Loir), Lanjuinais, qui n'avait pas craint de qualifier de massacre la victoire du 13, et Boissy d'Anglas, un de ses alliés de

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