‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 52 sur 226 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Révoltes et complots. — Ponmiites contre la presse. — Retour dU dnc d'Orléans. — La Fédération. — Cen e*t fait de nous. — Dénonciation de Maloaet. — Dael de Barnaye et de Cazalës. — Affaire de Nanoj. — Mort de Loostalot. — KonTcUe émission d'assignats. — Troubles de Brest. *- Sapidme effort des parlements. — Les ministres attaqués. — Duel de Lameth et de Castries. — Affaire du oomtat Yenaissin. — Sommation au clergé. — Une statue à J. J. Rousseau. — Élection des juges. — Le refus du serment. — ^Débats sur les émigrations. — Les clubs. — Uoe séance aux Jacobins. ^ Les troubles de Douai. — Mort de Mirabeau.

Au fup et à mesure' que la Réyolution s'affirmait, les résistances se produisaient avec plus d'intensité. Et pourtant, si elle se montrait sans pitié pour les iniquités du passé, si elle sapait par la base les institutions vermoulues où ces iniquités avaient leur asile, si enfin elle était dure pour les choses, elle était pour les personnes pleine de ménagement et même de déférence. Â la tête des corps administratifs et dans les rangs de l'état-major de la garde nationale figuraient en grand nombre d'anciens privilégiés. Il faudra donc qu'elle soit poussée à bout, cette Révolution tant calomniée, pour sortir, elle aussi, des bornes de la modératioti, et prononcer l'ostracisme contre des hommes auxquels tout d'abord elle avait libéralement ouvert les bras.

En dehors de la cour, la réaction avait deux foyers principaux: le clergé par ses hauts dignitaires, l'armée par ses officiers, les uns et les autres appartenant au ^xow e corps de la noblesse. La guerre civile faillit commencer ot comi>iot^

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par des échauflfourées militaires. 11 arriva en e£fet que certains régiments, entachés de patriotisme en dépit de leurs chefs, furent obligés de se défendre, les armes à la main, contre des régiments aristocratiques. On vit, à Lille, deux régiments d'infanterie en venir aux mains avec deux régiments de cavalerie. Il fallut, pour arrêter l'effusion du sang, toute la prudence du marquis de Livarot, qui commandait en Flandre, sous les ordres du prince de Robeck.

Partout où la troupe faisait mine de résister à l'élan patriotique des populations^ la. lutte éclatait, souvent terrible et sanglante, comme à Marseille^ dont les habitants se soulevèrent à propos des forts bâtis par Louis XTV pour les tenir en respect, et que les patriotes de la ville avaient résolu de jeter bas. Le chevalier d« Bansset, major du fort Saint-Jean, paya de la vie sa résistance au mouvement populaire. Déjà les citadelles tombaient, quand les démolisseurs (jiurent s'arrêter devant un décret de l'Assemblée nationale, qui, à la demande de Mirabeau, évoqua l'affaire devant le comité des recherches. A Toulon, à Montpellier et à Valence il y eut des mouvements analogues. Le remède à ces désordres avait été indiqué par M. de Menou à l'Assemblée: c'était doter leurs commandements à tous les officiers supérieurs opposés à la Révolution ; car , par une contradiction singulière, on laissait à des commandants de l'ancien régime le soin de veiller à lorganisationidu nouvel ordre de choses.

En même temps, on apprenait l'arrestation d'un agent du comte de Maillebois, qui, pour restaurer le despotisme en France, n'avait trouvé rien de mieux que de recourir aux rois de Sardaigne et d'Espagne, et d'i^peler les armées étrangères dans son pays. Arrêté au moment où il se disposait à franchir la frontière de Savoie, cet agent, du nom de Bonne^^avardin, portait sur lui une foule de pièces i^latives à la conspiration de Maillehois. Transféré

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