‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 55 sur 226 · CHAPITRE OINQDIÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE OINQDIÈMB

l'on vit des gardes nationaux armés prendre parti pour les fauteurs des troubles religieux dont Nimes fut le théâtre; on eût évité aussi les collisions sanglantes qui se produisirent dans divers corps de troupes, et dont le drame militaire accompli à Nancy dans le courant du mois d'août fut un des plus regrettables exemples.

Il y avait alors à Nancy trois régiments dont, les soldats Affaire professaient un patriotisme qui formait un singulier con- ^® Nancy. traste avec l'esprit réactionnaire de leurs officiers. C'étaient deux régiments d'in£anterie, Château-Vieux et le Régiment-du-Koi, et un de cavalerie, Mestre-Camp. Aussi n'était-il sorte de vexations et d'avanies auxquelles les soldats ne fussent en butte de la part de leurs chefs. On avait à déplorer, sous l'ancien régime, d'affreuses dilapidations dans les régiments. Une demande de reddition de comptes, intentée par les soldats du Régiment-du-Roi^ fat en quelque sorte le signal des désordres. L'Assemblée nationide, à la nouvelle de la fermentation qui régnait dans l'armée de Bouille, avait décrété, sur une proposition du député Emmery, que le roi serait invité à nommer des inspecteurs généraux pour vérifier les comptes des officiers depuis six ans, et que désormais il ne serait plus expédié de cartouches jaunes sans un jugement rendu selon les formes voulues. Malheureusement on envoya à Nancy un officier brutal et provoquant nommé Malseigne. A de justes réclamations des soldats, on répondit en les qualifiant de brigands et en faisant passer deux des leurs par les courroies. Le commandant militaire de Nancy,, de Noue, écrivit en même temps à l'Assemblée, pour se plaiadre de Tindiscipline des troupes, dont il calomnia la conduite. De leur côté, les soldats envoyèrent huit de leurs camarades afin de présenter les choses sous leur vé* ritable aspect. Mais déjà l'on avait rendu un décret^ aux termes duquel tout soldat convaincu d'insubordination, qui n'aurait point avoué ses erreurs et confessé son repentir

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dans les rinftrqnsiti^e ^mm, à «partir ^ lapfomiflg&lion flu décret, devait étare|mni comme ortminél âelese^natimi. An lieu â*âtre éeouiés, les oommmsaîpes lurent jcrtés «en prison par ordre de Baflly et de liafayetteT oen^étaiit pas le moyen de rétablir la concorde et -la dneipSme. Vr» 4J^ pntation de la garde nationale de Nancy vînt témoigner en fareur des régiments incriminés. EHe fntécontiie fa- Toralflemant, et, malgré 'Lafaycrtte qui insistait pour qu*on approuvât ^avanoe 9a oondttfte de son cou^ Bonillé, rAssemblée, sur les vives instances de Robespierre «et-de Bamave, décréta i^ue 'detnc de ses membres m mnéraôeiA mxxr lesdiemc pour vérifier Ses teAta et suspendre on diriger eu^-ménes les onesuiM milrtairee en cas 'de (besoin.

KEftis le jour même où était Tendu ce décret pacificateur (31 noÂf), les Toes de Nancy étaient inondées de «ang. Après des incidents et des -péripéties 'dans lesqniAs les finisses -de Chfttean-V«eHx*et rinspectenr MalMignetjowd* rentdes pnnoipantc rôles, Bouille s*étalift décidé à^marsher sur Nancy. Ul 'csigeft ^e de Noue et M aleeigne, ^rHMNfr* niersTun et Fautre, fussenft -mis ^en liberté, et que les trois TégimeniS'Sortisseirt deia ville, «en^abandêmimtft'clia* cim quatre des leurs à fo vengeance des ^leîs. Déjà l'on avait souscrit A la ^ TOmière condition, on était en «pom^ parlers «pour a(tténiMr la tôgneur de la' seconde, le régiment ^e 1Iestre-*0amp et celui du i&oi se dispoeaient à sortir de Mancy; seiûs, les Suisses 'de «Ohâtean-^ienx^ avec quelques gardes nationam, gardai^rt^leeiportes Stanislas et Staiffville. Quelques ^minutes de patience, ^ Boufllé r^empertait sans coup férir; mais il semble 'qu'jl ait vottki pénétrer «de ^ive force dans'oetteindfaeuveuse^ville. Les finisses de Ohàtmn-Vieux, voyant ses disposKions bestUes^ ^appf^taot à^epenseer la foroe parla fime. Un jeune cifficier da Régimeift^-Rcli, nommé ^DésOles, veut en vain arrêter SVAusien du eang, il tonfbe peroéde^alns Coups de ien. Les scAdats de -Beaillé étaient en nombre, ils

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êureikt £acileme9»tle4dfi8fiH6>HetmmoiitrèraDtimpit^ Le Boir, pl«6 de^okiniUe'CaiIaai^VQs, pansii Idaquels ceux de quatre oents iemme^ joaobaieiit les nieB'de la ville. On appela cela rét^ir rendre àKaocj; et qatsmâ l'Assemblée a^jûnt ce aîaiatre dénoûmeiLt Revota defiremercîments aux auteurs de la r^efeion, en dépkt de Robespierre qu'elle refusa d'eutendre. Ce n'est pas tout : non eontente de <»tte aooumulaitîon de vietimea, la réaction tua froideawLt tras^e^eux Boldats de Okâteau-Vieitx, et en condamna qna^ante^deux aux galères pow iranie ans. Ceux-ci, lea griAriftns, 4;onuae.dMaient les royalktes, nouB les rBtroweronB plus iêxà.

On voit eojosKQe à certainB^neanei]^ rAsBeœblée ae laie* sait emporter au B^^uffie de la eonti^iéarelutiefi. Um jour elle enapriaonaait on de «es uembrea, Tabbé Perrotki de BantuMt, pour a^pir offert un aaile au ocAapiratear Bonnes snrnmnBE SaTardin; un autre joar, eUa ordounaii; aux' tribunaux V9o. d'informer contre quelques ecerveléa q«i« le .2 septembre, étaient Tenus ¥Qûi£^6r boub ses fanèboes. Sa niarehe inoectaine dans la %Qàe révolutionnaine» ses osoillatioi» tan* totàdroite» timt6tà^attoke,4utmattYaiBebabitude d'aTaneer aujourd'litti pour paeuler demain, n'éieâent pas faîteB pour assurer la djoréeide son osuvre. Les véntables -patriotes ne se dissauociulaiettt pw les înoertitudeB de rairemr. Tout contristéa 4e la saBfglante affaine 4e iManejr, iisirottiïèrexit dans la nwl de Loiuttbalot un nouveau «ujet d'amertume. Mort Ce jeuiie ^eemsÂn, l'e«péraace de ht d^oeratie, mourut deLoostaiot. aa lend€Wiaia du jour où îl flétrisaaitlA déplorable-victoire de Bouille. C'était la plume la plus aolide de rédrteur ^s Rèfebaùms de Pam, Prudhomne, ^ui, Loustalot mort, calessa tour à tour ^ ealonmia tons les partk.

Ia aiittatioB, déjà ^bendoe, «e coBqpUqua d'emfaam» financiers tosyottrs Beoaisaanài. Necker, désasp^, quitta la partie et se ri»tira dans ses i&vfes^ hors de Franee. Les ^^^^ quatre aintsinillions d'assigaats pnMdemsMnt votés ne d'assignats.

i40 HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION

suffisaient pas au payement de la dette exigible. Fallait-il avoir de nouveau recours à cetf^e mesure extrême? Non, avait dit Necker dans son dernier rapport ; et, après lui, Talleyrand, Maury et Dupont (de Nemours) avaient trèsvivement dépeint les inconvénients de cet expédient. Mais Mirabeau, avec sa formidable puissance d'argumentation, entraîna l'Assemblée, et démontra que là était le salut de la Révolution. Le 29 septembre, il fut décrété qu'il serait émis pour huit cents millions d'assignats nouveaux ; que les assignats seraient brûlés au fur et à mesure qu'ils rentreraient dans la caisse de l'extraordinaire, et que, dans aucun cas, leur valeur ne pourrait excéder, celle des biens nationaux ni se trouver au-dessus de douze cents millions en circulation. Heureux le pays, si ces sages prescriptions eussent été rigoureusement observées! XrottUiM Peu à peu disparaissaient les iniques coutumes de l'ande Brest, cieu régime, mais nou sans que cette suppression soulevât quelques réclamations de la part de ceux-là mêmes qui en profitaient. C'est ainsi que, à propos de la réformation du code pénal maritime sur de^bases plus conformes au respect et à la*dignité de l'homme, la sédition se mit dans l'escadre de Brest, où nous retrouvons Albert deRioms, après l'avoir déjà rencontré à Toulon dans des circonstances critiques. Cela, joint à l'arrivée de quelques planteurs de Saint-Domingue, proscrits, prétendaient-ils, à cause de leur amour pour la Révolution, causa une perturbation extrême. Il fallut un décret sévère et unq déclaration solennelle de l'Assemblée pour éclairer les marins trompés sur leurs propres intérêts, et les ramener au sentiiùent du devoir. Tant de réformes à accomplir ne pouvaient pas s'effec* tuer sans froisser un certain nombre de personnes, sans occasionner quelques troubles ; mais il faut savoir supporter avec patience des maux passagers pour assurer des bienfaits durables. Le député Chabroud s'était convaincu de cette nécessité quand il rédigea son immense

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