‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 63 sur 226 · CHAPITRE CINQUIÈME i · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME i

de pareilles en France. La tristesse était dans tous les cœurs, la consternation sur tous les visages. La cour ellemême était désolée, comme si elle eût compris qu'avec Mirabeau s'évanouisâait la dernière espérance de la monarchie. Le peuple gémissait aussi sur la perte du puissant tribun, dont la vénalité n'était pas avérée alors ; mais il aura raison plus tard, quand l'armoire* de fer aura révélé ses terribles secrets, de le chasser du Panthéon, parce que toute corruption mérite d'être flétrie.

Quant à nous qui, à quatre-vingts ans de distance, jugeons plus froidement les choses, nous ne pouvons oublier les services immenses dont la Révolution et la liberté sont redevables à Mirabeau ; mais il nous est également impossible de ne pas nous rappeler qu'il a eu les mains tachées des largesses de la cour et qu'il n'a pas craint de donner au gouvernement de Louis XVI des conseils tellement ignobles, que le mépris étemel serait le partage de quiconque les mettrait en pratique. Nous croyons donc être juste envers sa mémoire en l'exaltant et en la flétrissant à la fois; et c'est en méprisant l'homme que nous rendons hommage à son génie.

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