‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 64 sur 226 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

Du droit de tester. ~ De rorganisation minittérielle. — Le roi vent aller à Saint-Cload. ~ Lonia XVI à rAssemblée. — Impopularité de La&yette.

— Loi tnr la garde nationale. — Affaires des colonies. — Talleyrand exoommnnié. — L'abbé Raynal. ~ Discussion sar la non-rééligibilité. — La peine de mort. ^ Bruits de fuite du roi. — Du licenciement des officiers de Tarmée. — Élection des membres du tribunal criminel. — > La question sociale. — Fuite de la famille royale. — La séance des Jacobins. — Arrestation du roi. — Retour à Paris. — Lettre de Bouille.

— Les républicains en 1791. — Voltaire au Panthéon. — De l'inyioUbilité royale. — La pétition Laclos. — Les Feuillants. — Massacre du Champ de Mars. — Changement dans la yie de Robespierre. — La réaction. — Convention de Pilnitz. — La révision. — La sanction royale.

— Réunion d* Avignon à la France. ^ Fin de TABsemblée constituante.

Mort, Mirabeau prit encore une fois part aux discus- , sions de rAssemblée immortelle qu*il avait si souvent ani* mée de son souffle puissant. On agitait alors la question Du droit de savoir dans quelles limites il serait permis à chacun de "^"^ ^^''^^^• disposer de ses biens par acte testamentaire. Décréter à cet égard la liberté absolue, c^était implicitement rétablir le droit d'aînesse.Voilà ce qu'avait parfaitement compris Mirabeau, et, dans un discours écrit, il avait admirablement coordonné ses idées sur ce sujet. Ce discours, il l'avait remis, de ses mains déjà glacées, à Talleyrand- Périgord,son ami, lequel vint presque aussitôt en donner lecture à l'Assemblée. Proscription des majoratsetdesfidéi- wu :. itoi. commis, stricte égalité dans les partages, réduction des donations entre-vifs ou testamentaires à la dixième partie des biens dont se composait un patrimoine, telles étaient

Discussiouft

à propos

de

les conclusions de ce discours- testament que TÂssemblée écouta avec un respect religieux, comme le dernier soupir de son incomparable orateur. Malgré deux discours trèséloquents de Robespierre et de Tronchet dans le même sens, et quoiqu'elle eût donné de vives marques d'impatience en entendant Cabales s*élever contre des opinions dont le triomphe devait selon lui porter le trouble dans les familles françaises, l'Assemblée ne se prononça pas surle-champ et ajourna la question.

Cependant Robespierre, dont Mirabeau avait deviné toute la puissance morale, exerçait alors sur elle une véritable influence. S'il ne possédait pas l'éloquence enflammée de Mirabeau, il avait une chaleur de convictions qui pénétrait ses auditeurs. Bien qu'il fût beaucoup trop avancé pour la plupart de ses collègues, et que ses motions rorganisation démocratiquos fissent peur à quelques-uns d'entre eux, on ministérielle. Técoutait commo OU eût écouté la grande voix de la justice et de l'humanité, sauf à ne pas toujours tenir compte de ses paroles. Le 7 avril, au milieu d'une discussion sur l'organisation des ministères, il proposa à l'Assemblée de déclarer séance tenante que, pendant les quatre années qui suivraient la session, aucun de ses membres ne pourrait être porté au ministère. Son but était évidemment de prévenir les désertions de ces lâches mandataires du peuple qu'on voyait, après avoir commencé par servir les intérêts de la démocratie, se tourner vers le gouvernement pour obtenir de lui quelque faveur ou un lambeau de pouvoir. Bouche renchérit sur cette motion, en proposant d'étendre l'exclusion aux membres du tribunal de cassation et de la haute cour, et d'interdire aux uns comme aux autres de recevoir, pendant le même laps de temps, aucune faveur du pouvoir exécutif. L'Assemblée était en veine de désintéressement, elle vota d'enthousiasme cette double motion et s'honora infiniment par ce vote. Moins heureux fut Robespierre quand» d'accord avec

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