‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 74 sur 226 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Bouille, dont TÂssemblée entendit lecture dans sa séance du 30 juin. C*était comme un prélude du manifeste de Brunswick. Il ne resterait pas pierre sur pierre à Paris, disait le général, si Ton touchait au roi et à la reine. Luimême se faisait fort de guider les armées étrangères. Il assumait bien sur lui seul la responsabilité de la fuite du roi, comme en ayant été le principal instigateur; seulement, au préalable, il avait eu soin de se mettre à Tabri au delà de^ frontières : sa lettre était datée de Luxembourg. Â ces rodomontades, l'Assemblée répondait en se moquant et en passant à Tordre du jour ; mais au dehors les colères s'amoncelaient.

Les journaux patriotiques ârent rage ; plusieurs même, comme celui de Fréron, dépassèrent toute mesure en mêlant, à des accusations trop vraies, des calomnies odieuses et d'indécentes injures à l'adresse de la reine. Dès le 23 juin, Danton, aux Jacobins, avait demandé qu'un conseil à l'interdiction fût nommé au roi, attendu son état d^imbécillité. Anthoine réclama une régence ; le duc d'Orléans, comme s'il eût craint qu'on ne pensât à lui, s'empressa de décliner, par une lettre publique, l'honneur d'en être investi. Bientôt la question de la déchéance fut agitée et le mot république prononcé. Le 1" juillet on vit sur les murs dé Paris une affiche signée d'Achille du Châtelet, dans laquelle tous les citoyens étaient invités à refuser obéissance au roi. Peu après, l'auteur de cette affiche faisait paraître, en collaboration avec Condorcet, sous ce titre: k Itépublicain, un journal qui, il est vrai, n'avait guère de républicain que le nom. Brissot lui-même, qui, au début de la Révolution, avait centriste tous les amis de la liberté en défendant les actes arbitraires de la Commune, dont il était membre, se fit le champion de l'idée républicaine, et il publia, dans son journal, une lettre dans laquelle, releyant un défi adressé par Sieyès aux républicains de bonne foi, TAnglais Thomas Payne proposait à l'abbé de discuter

Les

républiiMîns

en 1791.

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