‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 75 sur 226 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

Voltaire aa Panthéon,

Question

de

rinviolabilité.

avec lui sur les avantages comparés de la république et de la royauté, et se vantait d'avoir déclaré la guerre à ce tout Tenfer de la monarchie. » Le 10 juillet, Brissot, dans un immense discours, se prononçait résolument aux Jacobins pour la déchéance et réclamait la mise en jugement du roi. C'était, visiblement, l'opinion de la majorité du club.

Le lendemain, les restes de Voltaire traversaient Paris, au milieu d'une foule émue et recueillie, pour aller prendre au Panthéon la place que leur avait décernée la piété de l'Assemblée nationale. Voltaire à coup sûr n'avait pas été l'ennemi des rois, au contraire ; mais il avait glorifié la tolérance et la liberté, et Ton ne se ressouvint ce jour-là que des vers tragiques qu'il avait composés contre les tyrans. L'enthousiasme révolutionnaire sembla surexcité par les hommages rendus à l'auteur du Dictionnaire philosophique,

L'Assemblée cependant avait hâte de mettre un frein à l'effervescence populaire. Le roi et la reine avaient été interrogés pour la forme. Le 13 juillet. Muguet de Nanthou donna lecture d'un rapport dans lequel, au nom des comités réunis, il proposa à l'Assemblée de mettre Louis XVI hors de cause, attendu qu'en fuyant, il avait cédé à la contrainte, que le délit n'était pas constitutionnel, que d'ailleurs la personne du roi était inviolable, et de renvoyer Bouille et ses complices devant la haute cour nationale. La gauche réclama aussitôt l'ajournement de la discussion. D'André s'y opposa de toutes ses forces, parce que, dit-il, il fallait faire cesser la lutte des factieux contre l'intérêt public. Robespierre insista énergiquement, mais en vain. Il vit bien que les meneurs de l'Assemblée voulaient en finir avec les adversaires du pouvoir monarchique ; aussi le soir, aux Jacobins, engagea-t-ilses concitoyens à rester sur le terrain légal. Personne plus que lui n'avait été accusé de républicanisme ; c'était à lui que, depuis deux ans.

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