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CHAPITRE SIXIÈME

la maison d'Orléans prévoyaîent-ils dès cette époque qu'un jour ou Tautre la couronne ceindrait la tête d'un membre de cette famille? Comme on discutait ensuite la question de savoir si les pareats du roi conserveraient le titre de prince, Lanjuinkis, — encore un futur comte impérial, — demanda si l'on conseryerait la noblesse ou non. Selon Robespierre, les membres de la famille royale deyaieut être... les parents du roi, et rien de plus. Nonobstant ce, l'Assemblée leur conserva le titre de prince et leur accorda les droits de citoyens actifs, en les déclarant toutefois inéligibles aux places dont le peuple avait la nomination.

I^ révision touchait à sa an. Le 30 du mois d'août, TAssemblée, après avoir entendu la veille une nouvelle diatribe de Malouet contre la constitution, décida, tout en consacrant le droit du pays à la réformer dans l'avenir, , qu il ne pourrait y être rien changé durant trente années. 0 fragilité des décisions humaines ! à peine avait-elle un an à vivre, cette constitution si laborieusement enfantée !

Restait à la soumettre à l'acceptation du roi. Chargé de présenter, le surlendemain, un projet de décret relatif à cette formalité, Beaumetz dit que, si le roi se rendait au vœu des Français en donnant son assentiment à la constitution, il serait prié d'indiquer le jour où il viendrait la sanctionner au sein même de l'Assemblée constituante. Cet emploi du conditionnel amena Robespierre à la tribune. Comment douter un instant de l'acceptation de Louis XVI ? La constitution ne lui donnait-elle pas en honneurs, en pouvoir et en richesses d'incalculables avantages ? Après l'avoir altérée à diverses reprises, prétendraitron toucher encore à ses débris? Alors, s'écria l'orateur, il n'y a plus qu'à reprendre ou nos fers ou nos armes. Et comme de violents murmures éclataient à ces mots, Robespierre, le visage tourné vers Duport, et ne présumant pas, selon ses propres expressions, qu'il existât dans l'Assemblée un homme assez lâche pour transiger avec la cour sur

La sanction royale.

SEPTEMBRE

aucun des points de la constitution, assez perfide pour faire solliciter par elle de nouveaux changements» demanda que quiconque oserait proposer de composer avec le pouvoir exécutif au sujet de Tacte constitutionnel fût déclaré traître à la patrie. On applaudit à outrance dans diverses parties de la salle. Ni Duport, ni les autres coryphées du feuillantisme directement apostrophés, ne répondirent mot. Ils restèrent comme foudroyés, et dans cette longue discussion de la révision, le dernier mot demeura au représentant le plus accentué de la démocratie.

Le 3 septembre tout était terminé. Dans la soirée du même jour, une députation de soixante membres alla offrir au roi l'acte constitutionnel. Louis XVI montra un air assez satisfait, et promit de faire connaître sa décision dans le plus court délai possible. Dix jours après, par une circulaire où il expliquait assez longuement les motifs de sa résolution, Louis XVI annonça à l'Assemblée nationale qu'il acceptait la constitution et qu'il irait le lendemain en ratifier solennellement l'acceptatiop, au sein de l'Assemblée. Celle-ci, comme pour lui témoigner sa reconnaissance, vota immédiatement d'enthousiasme, sur la motion de Lafayette, la mise en liberté de toutes les personnes poursuivies à l'occasion de la fuite du roi, et décida que le lendemain, à l'ouverture de la séance, il serait proposé deux décrets, l'un pour l'abolition de toute procédure relative aux événements de la Révolution, l'autre pour la révocation de la loi rendue contre les émigrations. Notification de ces résolutions fut aussitôt transmise aux Tuileries par une députation nouvelle. Le roi remercia avec efi'usion les messagers de l'Assemblée, en protestant de sa ferme résolution de se conformer toujours aux volontés de la nation. La reine était là, ses enfants près d'elle; elle déclara qu'elle partageait entièrement les sentiments de son mari. On put croire à une entente parfaite, à une réconciliation

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