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CHAPITRE SEPTIÈME

q«e Dumonriez, qui commandait en Vendëe, ^tait à la veille d'avoir recours aux armes pour maintenir la paix dans le pays. La nouvelle de graves désordres survenus dans la Mayenne et dans le Calvados, détermina l'Assemblée^ à sévir. Le 29 novembre, elle rendit, sur un rapport de François (de Neufchâteau) un décret portant, entre autres dispositions, que tous les ecclésiastiques seraient tenus de prêter, sous huitaine, le serment civique ; que, passé ce délai, les réfractaires seraient privés de touSitraitements etpensions, soumis à la surveillance des autorités comme suspects de révolte contre la loi el de mauvaises intentions contre la patrie, éloignés, au besoin, de leur domicile par arrêté du directoire, et punis de deux année de détention dans le cas où ils provoqueraient à la désobéissance aux lois ou aux autorités constituées. C'était là un avertissement dont malheureusement le clergé ne songea pas à profiter.

Non moins passionnés avaient été les débats auxquels avait donné lieu la question des émigrés. En dépit du rapport Décret de la loi contre les émigrations et malgré le décret d'amnis- (im^i^ tie qu'avant de se séparer l'Assemblée constituante avait rendu comme un adieu suprême à ses ennemis, les royalistes ardents encombraient de plus en plus les routes qui menaient au delà des frontières. Il semble même que le mouvement de l'émigration soit devenu plus intense au moment où commençait le jeu régulier des institutions nouvelles. Le roi eut beau, officiellement du moins, par lettres et par proclamations, en appeler au patriotisme des émigrants pour les retenir ou les engager au retour ; rien n'y fit. Officiers, magistrats de l'ancien régime, gens de cour, partaient à qui mieux mieux, pressés d'aller à Coblentz, où était le quartier-géi^ral des émigrés, soulever contre la France les colères de l'étranger. Marat imagina d'attribuer à la suppression des titres de noblesse cette désertion coupable, et, par une inconséquence assez singulière, il blâma fort le décret d'abolition qu'il avait jadis

approuvé ; mais les contradictions ne sont pas rares chee Marat. Toujours est-il que rAssemblëe législative ne crut pas la situation plus longtemps tolérable, et le 20 octobre la question de Témigration fut mise à Tordre du jour.

Ce jour-là, Brissot, dans un volumineux discours, qui était comme un manifeste de guerre à ^adresa|^ des nations chez lesquelles les émigrants trouvaient asile et protection, conclut à Tadoption de toutes mesures intéressant la sûreté de TÉtat et la dignité du pays. Après lui, Couthon demanda que Monsieur, dont les menées n*étaient un mystère pour personne, fût privé de la régence. Le surlendemain Condorcet parla> mais il se tint dans des généralités et se montra disposé à beaucoup de tolérance. Vint ensuite un jeune avocat de Bordeaux qui déjà avait fait quelques apparitions à la tribune. Il s'appelait Vergniaud, et était doué d*une éloquence où parfois on retrouvait un écho non affaibli de celle de Mirabeau, dont un jour à Bordeaux, au club, il avait prononcé un pompeux panégj* riquei II s'efforça, dans une longue harangue, de démontrer la légitimité d'une loi contre les émigrations. Pastoret crut signaler le danger d'une telle loi, en disant que la fierté des émigrés les obligerait à la braver, tandis que par l'indulgence on les ramènerait sans doute. Mais tout cela était vague, indécis, suivant Isnard, qui le 30, aux Jacobins, proposa résolument des moyens terribles. Quelques tètes tranchées par la justice, disait-il, et l'on verrait pâlir tous les ennemis de la Révolution. Le lendemain, au milieu d'applaudissements frénétiques, on l'entendit, à la tribune nationale, invoquer contre les émigrés le glaive dès lois, et s'écrier qu'il était temps que le grand niveau d'égalité placé sur la France libre prit enfin son aplomb. Malgré une réplique où Condorcet essaya d'atténuer Teffet prodigieux de ce^ discours implacable, l'Assemblée législative, sous l'impression des paroles de Brissot, de Vergniaud et d'Isnard, déclara, dans sa séance du 9 novembre, suspects

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