‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 86 sur 226 · CHAPITRE SSPTIÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE SSPTIÈMB

téger la liberté des citoyens menacée de toutes parts ; arrêter la fureur des accaparements, caase dé tant de désastres et de perturbations; empêcher l'exportation du numéraire par des lois favorables à la fois au producteur et au consommateur; établir des régies équitables pour la distribution des emplois publics; tout sauver enfin et tout réunir quand la cour s'appliquait à tout diviser, à tout corrompre, à tout asservir, tels furent les principaux moyens dont il entretint la société. A coup sûr ils valaient bien le décret par lequel l'Assemblée avait mis la veille les biens des émigrés sous le séquestre, et l'éloquente adresse où Ciondorcet vouait à l'exécration publique les privilégiés rebelles, les prêtres réfractaires et les rois conspirateurs.

Pendant que les Jacobins songeaient surtout au triomphe Im Jaoobiiii de la Révolution et au salut de la patrie, ils étaient» de la a^^»^part du côté droit deTÂssemblée législative et de la presse royaliste, l'objet des plus violentes attaques. Un député de Paris, du nom de Gorguereau, chargé du rapport d'une de leurs pétitions, insinua, comme si c'était une espèce de forfait, que tous les signataires n'étaient point citoyens actifs. Un autre député de Paris, Treilh-Pardaillan, imagina d'établir l'incompatibilité du titre de législateur avec celui de miembre d'une société patriotique*, comme celle des Jacobins; enfin Yaublanc mit à la charge des Jacobins une partie des désordres auxquels le pays était en proie. Dans la presse, un des journalistes qui se distinguèrent le plus par l'âpreté de leur langage et la persistance de leurs calomnies, fat le poète Âjidré Ghénier. Il alla si loin un jour, dans le supplément du Journal de Paris; que son frère, Marie-Joseph, L'auteur applaudi de Charles IX et de Ccuus Graechus, crut devoir réclamer pour éviter toute confusion, et déclarer qu'il se ferait toujours honneur d'être membre de la société des Jacobins. Du reste ces attaques furibondes ne portaient guère ; elles tombaient comme dés traits émous* ses. Robespierre jeta aux aristocrates du Manège et aux

Réponse de Léopold.

Feuillants un hautain défi de toucher aiux Jacobins, et le peuple se pressa de plus en plus autour d*eux, sachant Inen que là était la grande force de résistance de la Révolution. . Léopold aussi, dans sa réponse à la demande d'explications que, bien à contre-cœur, la cour lui avait adressée, traitait les Jacobins de secte pernicieuse ; et, à son point de vue, il avait raison, car jamais les rois et le despotisme n'eurent de plus terribles ennemis. Cette réponse, dans laquelle, comme par dérision, l'empereur parlait de ses efforts pour le maintien de la paix, fut lue à l'Assemblée MAB8 1792. législative dans la séance du 1*' mars; elle fut très-mal accueillie ; Bazire la qualifia de pamphlet. Le bruit courut que la rédaction en avait été concertée entre Louis XYI, l'empereur et leurs conseillers intimes ; les noms de Duport et de Barnave furent prononcés. Quoi qu'il en soit» peut-être n'y aurait-il pas eu de rupture avec TAutrichey si, à l'heure où il était donné lecture du message impérial, Léopold n'avait pas été emporté par une maladie subite: Le soir même le député Rouyer accusait de Liessart d'avoir imputé son propre ouvrage à une puissance étrangère. Le lendemain Grangeneuve, aux Jacobins, tonnait contre le manifeste de Léopold, écho des diatribes feuillantîneB contre les sociétés populaires ; et comme si déjà l'on eût eu la certitude que ce factum était l'œuvre des conseillers de la reine, Robespierre déclarait que l'empereur n'était iei que l'instrument et le prête-nom de tout ce qu'il existait en France d'ennemis de la Révolution. La situation s'assombrissait de jour en jour, on sentait qu'on touchait à de graves événements. Le 4 mars un jeune patriote de Mar* seille, nommé Barfoaroux, parut à.la tribune des Jacobins. Il venait réclamer le concours de la société pour ses conci* toyens en marche sur Arles, où la liberté se trouvait menacée par la réaction. Arles* n'était .qu'une étape pour les Marseillais; à quelques mois de là ils devaient entrer dans Paris en chantant l'hymne qui porte leur nom*

Barbaronx aux Jacobins,

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