CHAPITRE SBPTIËMB
adresse, ils se ornrent entièrement maîtres des Jacobins. Trop longtemps les rôles ont été inteirvertis, trop longtemps Robespierre a passé pour Tagresseur . L'attaque, et Tattaque déloyale, vint de ses adversaires, il fautqu*on le sache bien. Jamais peut-être on ne mit autant de fiel, d'acrimonie, d'emportement et de mauvaise foi que les Girondins en apportèrent dans la lutte dont nous retracerons très-rapidement les péripéties prageuses, et où les combattants représentèrent, à des degrés différents et avec des nuances diverses, la même grande idée, celle de la Révolution*
Du club des Jacobinsla querelle passa dans les journaux» où l'intolérance de Guadet fut généralement blâmée. Une po-. lémique autrement violente vint faire diversion à cette querelle. Il avait été décidé que les soldats de Château-Vieux, u ftto délivrés du bagne en vertu d'un décret de l'Assemblée ^* ^ U'wté. législative, seraient reçus en triomphe à Paris, et qu'on célébrerait en leur honneur une fête qui fut appelée la fête de la liberté. L'annonce de cette cérémonie échauffa les esprits de part et d'autre ; il y eut entre les écrivains feuillants et les journalistes révolutionnaires un échange d'ar* ticles d'une extrême virulence ; les poëtes Roucher et André Chénier se firent particulièrement remarquer par la fureur de leurs calomnies. On accusait le directoire de retarder à dessein la célébration de cette fête. Aussi Lafayette,. soupçonné d'être venu à Paris tout exprès pour influencer les membres de cette administration, dont la plu-
diseonrt prononcé le 27 féTiier 1791, par Gaadet, à la tribune de la flOeiété des Amis de la conttitutiim de Bordeaux, dont il était alors président* Or, nous y lisons : c La Pbotidxkcg, qui Teille sur les destinées de la France, fit éclioner cette exécrable conspiration. La Bastille iiit renversée... Qu'ils Tiennent nous entendre, et ils verront si nous aimons la religion; non cette religion de la terre^ défigurée par les passions des hommes, mais cette religion du <iiel, pure comme son auteur, éternelle comme le temps, grande comme la nature. » U y avût donc de la part de Guadet une insigne maa* TMse loi et une basse hypocrisie à venir reprocher à Robespierre ce <iae lui-même, l'aunée précédente, et dans une assemblée jacobine, avait avancé aveo^beauooup plus d'inatstanœ et d*une façon bien plus explicite.
HISTOIRE DE Ik AÉYOI4UTION
part appartenaient comme lui àti parti feuillant » fut-il aux Jacobins Tobjet d'attaques passionnées. Les Jacobins ATBiL 1792. n'aimaient ni les échauffourées de la rue ni les répressions sanglantes, où les lois sont à la fois outragées d'ordi-r naire par l'émeute et par le pouvoir. Ils en avaient donné tout récemment la preuve en adressant une lettre de con^ doléances au fils du maire d'Étampes, Simonneau, tué dans Jûn mouvement pc^ulait^e; mais ce qu'ils voulaient venger dans le triomphe des soldats de Château-Vieux, c'était la RévolutioA insultée par Bouille et la proscription d'un régiment dont le plus grand crime avait été de s'être montré, dès le début de la Révolution, dévoué aux idées nouvelles, fille eut lieu pourtant, cette fête de la liberté, dont l'un des prdonnateurs fut le jeune Tallien, appelé à une renommée bruyante. Le 9 avril, les Suisses de Château-Vieux, conduits par CoUot-d'Herbois à la barre de TAssemblée légis^ lative, furent admis aux honneurs de la séance, et, le ISr, ^ la cérémonie s'accomplit solennellement au milieu d'un concours et d'un enthousiasme extraordinaires. Ce jour-là André Chéniér hurla de rage, dans le Journal de Paris, des Ïambes féroces qui dépeignaient bien les sentiments de ceux que, par dérision, on appelait les modérés. En revanche, l'auteur des paroles de l'hymne à la liberté, qu'on chanta durant la cérémonie sur un motif de Gossec, se nommait Marie-Joseph Chénier.
A cette fête pacifique ou régnèrent un ordre, une effusion et une bienveillance auxquels étaient loin de s'attendre sans doute les calomniateurs à l'instar des Dupont (de Nemours) qui l'avaient qualifiée de fête d'assassins , allaient 9ucccéder des émotions guerrières. On était a la veille d'une rupture avec TAutriche. Personnellement intéressé à suivre la politique belliqueuse des Girondins, Dumouriez ne négligea rien pour forcer le roi de se résoudre à la guerre. Le 14 avril, il vint annoncer à TAssemblée que notre ambassadeur à Vienne, M. de Noailles, avait
Deoiamtion do guerre.