‹ Précis de l'histoire de la révolution françaiseChapitre 94 sur 226 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

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Tingt mille signatures récoltées à tout prix, et parmi lesquelles, comme pour la pétition des huit mille, figuraient celles d*une foule de femmes et d'enfants« Ce n'était pas le moyen d'apaiser les ressentiments. Suivant Texpression d'un orateur d'une des sections de Paris, celle de la Croix-Rouge, l'horizon politique de la France se couvrait de nuages, et la foudre grondait, prête à éclater.

Cependant, la date du i4 juillet approchait. De toutes parts les fédérés se dirigeaient vers Paris, quittant joyeux, à la voix de la patrie, les uns la chaumière, les autres fatelier. Le 2 juillet, l'Assemhlée décida qu'après avoir assisté à la fête de la Fédération, ces fédérés, que le ministre de l'intérieur venait d'avoir l'insolence de traiter de factieux, seraient «dirigés versSoissons, où un camp de réserve avait été établi. Elle semblait animée en ce moment d'une véritable fièvre révolutionnaire. La veille, elle avait décrété la publicité des séances des corps' administratifs; le 2 au soir, elle prononça le licenciement de Tétat-major des gardes nationales dans les villes de cinquante mille âmes et au-dessus. C'était un acte de défiance dirigé c^tre le pouvoir, qui le comprit parfaitement ainsi en refusant sa sanction au décret

Le lendemain s'ouvrit la discussion sur le rapport de Jean Debry. Jamais, depuis l'origine de la Révolution, débat plus solennel ne s'était engagé. Il s'agissait de sa» voir comment le pays s'y prendrait pour sauvegarder ses glorieuses conquêtes sur Tancien régime, conquêtes que, d'aoGord avec la cour, l'étranger prétendait lui ravir. Les sentiments, dqnt l'immense nugorité du pays était animée, trouvèrent dans Vergniaud un interprète éloquent et pas» siennes Rarement d'aussi magnifiques paroles étaient tombées de la bouche d'un orateur» Bien que cet ad«mirable discours ait été, en même temps qu'un splen-* dide appel à tous les sentiments généreux de la nation, un violent réquisitoiTe contre la conduite de la cour et celle

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