CHAPITRE HUITIÈHS
Robespierre, s'armantdu malencontreux article de Carra, accusèrent à leur tour un parti puissant de conspirer en iaveur du duc de Brunswick. 11 arriva mémo que, par les ordres du comité de surveillance, une descente eut lieu chez Brissot. Celui-ci jeta les hauts cris ; mais, était-il bien fondé à se plaindre, lui qui avait déchaîné la calomnie, d'être atteint à son tour par ses morsures ?
Sur ces entrefaites parvint la nouvelle que la ville de ^^ vc" un. Verdun avait été livrée, malgré les protestations énergiques du commandant Beaurepaire, qui, dans un accès de désespoir patriotique, s'était fait sauter la cervelle. On n'apprit pas sans une légitime indignation que les notables habitants de la cité n'avaient pas eu honte d'envover leurs femmes et leurs filles, vêtues de blanc comme pour une fête, porter à l'ennemi les clefs de la ville. L'efifervescence populaire n'avait pas besoin de cela pour être surexcitée. La soif de sang paraissait cependant assouvie, quand eurent lieu de nouvelles immolations. Dans la journée du 9, les prisonniers d'Orléans, qu'on transférait à Paris, tombèrent en route sous les coups des assassins. Parmi eux se trouvaient l'ancien commandant de la garde du roi, M. de Brissac, et l'ex-ministre de Lessart. En même temps des misérables profitaient des circonstances malheureuses où l'on était réduit pour commettre toutes sortes de désordres et exercer des rapines. Le 17, la Commune et l'As- ^^^ aiamanu semblée apprirent avec stupéfaction que le garde-meuble <ie la avait été forcé, et que des diamants et des objets d'art d'une valeur considérable, provenant du mobilier de la couronne, y avaient été volés. Successivement arrêtés, grâce à d'activés recherches, les coupables finirent par monter tous sur l'échafaud.
Cependant un bruit redoutable se répandait. On disait qu'à la date du 20 septembre un nouveau massacre devait avoir lieu dans les prisons. Des articles de Marat, d'une violence inouïe, contribuaient à entretenir Tinquiétude gé-
couronne.
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néralo. Les prisonniers de Sainte-Pélagie, tout éplorés, s'adressèrent à l'Assemblée pour la prier de veiller à leur sûreté. Vergniaud prononça à cette occasion un discours fort éloquent, et non moins hyperbolique, mais qui eût beaucoup mieux trouvé son application, alors qu'on égorgeait réellement. Sur sa proposition, l'Assemblée décréta à l'unanimité que les membres de la Commune répondraient sur leurs têtes de la sûreté des prisonniers. Presque aussitôt parurent Pétion et San terre, qui avait été investi des fonctions de commandant général de la garde nationale après la journée du 10 août; ils venaient rendre compte des mesures prises parla municipalité pour le maintien de l'ordre. La Commune, de son coté, se défendit contre les insinuations calomnieuses de Vergniaud par une proclamation très-noble, très-digne, qui fut affichée le 19 sur tous les murs de Paris. Fiers de leur conscience, ses membres n hésitaient pas à se charger du nouveau genre de responsabilité que leur imposait l'Assemblée. « Citoyens, y était-il dit, le calme ne peut naître que de l'exécution des lois, de leur observation religieuse, et celles autour desquelles nous vous demandons de vous presser avec nous sont celles que l'humanité, la justice et la raison sollicitent, que votre propre intérêt vous prescrit, que la gloire et l'honneur de la nation vous commandent.» A la voix de ses représentants, la population parisienne rentra dans le calme le plus parfait. Il n'était donc pas besoin du décret inquisitorial que l'Assemblée législative crut devoir rendre le 20 septembre pour assurer la tranquillité publique, décret qui devait devenir pour tous les citoyens la Les cartes source d'une foule de vexations. En vertu de ce décret, chaciviques. ^^^ ^^^ obligé de se munir d'une carte civique portant indication de ses divers changements de domicile et de ses occupations journalières, et delà présenter à première réquisition des officiers de police et commandants de la force armée, sous peine d'être conduit à sa section, et, s'il n'était