FIN
NOTES
(1600. — 218 av. J.-C. ) AIp}on el Brigion , BelloviV , Rronnus, rombals aii|iek les noiilagiiarà prireiil pari; éUl de la civiiisaUon dus la Alpes.
Alpyon et Brigion étaient deux géants dont la domination s'étendait des bords de la Méditerranée à la cime des Alpes: ils s'étaient rendus redoutables par leurs cruautés et leurs brigandages , et leurs peuples , aussi brigands qu'ils Tétaient eux-mêmes , pillaient et assassinaient les Toyagenra qui traTersaientnos montagnes et parcouraient nos ▼allées.Or, en ee temps-là» Hercule, non le fils d'AIcmène, mais un Hercule venu de Tvr, nommé Mélicerte par un savant germain de nos jours digne émule d'Annius de Viterbe et possesseur d'un manuscrit de Sanchoniaton , traduit par Pbilon de Bihlos, Hercule, dis-je, pénétra dans la Gaule par le Mont-Genèvre , franchit les Pyrennées, et, à son retour d'Espagne, purgea la terre des deux monstres. Vaincus d'abord dans
i66 flOTBS.
les plaines de la Crau d'Arles , alors hautes et fertiles et aujourd'hui couvertes de ces pierres inombrables qui tombèrent du Ciel pour armer les compagnons d'Hercule dont les traits étaient épuisés , Alpyon et Brigion perdirent la Tie dans un dernier combat livré au sein des Alpes ; les vols et les violences des habitants de ces montagnes cessèrent , et les voyageurs purent aller de la Gaule en Italie et venir de l'Italie dans la Gaule sans être inquiétés au passage
Puisque nous en sommes à l'époque gauloise nous pouvons ajouter que pour connaître l'origine des premiers habitants des Alpes , il iaut remonter jusqu'au déluge , ou du moins jusqu'à Gomer , fils de Japhet , car Josephe a écrit que c^est de ce petit-fils de Noë que descendaient les Celtes, nos ancêtres *• Nous devrions suivre les enfants de Gomer, connus sous le nom de Galls , depuis le ^Jont- Ararat jusqu'aux bords du Rhin , les voir passer le fleuve tt.prendre possession de la terre encore vieige de la Gaule ; puis, une seconde fois sous le nom de Kimris , les voir descendre du^^ord , entrer dans la Gaule ^ la
* Diodore de Sicile, liv. vu, ch. 9. — Ammien Marccllin , liv. xv, — Pomponius Mêla, liv. ii, ch. 5. — Denys d'Halicarnasse , liv. ïi. — Le P. Marccllin Fournier, Histoire des Alpes Marilimei ou CoUimne» >. 2« partie, sect. 3.— Raymood Juvenis, Histoire âuDOMphtnèy p. 61- 6S* Ms. de Grenoble.
Ces récils mythologiques, ingénieusement iiittTprùlés par M. Amédée Thierry, dans son Histoire des Gaulois y ne sont pas , comme on le voit , dépourvus d'autorité.
• Josephe, AfiHitq» liv* i» ch. 6.
KOTES. 167
partager avec les premiers occupants, envahir la péninsule ibérique et forcer les indigènes d*en sortir. Nous verrions ensuite ces malheureux exilés s'établir , sous le
nom (le Ligures, sur les bords de la Médilcrranée , et , dans des temps postérieurs , prendre possession de tous les pays situés entre risère > les Alpes , le Yar et la mer. Mais c'est un tour de force de linguistique que M. Amédée Thierry a pu seul exécuter.
( 587 ST. i -C.) BMtt.
le passe à des foits mieux établis et plus vraisemblables
que les courses aventureuses de l'Hercule Tyrlen , en laissant un espace de dix siècles dans la profonde obscurité où les a plongés notre histoire. Il est à présumer que les habitants des Alpes servirent d'éclaireurs à Bellovèse , lorsque ce chef gaulois traversa nos vallées, franchit le Mont-Genèvre et fonda la république GallorCisalpine dont Milan fut la capitale , 887 ans avant l'ère chrétienne.
( 388 av. J.-C.) brenous.
Pouvons-nous ajouter qu'en l'année 588, Brennus
ou , pour parler le langage moderne , le Brenn des Gaulois, venu des bords de la Seine '^aux sources de la Durance , n'oublia pas , à son passage à Vap , Kap ou Tricorîum, à Ebredunum, à Aama et à Brigantium , d'enrôler parmi la jeunesse ce qu'il y trouva de plus fort , de plus nerveux et de plus intelligent pour l'emmener à Rome, et que le premier souflet donné sur la iiice des graves sénateurs assis dans leurs chaises curules, fdmba d'une main calleuse qui avait fait usage de la fronde sur les flancs du Pelvoux ou de GhailloMe-Vieil ,
NOTES
OU brandi la lance dans la vallée de la Lnye ou sur les bords delà Clarée^f
(mà228 ar. J.-C.) 1» MilagiiHi lei |[aiiBB.Alpes grooiMil ki
améei gnWM.
Da moins. Ton peut affirmer que les peuple» de nos montagnes grossirent plusieurs fois les années gauloises ,
et surtout à l'époque où les Insubriens et les Boïens envoyèrent des députés aux Gésates qui habitaient le pays situé entre le Rhône et les Alpes. Il sortit alors de e^ provinces une armée nombreuse qui fut vaincue sur les rives du P6 par les consuto Paul>Emile et Attilius» Deux ans après les Gésates envoyèrent encore 80 mille hommes au secours des Insubriens ; mais ils furent de nouveau battus et repoussés sur tous les points'. Les Romains allaient les poursuivre dans la Gaule lorsque apparut le célèbre guerrier dont les exploits n'ont été effacés ni par ces dêvat grandi noms qu'un siècle ou 9ièeU
I J*al suivi Ik tort la vieille opinion qnifidt partir, en oe-temps-là, le Bnan des Gaulois et ws goeirten desbotdsde h Seine. M. Amédée TbioRy, pins oompélent «o cette matière, en 6it tout bonnement des Cisalpins descendant des compagnons de Bellovèse qui , se Ironvant trop à l'étroit snrlenr terriioiie, songent à en lecnler les limites, tombent sur l'Ëiniiie ad nooibie de liente mille, et assiègent ensuite le Capilole. Mais il Itat voir le P. Foninier (HMoire étt A}pe$ MarUimei , !• part, aect. 6.), mettant à cootittmtion son émditton énonne à cette lin d'établir ooe le eiief gaulois régnait sor l'Embranais, sor le Gepençais et sar on grand nombro de cités en deçà des Alpes ; <ine c%at dans nos contrées qu'il leva cette armée formidable qui occupa Rome et assiégea le Capitole ; et que l'histoire de Camille n'est qu'on conte inventé par l'amour propre romain.
• Polybe i liv. ii , ch. 4. — Pline , liv. m , ch. iO.
NOTES
annonce t ni parle nom plnft grand encore dont les travaax contemporains ont fuit pâlir ceux de l'Hercale de Tyr et de l'Hercale de Béotie, Annibal arrivait !
(218 av. J.-G.) Étal de U civilisalion aa leofs d'Annibal.
Nous avons vu an temps du premier Hercule les habitants des Alpes occupés à dévaliser les passants. Quinze cents ans d'intervalle n'avaient pas beaucoup hâté le progrès social dans cette âpre contrée, et si nous en croyons Polybe , on n'y voyait ( dans le Briançonnais , sans-doute), que des cabanes informes dispersées ça et là; que des hommes d'un aspect sauvage et féroce dont la crinière hérissée glaçait de crainte les soldats d'AnnibaU Consolons-nous: Rome, l'orgueilleuse maîtresse du monde « ne fut^eUe pas fondée par une troupe de bandits ?
[2iS av. J.G.) Passage d'Auiibal dans les Hautes-Alpes.
J'ai peut-être glissé trop légèrement sur le passage d' Annibal dans les Alpes. Je répare une paiiie de mes torts en traçant ici son itinéraire d'après l'opinion la plus suivie , et en feisant connaître comment un historien indigène a cherché à enlever à la ville de Gap l'honneur d'avois fourni des vivres pendant trois jours à ce héros eti son armée.
Annibal entre dans le département des Hautes-Alpes
170 Nom<
du côté de Rosans , il trayene ensuite les territoires de Serres, — ville sans nom dans rantiqnité ;
de Mons-Seleucus, — La Bàtie-Mont-Saléon ;
de Davianumy — Veynes ;
de Fines t ~I«a Roche-des-Arnauds ;
(Tons pays appartenant aux Voconces).
Il se rend ensuite
à yapincum , — Gap , capitale des Tricoriens. Dans cette ville Annibal trouve assez de vivres pour nourrir son armée pendant trois jours.
De Gap il entre dans le pays des Caturiges , et il passe à letodurtm , — Avançon , La Rochette ou La BÀtie-
Keuve ;
à Caturiges , — Chorges ^
à Ebredunum , — Embrun ;
à Romo, — Aujourd*liui en ruines ;
à Brigantium , — Briançon ; et enfin au Mont-Genèvre , après s'être égaré dans les gorges du Val-des-Prés , dont il sortit par le liameau des Alberts.
Le P. Foumier , né à CeiUac et de plus jésuite au collège d'Embrun , a touIu enlerer à la ville de Gap la liveur d'avoir secouru Annibal dans sa détresse. A cet effet, de Saint-Paul-Trois-Châteaux il fait descendre le iiéros de Garthage à Pertuis ou à Sisteron où il trouve la Durance ; il lui fait remonter cette rivière jusque vers Tallard. Ici les Barbares tentent de s'opposer à son passage. Ensuite il le feit passeir à Lettret et traverser sans difficulté l*£7eftliis de Vjéne, sur laquelle ses élépbants durent quelque peu broncher ; Annibal passelaLuyeà la Madelaine , quitte les bords de la Durance pour suivre
NOTES. 171
la vallée de TAvance , et va camper à Cboiges. Gap est ainsi laissé de oAté, et Embrun, où parvient enfin Annibal, est la ville où il se repose et où son armée est
nourrie pendant trois jours*. Pour les personnes qui connaissent le pays , Topinion du P. Fournier n'a nul besoin de commentaire.
(5$7— Salooias et Sagittaire. IbcutsIoqs des Lombards.
I*ai pensé qu'il convenait de donner plus de développement à cet épisode de Vhistoire locale . dont Grégoire de Tours nous a fait connaître les principaux traits.
Une fois en possession de leurs évêchés , dit ce saint évéque» Salonius et Sagittaire commencèrent à se signaler avec une fureur insensée par des usurpations» des meurtres , des adultères et d'autres excès. Un jour que Victor,
évêque des Trois-Châteaux , (Saint- Paul-Trois-Châteaux) célébrait la fête de sa naissance , Salonius et Sagittaire , à la téte d'une troupe armée d'épées et de flèches, vinrent fondre sur lui , décbirèrent ses babits , tuèrent ses serviteurs , enlevèrent les vases et tous les apprêts du festin , et laissèrent l'évèque Victor bonteusement outragé.
(567.) Le roi Gontram, instruit de cet événement convoqua un Synode à Lyon. Les évéques , réunis sous la
* msMre det Alpes muiUmes au CoUiennes , et parHeulièrement d'Amtnm, leur mèfn^^taine, part. scct. 8*.
4 72 NOTES
présidence de Saint-N isier , dont Salonius et Sagittaire avaient été les disciples , les reconnurent coupables et
les' privèrent des honneurs de l'épiscopal. S'étant rendus à Rome , avec la permission de Gontram , le Pape Jean 111 les rétablit sur leurs sièges ; mais ce qu'il y a de plas déplorable, ajoute le saint évéque de Toars, c'est qne Salonius et Sagittaire ne s'amendèrent nullement * et se livrèrent de jour en jour à de plus grands crimes. Dans leur colère , ils sévissaient contre leurs concitoyens , et ils en frappèrent plusieurs jusqu'à effusion du sang. La clameur du peuple arriva de nouveau jusqu'au roi , et Gontram leur ordonna de se présenter au palais. Quand ils furent arrivés, il ne voulut pas qu'ils parussent devant lui ; ils furent soumis à un interrogatoire préalable afin de s'assurer s'ils étaient dignes d'être admis en sa présence. Sagittaire s'émut alors d'une violente colère; et s'abandonnantà uu fluz.de paroles déraisonnables 9 il se mit à déclamer contre le roi et à dire que ses fils ne pourraient lui succéder au trône, parce qne leur mère avait été prise parmi les servantes pour entror dans le lit royal. Gontram l'ayant appris , fut vivement irrité; il leur enleva leurs chevaux, leurs serviteurs et tout ce qu'ils possédaient, et ordonna de les enfermer dans des monastères éloignés, avec défense de ne laisser approcher personne pour les visiter.
Ën ces jours-là , les deux fils du roi vivaient encore. L'ainé tomba malade : alors les familiers de Gontram lui dirent: si le roi daignait écouter favorablement les paroles
de ses serviteurs , ils feraient entendre leur voix à ses oreilles? -Parlez, dit le roi.— Si Salonius et Sagittaire avaient été condamnés à l'exil quoique innocents ; si le
nom
péché du roi retombait sur un autre » et qoe, par suite ,
le fils de noire seigneur vînt à périr?— Allez bien vite , leur dit-il, relâchez-les, et suppliez-les de prier pour * nos petits enfants. ~ Ceux-ci partirent, et les deux évêques furent mis en liberté. Sortis de leurs monastères « les deux frères se réunirent et s'embrassèrent, puis ils retournèrent dans leurs Tilles épiscopales tellement pénétrés de repentir qu'on les voyait sans-eesse jeûner , faire Taumône , lire pendant le jour les poèmes de David , passer la nuit à chanter des hymnes et à méditer des leçons. Mais cette sainteté dura peu, et ils retournèrent à leurs anciens égarements. Ils passaient la plupart des nuits à festiner et à boire, et tandis que les clercs chantaient les matines dans les basiliques de Gap et d*Embrun, ils demandaient des coupes , faisaient des libations de vin, ne parlaient plus de Dieu, et ne songeaient plus à dire leurs heures. Quittant la table au relourde l'aurore , lisse couvraient de vêtements moelleux , et dormaient ensevelis dans le vin et le sommeil jusqu'à la troisième heure du jour. Sed née mtilteres deerani ciim gut&us polluerenfur ; puis ils se levaient , prenaient le bain , se mettaient à table et n'en sortaient plus que le soir: alors ils s'empressaient de commencer leur souper qui, comme je Fai dit , se prolongeait jusqu'au lendemain. Telle était leur vie de tous les jours, jusqu'à ce que la colère de Dieu vint fondre sur eux.
(579.) Kn la 18* année du règne de Gontram,un concile se rassembla à Chàlon-sur-Saone par ordre de ce prince. On y renouvela l'ancien procès contre Salonius et Sagitteire : on les accusa non seulement d'adultères , mais encore d'homicides et d'être coupables de lèsemajesté ; ils furent de nouveau dépouillés de Vépiscopat ,
474 ROTBS*
et renfermés dans la basilique de Saint-Marcel dont ils parvinrent à s'échapper : ils errèrent ensuite en divers lieux » et d'autres évéques furent mis à leur place*.
( 5€S— 570.) Pendant le» premières années de leur épiscopat , une peuplade germanique qui nous est connue
sous le nom de Long-Bards, ou mieux encore , de Lombards , fondit sur l'Italie en l'année 568 , conduite par son chef Alboïn qui fixa sa résidence à Pavie. De là Alboïn jeta un regard de convoitise an delà des Alpes « et tenta la conquête de la Gaule méridionale. La première descente des lombards dans la Burgondie date de Tannée 870: on ignore sur quel point ils reffectnèrenl. Ils battirent Amatus , patrice romain , et repassèrent les Alpes chargés de butin , emmenant avec eux des milliers de captifs y parmi lesquels durent se trouver un grand nombre d'habitants de Gap et d'Embrun , car*parmi les lieux ravagés , le P. HarcelHn Fonmier place ces deux villes épiscopales en première ligne. Mais la Burgondie possédait un guerrier célèbre et deux prélats belliqueux qui devaient effacer cette honte. Les deux prélats étaient Salonius et Sagittaire; le guerrier, £nnius surnommé Mummolus , fîls du comte d'Auxerre. Gontram le nomma patrice et lui confia le commandement de la guerre conire les Lombards dans le cas où ces barbares descendraient de nouveau en Burgondie.
' Grégoire de Tours, liv. V, di. SI ot 88.
Emeritns succéda à Salonius au siège épiscopal d'Embrun » et le grand Ariglus (saint Arey) au siège de Gap.
NOTES
( 572. } BaUille de Musticatoes , près d'Embruu.
Us n'y manquèrent pas. Au printemps de l'année 87S plusieurs de leurs bandes réunies sous un chef particulier,
montèrent le long de la Doire jusqu'au Mont-Genèvre , de la brèche duquel ils se précipitèrent dans la vallée de la Durance , suivant le cours de cette rivière jusqu'à Mus- UealmeBj lien que Ton présume être le Plan-de-Phazi au dessous deMont-Daupbin, et que l'on indique comme étant dans le voisinage d'Embrun. Là ils firent halte. Mummole, prévenu de leur descente et déjà prêt à les recevoir, ne leur laissa pas le temps de se remettre en marche; il s'avança avec deux corps de troupes dont l'un, remontant la Durance jusqu'auprès d'Embrun , intercepta aux Lombards , par des abatis d'arbres et de rochers, la route de Gap, tandis qae l'antre» fondant à l'improviste sur leur flanc par des sentiers détournés à travers les montagnes , les attaqua avant qu'ils eussent pu se mettre complètement en défense* Le frros de leur bande lut égorgé; ceux que l'on fit prisonniers furent envoyés au roi Gontram qui les dispersa en différents lieux de son royaume. Quelques uns seulement parvinrent à s'échapper et portèrent à leurs compagnons la nouvelle de leur défoite.
En cette bataille mémorable figurèrent aux premiers
rangs Salonius et Sagittaire , « tous deux évéques, (dît « Grégoire de Tours), qui, non pas munis de la croix « céleste , mais armés du casque et de la cuirasse du « siècle , tuèrent, dit-on, ce qui est pis encore, plusieurs « ennemis de leur propres mains. » C'est là le premier exemple de prêtres chrétiens allant à la gnerre pour y
AOTES.
▼erser du sang. Sagittaire contracta en cette occasion une liaison intime avec.Hnmmole; aussi le retrouve-t-on
bientôt engagé avec celui-ci dans une entreprise des plus aventureuses.
(S73— 576. ) ie ne suivrai pas le patricedi Estooblon où il défit Tannée suivante 98 mille Saxons qui avaient également franchi les Alpes, non plus qu'àBez où il extermina
de nouveau les Lombards , en 576, et sur les bords du Rhône où il permit à 200 mille nouveaux Saxons de passer le fleuve après avoir reçu une rançon de leurs chefs.
( m. ) Balailie d'Eidirai.
Mais la nation des Lombards s'étant levée tout entière an printemps de 876 , arriva au Blont-Genèvre divisée en trois corps , et ne rencontra aucun obstacle dans la vallée de la Durance. Les malheureuses villes de Briançon , de
Rame, d'Embrun et de Gap furent de nouveau occupées par les Barbares. Do cette dernière ville, deux de leurs chefs Zaban et Rhodane prirent la route de Grenoble ; Aroo, le troisième, s'avança dans la Provence où il enleva les troupeaux qui paissaient dans la Grau d* Arles. Zaban va ensuite asseoir son camp sous Valence , tandis que Rhodane assiège Grenoble. Munimolc accourt et bat celui-ci sur les bords de l'Isère. Rhodane avec les débris de son armée va joindre Zaban qui lève le siège de Valence , et reprend avec son compagnon le chemin de ritalie en descendant vers Avignon et remontant ensuite la Durance. Le patrice suit une route plus directe, arrive avant eux à Embrun et les défait complètement sous les murs de cette ville. Cependant les deux chefs et un petit «ombre de soldats parviennent à s'échapper par le Mont-
MOTBS.
Cenèvre ; et Amo épouTanté , rentre également en Italie
par un autre chemin. Celte incursion des Lombards fut heureusement la dernière.
( SS5. ) iKt luMle «t le 8^ittlin.
Treize ans s'étaient éoonlés depnb la bataille de Hosti*calmes où les deux frères Salonius et Sagittaire avaient
occis de leurs propres mains tant de barbares mécréans. On se souvient qu'après l'expulsion définitive des Lombards, ils avaient été condamnés à une prison perpétuelle et qu'ils étaient paryenns à s'échapper de la basilique de Saint-Marcel dans laquelle on les tenait enfermés. Que devinrent-ils après leur fuite? Quant à l'évéque d'Embrun, le chroniqueur George-l lorent- Grégoire n'a pas pu ou n'a pas voulu nous l'apprendre ; mais le saint évéque de Tours n'a pas perdu de vue le valeureux Sagittaire et ne l'a quitté qu'au moment suprême où le glaive trancha le fil d'une vie si tnmultueuse.~En l'année 885 une étrange scène se passait dans une cabane vers les Monts-Pyrennées. Cette cabane était entourée par de nombreux soldats qui en faisaient le siège : un guerrier seul y était enfermé et se défendait vaillamment. Après avoir long-temps résisté aux attaques des assaillans, il tente un effort désespéré et s'élance hors de la cabane : deux soldats lui perçent les flancs de leur lance ; il tombe et meurt. A cette v4ie, un évéque qui se trouvait en cet endroit , tremble saisi de crainte. Ln de ceux qui étaient présents lui dit : • Vois toi-même évéque ce qui se passe ! < Couvre-toi la tète pour n'être pas reconnu ; gagne la t lorét , et restes-y caché quelque temps jusqu'à ce que « la colère du roi s'apaise et te permette d'échapper. »
NOTES
L'évéque sait ce conseil; umis tandis qu'il s'efforce 4e loir, quelqu'un tirant son glaive lui abat la tête avec le
capuchon dont elle est enveloppée ! — Le premier était le patrice Mummole; le prélat n'était autre que Sagittaire, l'ancien évêque de Gap. Ces deux vainqueurs des Lombards, traîtres au roi des fiurgondes qu'ils avaient jadis si vaillamment défendu , venaient de recevoir le prix de leur félonie'.
On éprouve un sentiment pénible en reproduisant le double tablêihi des désordres auxquels se livrèrent les deux évèques des Alpes : Grégoire de Tours ne s*est nullement géné pour le tracer. Son cœur était pur , mais nos oreilles sont fort délicates. Toutefois je n'ai pu m'empécher de rapporter les turpitudes de Saloniuset de Sagittaire parce qu'elles lèvent un coin du voile qui couvre l'étal des mœurs et des coutumes dans nos contrées vers la fin du VI* siècle. Ainsi l'on voit que la discipline ecclésiastique s'était considérablement altérée sous la domination des conquérants germains. Le luxe des vêtements , la somptuosité des festins, les délicatesses d'ane civilisation avancée purent se montrer à cette époque barbare dans les villes de Gap et d'Embrun, où Ion trouvait sans doute'aussi le moyen de satisfaire ce complément de débaucbe qu'a décrit en termes forts nets le saint évéque de Tours , et que je n'ai reproduit qu'avec crainte en présence du clergé de nos jours, si pur dans ses mœurs et si réservé dans sou langage.
* Grégoire de Tours , liv. vu , ch. **8 , 3i , 57 , 38 61 39.' Uisloircde la Gaule méridionaW sous les conquéranU Qemainii (cm. 2,ch. XV et xvi.~Le P. Fournier, UitMrede$ÂlpetMwH*mtif part. 1 , sect. 12.
nom. 179
Nos ehroniqoears gapençais , en parlant de Sagittaire ,
n'ont fait qu'abréger le récit de Grégoire de Tours et l'orner de salutaires réflexions ; mais aucun d'eux n'a fait mention de sa mort tragique : ils ont seulement ajouté qu'il était parlé de lui et de son frère dans les actes du 4* coueile de Paris tenu en l'année 575.
Est-il bien sûr qu'après la défaite des Lombards dans les Hautes-Alpes , plusieurs d'entre eux traversèrent la Durance, se réfugièrent derrière des replis de montagnes presque vis-à-vis de GuiUestre, et y bâtirent une maison qui s'appela dans leur langue , matsoti de DormU^ laquelle plus tard devint le bameau de DarmUlMutef M. de Ladoucelte l'assure * et je ne crains pas de me rendre sa caution , bien qu'il ne cite aucune autorité à l'appui de son assertion. Nos hautes vallées et nos âpres montagnes ont toujours servi de refuge aux vaincus et aux proscrits de toutes les époques.
V«te ll« puce tS*
(579-m.)Stiitlny, ia«<fé|Mle6ap.
Après avoir retracé la vie désordonnée du prédécesseur d*Arigius ( saint Arey ) nous ne pouvons laisser dans rombre les merveilles opérées par ce pontife, etsorlont
*h C. p. LadoneelteyflïffoAv» Antiq, ek», de$ BÊUliê'Âlpeii S* édition, p. 257. — DormiUioiise <m Donnllloiiae est on iiameau delà oommine de Freiasiiuères.
80 NOTES
les détails de son voyage à Rome, au sujet duquel Juvenis
a déployé tant d'érudition.
Arigius naquit à Gbàlon-sur-Saone Ters le milieu du yf siècle. Apocrasius , son père , et Sempronia , sa mère, d'une illustre famille gallo-romaine, Toffirirent à Dieu lorsqu'il eut atteint sa douzième année , et le conHèrent au bienheureux Didier , évêquc de ce diocèse , qui avait fait la cérémonie de son baptême et qui l'adopta. Dans la suite , sa haute intelligence et la pureté de ses mœurs rélevèrent au sacerdoce , et le gouTemement de l'église de MorgeSf dans le pays des Arvernes, lui fut donné. Quatorze années s'étaient passées dans l'exercice de ce ministère, lorsque les vœux du clergé et des saints habUansde Gap, le portèrent sur le siège épiscopal de cette ville , devenu vacant par la déposition de Sagittaire (879).
L'on ignore si le saint évôqiic siégea en 603 au conciliabule de Cbàlon, où Brune-Hilde , encore belle malgré son &ge avancé , son ambition et sa vie scandaleuse , fit déposer le vertueux Didier , évéque de Vienne. Mais il parait certain qu'il parla hautement pour Didier, et que Brune-Hilde, n'ayant pas d'autre moyen de se venger, donna ordre de fermer les portes de l'église de St.-Marcel afin que Arigius ne put pas y entrer, Piotre évèque se prosterna à genoux devant Tune de ces portes, se mit en prières , fit le $igne de la croix , et à l'instant cette porte s'ouvrit pour donner entrée au fidèle serviteur de Dieu. Alors les rois Théodoric et Theodebert, pelil-fils de Brune-Hilde, lui envoyèrent des présents, qu'il rejeta avec horreur, disant que le Très-Haut repoussait les dons des méchants.
m NOTES, 181
Saint Arey avait assisté aufiaravant à divers conciles , et, entre antres an 9* de Maçon, tenu en 888. C'est
dans ce concile , Tun des plus remarquables de l'époque, qu'un évêque, de race barbare sans doute, osa soutenir que la femme ne faisait pas partie du genre humain,'; qu'on ne pouvait pas l'appeler homme, A cette proposition insolite l'indignation fut grande dans l'assemblée ; on ent recours à l'Écriture, et ce fut «aint Arey peut-être qui trancha la question en montrant à l'évéque Sicambre ce passage du livre de la Genèse où il est dit qu'au sixième jour Jehovah créa Vhomme , et qu'il le créa mâle et fenielleXes pères du concile, appartenant pour la plupart à la famille gallo - romaine , imposèrent au Burgonde le paiement de la dime sous peine d'excommnnication , et l'obligèrent de faire une profonde révérence à tout clerc engagé dans les ordres sacrés, chaque fois qu'il en rencontrerait : si le clerc était à pied et le Burgonde achevai, celui-ci était tenu de descendre pour rendre au ministre de Très-Haut les honneurs qui lui étaient dus. On 6ta aux avocats la faculté de plaider le dimanche, et Ton défendit à tous les habitants de la Burgondie de se livrer à des œuvres serviles le jour consacré au Seigneur. Ainsi l'Eglise domptait la barbarie et suivait son œuvre civilisatrice. Le saint roi Gontram qui avait un respect sans bornes pour ses décisions, se hâta de confirmer par un édit les canons du â*' concile de Maçon
L'auteur contemporain de la vie de saint Arey publiée
* Philippe Labbe, Sacro sancla Concilia, 5« vol. p. 988.— Bcraud- Bercastel , Histoire de VJSgliHy ch. S, p. 474.
par le P. Pai ebroëk, très-savant boUandiste , a iignalé plusieurs miracles dus à rintercession de notre éréque. Je me borne à rapporter les suivants :
l** Saint Arey chasse les démons qui s'étaient emparés de réglise de Saint-André située hors des murailles de la viUe.
9* Il délivre le territoire de Gap d'un énorme sanglier qui le dévastait , et d'un serpent monstrueux qui menaçait la vie des passants.
3« S*étant rendu au temps de la fenaison dans les^ prairies du domaine épbeopal, il voit un des faucheurs qui se reposait sous le prétexte d'une extrême lassitude. Mais cet homme se trouvait sous l'empire du démon : un serpent Tenlace , le mord et lui fait jeter des cris perçants : saint Arey accourt» fait le signe de la croix sur les plaies du démoniaque , et ce misérable se relève entièrement guéri.
4* Deux lépreux s'étant présentés à la maison épiseo-
pale , notre saint les reçoit avec joie , les enveloppe d*un suaire , lave leurs pieds , prépare leur lit , ne cesse pendant trois jours de visiter leur tète, leurs mains, leurs pieds , de les arroser de ses lannes , eti il les guérit le jour de la Sainte-Gène.
5^ Saint Arey allait souvent visiter les paroisses de son diocèse situées au-delà de la Durance. L'ne nuit qu'il traversait cette rivière dans une faible nacelle , le démon détache de la montagne voisine un bloc énorme afin de briser la nacelle et d'écraser le saint ; alors un ange enlève notre bienheureux pasteur et le place siir ce même rocher qui , au lien d'être Tinstrument de sa perte 9., devient instrument de son salut.
NOTES. 488-
Il est temps d'arriver à l'époque la plus saillante de son épiscopat.
Il n'est pas un habitant de Gap qui n'ait soment porté ses regards vers ce monticule situé à Torient de la ville , si triste « si dépouillé de verdure , et qui, dans la saison des fleurs, contraste d'une manière si tranchée ayec les coteanx de la rive droite de la Lnye. Il existait jadis an sommet de ce monticule une église dédiée an martyr saint Mamert, dont, par contraction, nous avons fait Saint- Main , où saint Arey se rendait souvent pour prier avec son lecteur Probus» Un jour , c'était après la mort de saint Grégoire-le-Grand qui honora notre évèque de son estime et de son affection , un jour, saint Arey montait, à Saint-Main en la compagnie des anges , lorsqu'il aperçnt autour de la fontaine des Anes , qui suinte encore près de la route départementale , une troupe de démons qui s'entretenaient des maux qu'ils avaient suscités aux mortels de tout âge , de tout sexe et de toute condition. Le pape lui-même n'avait pu se soustraire à leurs embûches , car l'un de ces esprits infernaux s'applaudissait d'avoir fait tomber le pontife de Rome dans un péché d'incontinence dont l'espèce est restée inconnue. Or , c'était la veille du jeudi-saint que le pape se trouvait dans cet état malheureux ; le lendemain il devait célébrer la messe et faire la cérémonie des sainles-liuîles. Saint Arey , usant de l'empire suprême que le créateur avait accordé à son innocence , et d'après les conseils des célestes intelligences qui l'accompagnaient, commande aussitôt à ce démon de le porter à Rome. Contraint d'obéir , 1 esprit malin lui répond par le distique suivant, lequel dénote un assez bon diable :
184 nom.
Signa te signa lenvere me tangis et angis ; Roma tibi subito motibus ibit amor
Après avoir cité ee distique qui Tenait de paraître dao»
Gap pour la première fois , l'auteur d'un manuscrit invisible ayant pour titre : La procession du Saint- Sacrement de l'année 4744, ajoute: « Ces deux vers avaient donné
• de la tablature à nos philologues: Monseigneur de « Gondoreety avoit perdu son latin; il» avaient lassé la
• patience du docte abbé Levens , premier chantre et r maître de musique de la cathédrale ; messire François « Barbier • notre premier consul , n'osait avouer qu'il « n*y entendait goutte; mais l'érudition de M. le chanoine
• Tardien ; député de l'université auprès du conseil par-
• ticulier de la ville et communauté , étoît venu à bout « de comprendre le sens de l'œuvre diabolique , et de « découvrir que le distique pouvait être lu et entendu en « commençant indififéremmenl par la première ou par la « dernière lettre de chaque vers. >
Le démon fît une diligence telle que notre bienheureux prélat put arriver à Rome avant le commencement de la cérémonie ; il se présenta en pénitent au souverain pontife et lui demanda sa bénédiction ; puis l'ayant tiré à l'écart , il lui raconta les événements de la veille* Le pape , extrêmement surpris de cette ouverture, s'humilia devant le Seigneur , se confessa à saint Arey , en reçut Tabsolution , et , étant ainsi rentré en grâce , il put
« Je dols-lUfe remarquer id que ce distique ne se troave ni dans leiédtdeJofento» ni dsas celai des BoUsadiales; mais il est Idie- Bunt afifUcabie à Teipèce qae je pu me dispenser de le Iranscrire.
NOTES iSli
saiotemeot célébrer la messe et consacrer les sainteshuiles.
Si l'Indifférence ou Tincrédulité du siècle tournaient en dérision ces Uâts miraculeux , j'ajouterais , avec Juvenis , que la tradition de l'église de Gap les tient pour constants; que les anciens bréviaires manascrits et imprimés les
ineitiionnent, et que le cardinal Henri de Suze, archevêque d'Embrun, les avait lus dans une vie de saint Arey qui n'est pas venue jusqu'à nous. Du reste, le voyage aérien de notre bienheureux prélat n'étant pas imposé à notre intelligence comme article de fol, le lecteur bénévole excusera sans peine les mots hasardés et les teintes d'ironie qui auraient pu échapper au narrateur.
Le retour de saint Arey dans son diocèse présente une circonstance si extraordinaire que j'ose encore en essayer . le récit.
La ville de Gap, inquiète de ce qui lui était avenu depuis sa miraculeuse disparition à travers les airs, le vit arriver un jour sur un chariot traîné par un bœuf et par un ours. L'étonnement fut immense au sein de la cité; mais voici ^explication de cet étrange accouplement* K'ayant plus à ses ordres l'esprit infernal sur les épaules duquel il s'était perché pour se rendre à Rome, notre prélat se pourvut d'un chariot sur lequel il plaça ses petites hardes, un morceau des souliers de la sainte Vierge, des reliques des apôtres saint Pierre et saint Paul, et quelques volumes. Deux bœufs furent attelés à son char ; mais, lorsque d'un pas pesant ils eurent à Iranchir l'Appenin, un ours sorti du fond d«« bols se jette sur l'un des paisibles quadrupèdes et le dévore. Aussitét Arigius lui commande de se
NOTES
placer sons le joug el de faire le sénriee de rinneeenle ▼icUme de sa voraeité : l'oars s'empresse de ooarbér la téle, se laisse doeUcment attacher au brancard, et traine
le chariot jusqu'aux portes de la ville. Ensuite, cet animal, dont le caraclèrc s'était singulièrement adouci, se retire dans les montagnes d!Oureières; il y demeure tranqaiUemeDt jusqu'au moment suprême où notre saint évéque va reeevoir dans le ciel la récompense de ses mérites, ou bien , pour m'ezprimer comme la légende , jusqu'au moment où l'Orne d'^rigius fut tirée de son corps et portée au ciel par les anges, et que Jésus-Christ , accom- * pagné d'une troupe rayonnante de ces glorieuses inteUi» gmtut^ le reçut dans m gloire. L'ours quitta alors sa paisible retraite, arriva à Gap sans éncombre , se rendit k l'église où saint Arey venait de trépasser , se plaça près de son corps , et marcha ensuite devant le cercueil dans la cérémonie des funérailles. Chaque année au mai , jour de l'anniversaire de la mort du grand Arigius , le fidèle animai ne manquait pas de venir à Gap et d'assister à la fête ; il continua de la sorte sa vie durant , ce qui causait une joie indicible aux bons habitants de la ville , qui s'empressaient de lui donner à manger. Tous, furent témoins de ces prodiges multipliés.
Le docte Jttvenis , craignant que l'ours de saint Arejr n'ezcifêt plus que de la surprise parmi ses contempo»
rains et ses compatriotes , se hâte d'ajouter à son récit que l'auteur des fragments de la vie de notre prélat en parle comme d'une chose qu'il avait vue lui-même. Du reste , cette histoire ne peut paraître invraisemblable qu'à ceux qui n'ont pas lu la savante dissertation à laquelle notre auteur s'est livré afin d'en établk
NOTËS.
rantlienticilé. S09 érudition lai fournil une foule d'exemples du pouvoir donné par le créateur à ses senriteurs les plus fidèles , au nombre desquels se trouvait assurément le grand Arigius; et si la foi du lecteur aux prodiges opérés par son intercession pouvait être ébranlée , c'est à Juvenis que je le renverrais pour la raffermir.
Quoi qu'il en soit , il est certain que saint Grégoirele-Grand ne cessa île témoigner à saint Arey la haute estime , l'extrême confiance et la tendre amitié qu'il lui ^vait inspirées, comme on peut le voir dans les œuvres de de ce pontife ; et que la réputation de sainteté de noire évéque se répandit non sc{ulement dans cette partie de la Burgondîe qui prit plus tard le nom de Dauphîné, mais encore dans la Provence et le comté de ISice. Plusieurs églises furent élevées en son honneur dans les diocèses de Grenoble, d'Embrun et de Gap. Près de cette dernière ville on voyait autrefois un couvent de saintÂrey à Tendroit que l'on nomme la Cbapelle , et qui était desservi par des chanoines réguliers de saint Augustin. La vie de notre ancien patron était fidèlement représentée sur les murs du presbytère d'Auron au comté de ISice , où une église lui était dédiée , comme l'est encore en ce moment celle de la ville de Serres. Enfin, partout on célébrait le i*' mai la féte de cet illustre confesseur. Dans notre ville , son culte a été fort négligé depuis que son émule en mérites , le grand saint Amoux , est devenu le patron du diocèse. On y voit bien encore quelque apparence de fête le 5 mai et non le 1'^ ; mais en ce jour , tout se passe sans éclat dans l'intérieur de l'église , et le peuple se livre au travail comme les autres jours de la semaine.
Toutefois nous ne devons pas omettre qu'un buste de
NOTES
saint Arey fut placé, il y a pea d'années , par l'un de nos derniers prélats, dans ce pilier de la cathédrale où figure le bon pasteur. A la vérité relfigied'Arigius accuse le ciseau du statuaire, mats elle montre de quel zèle était animé, pour
le culte de nos saints patrons , le digne successeur de ce grand nombre d'évôques qui ont honoré l'église de Gap. Celui-ci, non content de veiller sur la génération présente, étendit sa sollicitude sur les générations à venir en consacrant ses revenus et peut-être son patrimoine à fonder les établissements les plus utiles; il sembla résumer en sa personne la sainteté des Constantin et des Ampux, la science des Artns de Lionne et des Annet de Pérouse , rhnmilité des Berger de Malissoles , le désintéressement des Bertrand de Laoncel , la vigilance des Caritat de Condorcet , et la rigidité de mœurs des La Broue de Vareilles. t Quels égards pour les magistrats dont les droits • s'exerçaient à côté de ses droits , les fonctions à côté « des siennes ! Nul mieux que lui ne comprit que TEglise, « étrangère à toute politique humaine, sans autre dra- « peau que la bannière du Christ , poursuit son œuvre « de régénération et d'amour à travers les peuples et les « gouvernements , n'importe de leur constitution et de « leur formel > Le lecteur a déjà prononcé le nom de Mgr. François-Antoine Arbaud que la ville et le diocèse de Gap eurent le malheur de perdre le jour de Pâquesfleuries, VI mars de l'année 4896.
* Oraiton /unèftr« pronoooée le 18 avril 1836 , par M. JuUien , curé de Gap.
rtarts. 189 Note pas* 19.
(916^918.) Invasion des Sarrasins et caplivilé de sainlHayeul, abbédcCluny.
- Le F. Harcellin Foarnier nous a aassi donné les détails de la captivité dn saint abbé de Gluny.Comme la relation
du savant jésuite diffère en quelques points de celle publiée par M. Reynaud , nous la transcrivons en entier. On verra comment , avec le secours du ciel , saint Mayeul parvint à inspirer du respect aux Sarrasins qui le retinrent captif dans nos montagnes, après le désastre du pont d'Orcières , IV>ns UnariU
« L'empereur Othon l"" commença son règne en 962 ; il aimait passionnément ce saint abbé de Cluny , et il remploya en des commissions saintes et glorieuses ; après quoi il quitta la cour impériale , et se retirant en France » il suivit la route des Alpes-Maritimes et Gottiennes, sachant que les Sarrasins tenaient les passages des Alpes- Grecques. Toutefois , comme il n'y avait guère de sûreté en tous ces pays , le saint se mit en compagnie d'un très grand nombre de personnes de diverses nations qui s'étaient aussi assemblées pour traverser ces Alpes avec plus de sûreté. Mais, comme cette troupe n'était ni assez grande ni assez aguerrie pour résister aux Sarrasins qui avaient nne juste armée qui les attaqua dès quMls eurent passé le plus haut de ces montagnes , d'abord cette multitude de voyageurs prit la fuite au premier choc ; mais les Barbares suivirent de si près les fuyards qu'ils les attaquèrent, et les ayant pris, ils les chargèrent de chaînes • Dans ce désordre, le saint abbé donna une grande marque de sa charité et de son courage. Il y
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avait un de ses valets qui était proche de lui dans celte troupe; il aperçut qu'un de ces infidèles Valiait percer avec une javeline ; le saint opposa sa main au coup , et il ne douta point de se hasarder à être blessé , comme 11 le fat en effet & cette main dont il divertit le coup pour sauver la vie à son domestique. H lui était aussi fort heile de se sauver dans ce désordre ; mais au lieu de songer à s'échapper par la fuite , il ne pensa qu'au salut de la multitude ; il recourut à Dieu par sa prière , et il obtint la vie de cette troupe.
« Les Barbares doncques ayant cessé le carnage et
s*étant seulement contentés de mettre aux fers tous ceux qui ne purent pas se sauver , ils virent , en se retirant, Mayeul assis sur une pierre. D'abord ils retournent sur leurs pas , ils le prennent, ils le <;hargent de chaînes « ■et l'ayant mis avec les autres captife , ils le mirent dans un cachot, oiis*étant endormi, il vit pendant son sommeil le pape vêtu ponlificaleraent qui tenait un encensoir en main , ce qui lui fit comprendre qu'il serait affranchi de la cruauté de ces impies parla «aveur de saint Pierre et ^e saint Paul. 11 s'adressa après cela à la sainte Viei^ , et U la supplia très instamment de procurer sa délivrance -et celle de ses compagnons afin qu'ils pussent assister à la solennité de TAssomplion , qui devait être dans un mois. Il s'endormit sur celte prière , et , à son réveil , il il se trouva sans fers , ce qui surprit ses gardes de telle manière qu'ils commencèrent à avoir de la vénération pour lui et à relâcher de la rigueur et des mauvais traitements qu'ils exerçaient auparavant sur sa personne*
« Il écrivit à ses religieux sa captivité et celle de ceux qui étaient venus avec lui, et 41 leur demanda de travailler
nom, 191
à sa rançon et à celle de tous les autres captifs. Ces charitables moines, poussés du même esprit que celai qui animait leur père , s'employèrent avec tant de zèle pour cette délivrance qu'ils ne sollicitèrent pas seulement
la charité des gens pieux «t dévots , mais encore ils retranchèrent ce qui leur était plus nécessaire , ouvrirent leurs coffres , en envoyèrent l'argent qu'il fallait pour tirer des fers leur abbé et tous les autres qui avaient été pris avec lui. L'on compta ce qui avait été convenu pour la rançon aux infidèles; les chrétiens furent mis en liberté « et le saint voulut sortir après tous les antres , avec lesquels il fut solenniser la féte de l'Assomption , comme il avait promis à sa glorieuse libératrice.
« La justice divine qui avait permis cet accident pour manifester sa gloire dans son serviteur, ne laissa pas
impuni l'outrage que les Sarrasins lui avaient fait : elle inspira aux chrétiens le dessein de chasser ces Barbares des Alpes ; ils mirent des troupes sur pied ; ils les attaquèrent; ils les vainquirent, et, après en avoir tué une grande partie , précipité les autres des rochers , ils en prirent un bon nombre avec toutes leurs dépouilles que les vainqueurs partagèrent entre eux à la réserve des sacrés volumes du saint abbé qu'ils s'étaient retenus , et lesquels on lui renvoya. Plusieurs de ces infidèles se convertirent à la foi. Ainsi , dit Tauteur de la vie de ce saint , Dieu rendit libre le chemin de Rome par les mérites deson serviteur et par la dissipation de ces Barbares. Cette défaite arriva vers 970.' •
< Le P. Fouroier, — Histoire des Àlpes-Marilimes ou CoUienneSf liv. V, sect. xi« p. 324.
193 nom*
(1064 -1074.) Saiit ArMu', évé^ue et patroB defiap.
Hte 6>t qui niiltiim €nl pro |K»|Hilo et ||ro drlltle ista.
Saint Arnoux , né à Vendôme de parents illustres , consacra ses tendres années à l'élude des belles-lettres. Ses mérites le firent recevoir au couvent de !a Sainte- Trinité , fondé depuis peu d'années dans celte ville par Godeffroi, comte d'Aiyou, et la dame Agnès, son épouse. Vers Tan 1064 , le vénérable Oderic , premier abbé du monastère , se rendant à Rome , emmena avec lui Arnoux, son disciple chéri. Admis en la présence d'Alexandre II, qui occupait la chaire de saint Pierre, ce pontife ne tarda pas à reconnaître les éminentes qualités dont notre saint patron était doué , et il pria Odéric de le laisser entrer dans un couvent situé sur le Mont-Avenlin , où fl fut souvent le visiter* Saint Arnoux s'y trouvait encore lorsque les députés de la ville et du clergé de Gap arrivèrent à RoQie pour se plaindre de la simonie de Ripert et supplier le souvcrain-ponlife d'avoir pitié de l'état dans lequel se trouvait le diocèse. La prière des députés fut exaucée au delà de leur espérance, car le pape, trouvant que le bienheureux Arnoux , par la pureté de ses mœurs et sa haute sagesse , était le plus digne d'occuper le de Gap, le leur donna pour évèque.
L'équité qu'il montra sur le trône épiscopal l'exposa .souvent à des dangers et aux injures des méchants : il
< En langue firanke ou leatoniqoe, JETren-AtiJlf qui sigaifle éminemment seooonble ; en latin àxftnksikiÊM i dt en flvnçâis Anmx oo AtwmA,
HOTIS. 1^
$e vit dans la nécessité de lancer des censures ecclésiastiques contre eux, et entre autres, contre le seigneur de Gharance , nommé Laldet , qui avait maltraité un chanoine de la cathédrale. Ce seigneur mourut dans la suite écrasé par la chûte d'une poutre , après s'être livré à des violences contre saint Amonz lai-m^e.
Lorsque le bienheureux prélat eut reçu du pontife romain la crosse pastorale de l'Église de Gap , il partit aussitôt pour Vendôme. Avant d*entrer dans la ville » il aperçut sur les rives du Loir un enfont qui venait de se noyer en se baignant dans cette rivière ; alors le miséricordieux évéque, touché de compassion, couvrit le cadavre de son manteau, et soudain le Seigneur, voulant lui donner un témoignage de son amour, rendit l'âme à ce corps qui parut plein de vie aux yeux des assistants. C'est là le premier miracle dû à son intercession. Les habitants de Vendôme conservaient encore le manteau ou la cape de saint Arnoux au moment où le P. Mabillon écrivait son histoire.
Le second mii^acle fut la guérison d'un aveugle. Ensuite notre saint patron chassa Tesprit de ténèbres du corps d'une religieuse qui s'était souillée de plusieurs crimes. — Pendant qu'il consacrait l'église de Valemes, un impm* dent, perché sur le fatte de l'édifice, se laissa tomber et se brisa tous les membres : saint Arnoux étant accouru, le guérit entièrement. — Laidet, seigneur de Charance, avait osé lever le glaive contre son évéque et l'avait blessé profondément à un bras. Lorsque, sur les instances des * habitants de Gap , le corps de saint Arnoux fut retiré du sépulchre où il reposait depuis 50 ans, le bras fut retrouvé entier, et la chair qui l'entourait saine et adhérente aux os; mais on y voyait les traces de la blessure et de refîusiondu
sang comme si le coup venait seulement d'être porté. Cette saiBte reliqae, ajoote Tauteur da maniuerit de Vendôme, est encore exposée dans l'église de Gap aux re^rds de 'tous ceux qui désirent la Toir.
Le jour venu où le saint évéque devait mourir : t il '« rendit avec confiance son corps à la terre et son âme « an Ciel où les saints anges la portèrent , et où il reçut
< lés récompenses' de = la vie immortelle. —Auprès du <r tombeau où son corps reposa, les aveugles recouvraient « la vue, les sourds l'ouïe , les muets la parole; les « boiteux et les infirmes étaient rendus à la santé. A sa « mort une maladie cruelle cessa d'exercer ses ravages,
< et plusieurs hommes furent rendus à la vie'. »
(i2M-1282.) Traités inlerreHs peodaBt l'éplMoptl (TOthM fl.- Chilim ^piacopm mXDi'tikle.
Les traités intervenus pendant le règne orageux d'Othon
'II , à peine signalés dans le texte, sont assez importants par l'influence qu'ils exercèrent sur les événements de cette époque , et par la haute position sociale des parties eontractantes, pour que l'on ne soit pas fâché d'en trouver une analyse moins incomplète.
(13 aMm 1267.) Imiàkîuf, «stra révéfie et le AupUi. OthonU, voyant que les habitants de Gap n'étaient
* De sancto Amulpho , vita auctore anonymo.—Vie de saint Âmoul, par messire René Benoist, curé de Saint-Euslache de Pan&
NOTES. 195
pas très dbposés à reconnaltte son aatorité souveraine, se rendit à Corp , où l'attendait le dauphin Guignes XI , dans le courant de décembre 1357. te jour de sainte Luce , ces deux potentats se jurèrent une protection réciproque et un secours mutuel contre leurs ennemis , à la réserre, savoir, du côté de l'évèque , de notre saint père le pape et de l'empereur; et du côté du dauphin « de l'empereur et du comte de Proi^ence. il fut convenu que si le prélat avait 4 requérir les forces du dauphin , le gain qui proviendrait de la prise d*armes serait partagé entre eux ; que s'il acquerrait de nouveaux droits sur sa ville épiscopale ou ailleurs , ils partageraient encore en bons frères, à condition que le dauphin ferait hommage de sa portion à l'ËgUse de Gap,jivec l'agrément du comte de Provence, et qu'il obtiendrait du saint-siège la permission d'en jouir en sûreté de conscience. Puis, après avoir scellé de leurs sceaux cet instrument de notre servitude, les deux hauts et puissants soigneurs se séparèrent'.
(ti4éiMbnl271.) Mé ertn U fflle é % « b daipUae Béitrii.
Cette sainte ligue ne laissa pas que d'inquiéter les habitants de Gap ; aussi lorsque Guigues XI eut rendu son âme à Dieu , ils résolurent dans une assemblée générale , d'envoyer des députés à la dauphine Béatrix, tutrice des enfimts de Guigues, pour solliciter et payer sa protection. Il e«t à présumer qu'ils avaient Uài chois des plus nobles et des plus brillants chevaliers de la cité; car nos députés furent très bien accueillis par madame la dauphine.
496 ROTBS.
Toutefois, pour mêtCre^la ville de Cap sous sa saoTe-
garde , elle exigea en sa faveur les droits de cosse on de consolât qui appartenaient en propre aux habitants, et déplus les terres communales de Montalquier et de Purmeyer et l'abandon de divers antres droits. Ensuite , nos ambassadeurs prêtèrent bommage auxenfonts de Guignes, et s'obligèrent pour la ville de secourir en guerre les daopbins présents et à venir, avec centbommes d'armes à pied; l'acte en fut dressé le il décembre 1271
(19 déembn 1271.) Tnilé crtn «Iki cl Gbries liqM.
Otbon fut saisi d'une violente icolère lorsque leitraitè du 11 décembre vint à sa eonnaissance ; il est écrit dans
nos annales qu'alors il se livra à mille violences contre les citoyens de Gap. Abandonné parla daupbine , il se tourna du côté du frère de saint Louis , comte de Provence et de Forcalquier , et de plus roi de Sicile , par U protection des souverains pontifes Urbain et Clément, l'un et l'autre nr** du nom. Le 44 des kalendes de janvier 'de la même année, l'évéqae exposa à Guillanmede Gonesse, sénéchal de Provence , muni des pouvoirs de Charles d'Anjou, que la ville de Gap et les terres de son église , se trouvant comprises dans le comté de Forcalquier , il devait le défendre contre les outrages des habitants de sa ville épiscopale , bommes intraita(bles et rebelles qui avaient osé se révolter contre leor seigneur temporel en donnant à la dauphine le consolât possédé par lui et son
* ittveois, Mémoiret <iiM<tt.—Valboiiiity8, BUMreduDaupMni, ton. H, pag. 92.
NOTES. 197
église , qui eonfoiaiw ab tpso epitcopo yt^neense et eeéUiiatenébaîur. A quoi nos aateiurs gapençais (Roclias, Jf^ inédits t pag. 4-16, r« série ) ont L'audaee de répondre que cette prétention de l'éTéqne tor les droits
de cosse n'était nullement fondée , à moins que par violence il ne s'en fût mis en possession ; car, suivant la bulle d'or de Tannée i^kO et une transaction de ioOOdont il sera parlé dans la suite, le consolât appartenait évidemment' à la ville et communauté de Gap ; de sorte , ajoute Rochas, que la ville n'avait usé que de son droit en . le donnant à la dauphine.
Le sénéchal ne voulut rien accorder à notre seigneur Othon qu'au préalable il n'eut fait kommage et prêté serment de fidélité au roi de Sicile en sa qualité de comte de Forcalquier , selon le privilège impérial accordé par Frédéric II k Raymond Bérenger. Sans invoquer les droits que ses prédécesseurs avaient obtenus de ce même empereur et de Frédéric l**", l'évêque se vit contraint de faire l'hommage qui lui était demandé ; en conséquence , il se reconnut vassal du comte de Provence et de Forcalquier, pour la ville de Gap ; ^ pour les cbàteauz épiscopaux de Lazer, de Tallard-le-Vieux et Lettret, de Rambaud , de La B&tie-Vieille , de La Bàtie-Neuve , de Tournefort , de Mont-Rouvier , de La Fare , de Poligni et du Noyer; 3® pour les directes ou domaines du Glaizil, de Manteyer , de Montmaur , de Lioncel , de La Bastide de Montmaur, et généralement pour toutes les terres épiscopales^
Il foUnt encore que le seigneur Othon soumit les
' c... Totam terram quam tenet et tenere débet in comitalu Forcalqoerii et episoopatu VapiDoensi, et specialiter ciTitatem Vapind, et
198 NOTES
habitants de ces terres à des servitudes inconnues jusqu'alors : il s*obligea envers son nouveau suzerain de foire, une fois, chaque année, pendant qnaTante joun, une chevauchée dans les comtés de Provence et de Forealquier, depuis la Durance jusqu'à Pont-Haut, le Buis et le Pertuis-Rostan , avec six cavaliers armés et équipés à ses frais. Il prit en outre un engagement fort téméraire , en promettant de faire faire pendant trente jours nne chevauchée ès mêmes lieux par tous les habitants de Gap, et aux frais d'icenx, à Texception pourtant des personnes qui avaient le privilège d'être exemptes de pareilles corvées. Il fut convenu au surplus que dans un pressant besoin ou en cas de siège , les habitants ou pour mieux dire les serfs de révéché seraient tenus de se mettre en campagne , tant à pied qu'à cheval , pour, le service du comte-roi. Le retardataire et l'insoumis devaient être punis d*nne amende de dix livres turons , sans que le seigneur temporel de Gap et des dix châteaux épiscopaux fut dispensé pour cela de remplir sa chevauchée.
Toutefois , le roi de Sicile se montra généreux envers son nouveau vassal en lui accordant, ainsi qu'à son église,
castrura de Lazero , et castnim Vetus-Tallardi cum villa Slriclus , castruin Rambaudi, castnim Bastidae-Veleris , caslrum Bastidaî-Nov;e , caslnim Torna-Forli , caslrum Monlîs-Roverii , castrum de Para , castnim de Poliniaco , caslrum de Noerio , dominium de Glaysilio, dominîum Manteerii, dominium Monlis-Mauri , el Lioncelli, et Bastidae Ifontis-Mauri , et generaliter quid quid tenet et possidet , vel teuere et posskiere débet în episcopatn sen eomllatn Vapinoen^. >
Telles élaienl au xiii* siècle les j>ossessions des successeurs de saint / Arcy el de saint Arnoux. £ltes vont s'accroitrc encore par les dons du y comte de Provence. . j