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trouvent le reste des Lombarde vaincus par Sagittaire , et où ils accueillirent successiveinent les Pétrobrusiens , les Vaudois et les Calvinistes avec lesquels ils finirent par se confondre ^
Pendant la première moitié du xi" siècle , le royaume de Bourgogne passa aux empereurs d*Allemagne qui n*y exercèrent pourtant qu'une souveraineté nominale. 11 n'est pas douteux qu a cette époque le Gapençais n*eût des comtes ou des vicomtes particuliers , descendant peut-être de ce comte Guillaume qui chassa les Sarrasins ; car, en 10(^5, nous voyons Léonce, comte deDie, ajouter k ce titre celui de vicomte de Gap, et Izoard, son ûls, lui succéder en 1048.
La paix régnait dans cette ville lorsque Ripert vint en occuper le siège épiscopal vers Tannée 1050. Cet évêque , profitant des abas qui s'étaient introduits dans les élections épiscopales , ne Tavait obtenu qu en usant de
^ U. Reioaud , Invasion des Sarrasins en France, p. SOI et sui?.— > Le P. Foumicr, Histoire des Alpes Maritimes ou Cottienneg, X^aède» sect.re.__juvenis, Jlfémoim inédits. Ce dernier auteur, s'appuyant sar
la légende de saint Demelrius, fixe à l'anuée 992 l'expulsion des Sarrasins de la ville de Gap et du fort de Puy-Maure. D'un autre côté, selon une consullation délibérée ù Turin en 1460, Guillaume, l'exterminateur des infidèles, aurait été comte du Gapençais et non de Provence ou de Forcalquier.
Voir la notb E.
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simonie ; sa conduite ne fut rien moins que régulière : aussi les habitants de cette ville , réunis en assemblée générale, nommèrent-ils des députés pour se rendre à Rome avec ceux du clergé et y exposer leurs plaintes. Le vice de son élection et le peu de soin qu'il prenait de son troupeau firent prononcer sa dépossession par le pape Alexandre IP. Ce pontife donna alors aux habitants de Gap pour souverain spirituel , le vertueux Arnoux , moine du couvent de la Sainte-Trinité de Vendôme , qui en ce moment se trouvait à Rome , et qui fut sacré dans cette ville en 1065. La sainteté de ce nouveau pasteur lui attira le don des miracles ; il mourut plein de jours et de mérites en 1075 , et devint le patron du diocèse
Pendant que Grégoire Vil abaissait devant la thiare lorgueil des princes de la terre , qu'il réformait les énormes abus qui s étaient in-
4 L'évèque Kipert assisla au concile d'Embrun tenu en 1053, et présidé par le fameux Hildebrand , qui depuis. . . . Mais alors il élait simple cardinal et légal du Saint-Siège. Divers auteurs cités par les Bollandistes assurent que noire évôque fut déposé par le légat : le Pape Alexandre II n'aurait fait que conôrmer celte sentence.
* Àcia sanctorum , 19 sept. De sanclo Amulpho , vita auciore anonvmo. — Vie de saint Amoul^ par messire René Benoist , curé de Saiot-Eustache. — Artus delioDoe, Bolle des évesques de Gap,
Voir là note F.
troduits dans 1 administration deTEglise, que saint Arnoux faisait Tadmiration de ses dîocé- ^îns, Termite Pierre visitait les lieux saints et y éprouvait toutes sortes d'avanies. A son retour, Il racontait la pro&natton du tombeau de J. G. par les ennemis de sa religion , et les rigueurs inouïes dont les pèlerins et les chrétiens de la Palestine étaient accablés. Alors Urbain II , successeur d'Uildebrand , convoqua un concile à Clermont. A- sa voix éloquente , un cri unanime s'élève : en Palestine ! Diex le volt î — Une bon- «cbe resta muette au milieu de l'enthousiasme universel , et cette bouche fut celle de Hugues comte du Gapeuçais !
Saisi d'indignation , le souverain pontife excommunie ce lâche successeur du comte Guil' laume, met ses terres en interdit, et délie ses vassaux du serment de fidélité.
L'excommunication du comte de Gapençais fut une bonne aubaine pour les comtes de Forcalquier. Pendant qu'en Asie le duel entre le christianisme et Tislamisme se prolonge , ces comtes s'emparent des terres de Hugues, Tennemi de Dieu , comme déjà ils avaient succédé aux . comtes de l'Embrunais ; et en Tannée HIO , nous trouvons Guillaume V , de la maison
90 pvtm M t'msTOimi
d'Urgel , en posscssioa Jes deux comtés, ainsi, que de celui d'Avignon.
Durant ce siècle, les chartreux s'établissent à Durbon , les pères de Saint-Antoine fondent un couvent à Gap , les Pétrobrusiens sont expulsés du diocèse , et notre évêque Grégoire devient souverain temporel par la grâce de Frédéric fiarberousse, sans trop s'inquiéter de la souveraineté des comtes deForcaiquier. Avant d'aller se noyer en terre sainte ^ cet empereur s avisa de donner en fief aux (riands et aux prélats du ci-devant . royaume d'Arles ou de Bourgogne ce qu'il n'osait* leur enlever par la voie des armes, ainsi que Tavait essayé en 11U7 son oncle Conrad il qui, « inspiré du Saint-£sprit , fut poussé par un « mesme mouvement et presque tout à la fois , tt d'accorder les regales impériales aux arche- . « vesques de Vienne , d'Arles et d'Ambrun , par « les bulles d*or qu*il leur fit expédier'. »
Or , ce fut dans la cité d'Arles , le 2 des calendes d'août (5i juillet) de Tannée 1178 , que Tauguste Frédéric I"' investit son cher et vénérable /iriinceGrégoire, évéque de Gap, de tourtes les régales , et qu'il lui donna et lui confirma
Mode la indMliMi de lovenis.
DE Là. VILLB M GA». ti
tout ce qu'il possédait ou pourrait posséder légitimement dans le diocèse. L'acle établit en mêmetemps que le nouveau prince du Saint-Empire rendit hommage à Tempereur et lai prêta serment de fidélité ^ Cette investiture dut un peu consoler notre évéque du privilège énorme que le souverain pontife Alexandre 111 avait accordé , deux années auparavant, au chapitre de Gap.
Par une bulle de i 176, ce pape avait soustrait les chanoines de la juridiction de Tordinaire pour les assujettir à celle de leur doyen ^ Cet acte , souvent argué de £aux par les successeurs de Grégoire I", devint un ferment de discorde entre les évêques de Gap et leur chapitre , comme rinvestitare féodale de ces prélats , entre enx et le pouvoir municipal.
Guillaume II , successeur de Grégoire , ne trouvant pas assez explicites les prérogatives
accordées aux évêques de Gap , obtint du même empeireur , en iiSk et 1186 , des lettrespatentes qui le maintenaient en la jouissance des privilèges et des droits royaux dans Tétendue de son évêché, et notamment de ceux qu'il possédait dans la ville de Gap et dans les commu-
' Archives delliAIfll-de-vnie, Iâereroug$y etHocbas, Mèmim inidUi,
* ArtoB de Lionne, SoUe éB$ éveigtief de Gop.
3S piiÉcis DB l'brtoim
nautés de Ranibaud et de Rabou. 11 était dit de plus dans le second acte impérial que nol ne
pouvait acquérir de fief dans l'étendue des terres de TEIglise sans le consentement de l'évéque
Pour en finir avec ces investitures , j'ajouterai qu en 1238 , 1 evêque Robert obtint de Frédéric II , qui ne lai donna pas la qualité de prince , la confirmation des privilèges de TËglise de Gap « et notamment ceux inhérents aux châteaux épiscopaux de La BÂtie-Neu^e , de La Bâtie-Vieille , de Tournefort , de Tallard-le- Vieux et autres qui nous apparaissent pour la première fois. Robert rendit de nouveau hommage à l'empereur et lui prêta serment de fidélité, bien que Guillaume de Gibelin, l'un de ses prédécesseurs, eût rendu le même hommage en 1212 au roi de Sicile, comte de Provence et de Forcalquier, sur l'ordre que lui en avait donné le pape Innocent HP. — Les consuls de Gap ne s'avisèrent que deux ans après , c'est-à-dire en 1240, de solliciter du même empereur la confirmation de leurs libertés gravement compromises
* Archives de la préfecture , Acte d'investiture du 3 des calendes é^oetobre H84, Ms. — Celui de 1186 est cilé dans un mémoire de réfèqae Charies-Salomoo du Serre, contre les consuls et la communauté de Gap (vers ISIS).
* Artus de Lionne , Molk det évetquei de Gap.
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par les investitures accordées aux évêques : ils Tobtinrent en s'engageant à un service en fa- Teor de Frédéric II , qui , de son côté , promit son assistance à la ville. L'empereur ajouta même gracieusement qu'il ne souffrirait jamais qu'elle fut privée de ses terres et de ses juridictions f.
Je suis forcé de revenir sur mes pas afin de*
signaler quelques faits importants du comment cément de ce siècle;
En Tannée 1202, les comtés de TEmbrunais et du Gapençais passèrent au daupbin Guigues- André , par son mariage avec Béatrix de Claustral , petite-fille de Guillaume VI , comte de Forcalquier, sons des conditions qui ne purent être accomplies, car ce mariage fut dans la suite déclaré nul par le pape ; mais Béatrix , en se retirant dans un couvent « donnà^ tous ses biens au dauphin qui avait été son époux , et malgré les comtes de Provence , devenus comtes de Forcalquier, Guigues- André se crut légitime souverain du Gapençais. Toutefois , ce prince reconnaissant la suzeraineté de nos prélats , rendit hommage, en iâ32, à Guillaume d'Ësclaponpour tout ce qu*il possédait ou pouvait posséder dans
* Aidiifes de l1idlel-de-Tille, Uwe rwfe , i77.
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l'évèché de Gap *, ce qui prouve que nos évéques tenaient alors d une main ferme le glaive spiri» tuel et le glaive temporel.
C'est avec le glaive de la parole et sous Tes haillons de )a pauvreté que saint François d'Assise était allé combattre , en lâOCi , l'erreur des Albigeois. En passant à Gap, il y fonda un couvent des frères de son ordre , qui pourtant ne furent définitivement établis qu'en Tannée 1232., sous Tépiscopatde ce même Guillaume IV à qui le dauphin venait de rendre hommage.
Mais voici venir le moment où nos ancêtres vont tenter de ressaisir des libertés et des franchises municipales qui pourtant ne leur avaient été enlevées qu'à demi.
Vers le milieu du xiii* siècle , quoique le dauphin eût bien ou mal ajouté le Gapcnçais à ses anciennes possessions, la ville de Gap, qui à elle seule formait un état particulier , était loin de reconnaître ce prince pour son seigneur et maître. Malgré son évéque dont les prétentions paraissaient mieux fondées, elle tâchait d'être indépendante , et jouissait encore d'une espèce de liherté.Son consulat qui entraînait, outre ledroit
< JfifmoAv pour Cft. SÊLêitSêrre, déjà cité.««*AftHS(leLkNiiie, IMO dtalo.— Juvenis, Mimotret iiUau,
Oigitizeci
DB LA VILLE DE GAP. 35
perçu au marché sur les grains, une juridiction de police, ne dépendait ni du prélat, ni da comte de Porcalquier, ni dii dauphin de Viennois. La communaulé possédait des terres , des moulins , des fours banaux, dont elle percevait les revenus; elle avait encore d*au 1res droits qui ne relevaient d^aucun prince de ce monde ; elle élisait ses magistrats, et Jevait des impôts sur les citoyens delà ville et de la banlieue sans le contrôle d'aucune puissance supérieure. Donnez-lui la justice qui ,'bien avant cette époque , était exercée au nom de l'éveque , el vous avez une république municipale presque indépendante des liens de la féodalité.
Ici , nous trouvons la première trace de ces dissensions qui s*élevëren{ si souvent dans la suite entre la maison consulaire et le château épiscopal. Othon 11 siégeait dans Gap depuis Tannée , et l'année même de son entrée dans la ville épiscopale , une grande division se monti*a entre lui et les habitants. — Dans la suite la querelle s*envenime. L*évèque veut exercer lautorité presque souveraine que ses prédécesseurs avaient obtenue des deux Frédéric. Les citoyens de Gap, non moins jaloux de sou- . tenir les droits dç la cité que le dernier avait mis sous sa protection , prennent les armes , et
pftécis Bi l'histoirb
Othon va mendier le secours de son grand vassal le dauphin Guignes XI , qui lui avait fait hommage et prêté serment de fidélité en 1265. Un traité d alliance contre nos ancêtres est signé à Corp le jour de sainte Luce de Tan 1267. La résistance eut été alors plus que audacieuse , et pendant quelques années la soumission devint une nécessité. Mais en 1271 « les habitants de Gap recherchent la protection des enfants de Guigues et 1 obtiennent en leur cédant les droits du consolât ainsi que les terres de Montalquier * et de ' Furmeyer , et en s'obiigeant à fournir au dauphin , en temps de guerre , cent hommes de pied armés et équipés à leurs frais. Othon , irrité de cet hommage , fait exercer mille violences contre ses rebelles sujets , et cède de son côté au comte de Provence , Charles d'Anjou , les mêmes droits surie consolât, se reconnait son vassal, lui prête serment de fidélité, et déchire ainsi le pacte qui
* La terre et le château de Montalquier situés dans la banlieue de Gap> avaient déjà appartenu au dauphin. L'on ne sait par quel motif les habitants de celle ville on avaient détruit le château en 1257 : Castrwn Monlalquieri violenler cepcrunt et ipsum dcslruœerunt. Bertrand de Monfort , bailli de Cap, arbitre et amiable compositeur entre le dauphin et Guillaume de Saint-Jacques, syndic ou consul de Gap, condamna les habilauts de celte ville à payer au dauphin 50 mille sols viennois, au moyen de quoi la terre de Montalquier appartiendrait à la ville. (Archives de la préfecture, Àcle de 1257, Ms. sur parchemin.)
runissaitauxempereui^sd* Allemagne. Les citoyens
de Gap indignés se lèvent, courent à la maison épiscopale , se saisissent du prélat , le traînent en prison et Vy retiennent long-temps* ! De là , une guerre meurtrière dans laquelle s'engage Ja noblesse du Dauphiné et à laquelle met un terme le traité de 12719^ « qui soumet la ville à recevoir parmi ses officiers municipaux un chanoine et un chevalier, L'évêque ne tarde pas à rompre Je traité ; il se retire dans son château deRambaud, d'oij il lance , le 8 décembre 1278 , Texcommunication contre les agents de la dauphine Béatrix, chargés du régime du consolât et de Tadministration des terres cédées à ses enfants. Ce puissant levier soulève de nouveau les populations d'alentour: Tévéque sollicite rassistance du comte de Provence; une nouvelle prise d'armes a lieu et ne se termine que par le siège et la capitulation de Gap en 1382. Alors les habitants de cette malheureuse cité se voient contraints de remettre à Charles d* Anjou et à son fils , le prince de Sa<leme, qui venait de soumettre la ville , tout ce
* L'épmpie de «etta voie deftlt oa plutôt de cet aitentat est incertdne. Peat-ètre remprisoDaerneot d'Olhon n'cut-il lieu qu'en rannée 1278 , où cet évêquc lança l'cxcoiDauinicaUoD conlre Guillaume de Monlorcier , dii te Moir, el les antres asenta de la daupbine Béatrix.
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que possède la communauté , même le consolât
et les terres précédemment cédées au dauphin ^
Cet essai d'indépendance , d*une issue si malheureuse , fut suivi d'un acte de justice de la part du souverain pontife qui déclara nul tout ce qui avait été stipulé dans la crainte du prince de Salerne et de ses armes. Ce prince lui-même , étant prisonnier à Barcelonne, ordonna, en 1283, à Raymond de Mévouillon , successeur d'Othon , de rendre aux habitants de Gap les droits que le sort des armes avait mis en son pouvoir, à charge de ne les en investir que lorsqu'ils auraient rembourse les dommages causés a TEglise par leur soulèvement. — Point tkj faillit le pieux évéque , car en exécutant cet ordre dans le courant de l'année iâ86 , il exigea deux mille livres turons de la ville et s'adjugea les quatre fours municipaux pour tenir lieu desdits dommages : il promit même d'en flaire établir deux nouveaux pour Tusage des habitants, et se réserva, en sa qualité
* Traité de i^61 cité par Juvenîs , Jtfmotm inédits.— 'Traité du 13 décembre iS71, dans Valbonnays, tom. 2, p. 92.— Traité du 19 du même mois entre Othon et Charles aux archives de la préfecture. — Tr ai lé du janvier i'i'îi, aux archives de l'hôtel de ville. — lYaité entre le prince de Salerne et les liabiUints de Gap , de Vannée 1282, cité au Livre rouge, p. 24 et 80. — t Un peu auparavant , dit César Nustradanius, un merveilleux et bien grand Iremble-terre ayant ébraolé tout le territoire voisin >.
Voir les notes Gbt U.