‹ Précis de l'histoire de la ville de Gap, suivi de notes et éclaircissements et de notices biographiques sur les évêques de cette villeChapitre 8 sur 74 · DB LA VILLE DB CAP. S · texte numérisé non relu

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de souverain temporel, le droit de battre monnaie à son effigie. Déjà il avait obtenu du prince de Salerne, en 1284 , la restitution de la moitié de la juridiction temporelle cédée à son père par, Othon, d'après Taccord intervenu entre eux, le l"marsl281^

Geoffroy de Lioncel qui auçcéda à Raymond

de Mévouillon sur le trône épiscopal de Gap , n'eut d abord d autres démêlés avec cette ville qu*à raison des fours devenus épiscopaux. Une transaction de 1^91 régla les droits de four- . nage et de fournille à la cote SS* ; mais de plus graves différends s'élevèrent entre ce prélat et le comte de Provence au sujet du traité de 1271. Levéque Targuait de nullité; Charles H soutenait qu*îl était valable. Le Pape intervint , et les commissaires par lui délégués rendirent, en 1297, un jugement qui homologuait une convention du même jour par laquelle Tévêque Geoffroy se reconnaissait vassal des comtes de Provence ou plutôt de Forcalquier, et se soumettait à Phommage. Le comte-roi s'obligeait à contraindre les habitants

< Sentence de» commUsairet du Pape rendue à Carpentras , Livre rouge, p. 175. — Juvonis , HTnnoircs inédits. — Transaction du 2 janvier 128G , Livre rouge , pag. 81. — Traité du mars 1281 , Bouche, Hist. de Provence , tom. 2 , liv. 9. LeUres-paientes du 7 août 1284 y Livre rouge, p. 42.

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de Gap, toutes les foisqu*il en serait requis, de re* connaître TéTéque pour leur souverain spirituel et temporel, et cédait à celui-ci ses droits sur la cosse ou le consolât, si la oomtesse-dauphine voulait bien s^en dessaisir. Pour marque de majeur domaine sur le Gapençais, le comte- roi pourrait fiiire élever son drapeau sur la tour de la maison épîscopale , un jour de Tannée. Le drapeau de Forcalquier devait également flotter lors de Tavé» nement de chaque comte et de Télection de chaque nouvel évêque de Gap^

Parvenu à cette époque de notre histoire. Ton

se demande quel est le véritable suzerain de Gap et du Gapençais. Etait-ce Tempereur? Était-ce le roi de Sicile , comte de Provence et de Forcalquier? Était-ce le dauphin de Viennois ? — Déjà nous avons vu nos évéques, rendre foi et hommage aux deux premiers , et le dauphin se reconnaître vassal de l'évêché pour les terres par lui possédées dans Tétendue du diocèse. Mais dans les dernières années du xin*' siècle, Jean, iils aîné du dauphin HumbertI*', prenait le titre de comte du Gapençais , avait des intérêts à débattre

* TrantacUon du 7 juilkl 1291 , Livre rouge , p. 84.— Bull* du 8 «In Met de juillet 1296 , aux archives de la préfecture.— ComwiiMoii et ^É0imeiil du 25 marf 1397, Uf re nwge; p. 28 et 8«iv.

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avec révéque Geoffroy et son chapitre » et surtout avec la TÎUe de Gap au sujet de ce consolât tant convoité , et de la moitié de la terre de Montai* quier qui d après lui en était une dépendance. Le prince Jfean demandait encore, pour la non exécution du traité de 1271 » une indemnité de dix mille marcs d*aiigfent , &ute par la ville de n avoir pas fait les calvacates annuelles auxquelles elle s'était obligée ; il soutenait en outre que plusieurs terres de la banlieue et diverses maisons situées dans Gap étaient de sa directe , que la troisième partie de la juridiction de la ville lui appartenait , et enfin que le château épiscopal de Lazer était de son £ei.

Une sentence arbitrale rendue le 5 septembre 1500, régla définitivement les droits du dauphin, de Tévèque etdelacité. Le consolât et la moitié des terres de Montalquier furent donnés au comte Jean ; la garde des clefs de la ville fut dévolue à Tévéque , ainsi que la police et le costeiL ou carcan , qui auparavant était dans la dépendance des consuls; la ville fut tenue de fournir aux nouveaux comtes du Gapençais cent hommes de pied bien armés et entretenus à ses irais, lorsque des chevauchées auraient lieu dans leDauphiné; enfin le comte Jean fut débouté de ses prétentions sur le château et le péage de

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Lazor et de sa demande des dix mille marcs d argent. Ce qui étonne dans cet acte , c^est qae dans Je cas où le service militaire serait à la fois requis par le comte de Forcalquier et par le dauphin« le premier devrait être servi de préférence*.

Ainsi, sans compter Tévéque , voilà deux sei* gneurs suzerains en plein exercice dans la ville

et le comté de Gap. Voilà cette malheureuse cité définitivement dépouillée du consolât , de ses fours banaux , de sa terre de Montalquier, de sa juridiction de police, de la surveillance qu'elle exerçait sur la sûreté de la place , du droit de nommer ses mandeurs , et de plus soumise à un double service militaire envers les comtes de Provence et les comtes de Gapençais*

De nouveaux différends entre la ville et son évéque ne tardèrent pas à s'élever : la transaction du 1" février 1503 y mit un terme. Les condamnations prononcées par les procureurs fiscaux de Geoffroy contre des citoyens de Gap qui s'étaient , disait-on, assemblés iliicitement , et contre des jeunes gens qui avaient parcouru la campagne avec des armes , furent annulées.

*Senêmee arMralê rendue le 5 icplmftr«1300, par Guillaume de Mandagolt archefBêqvêd^Embrunt eiJaequei deOua^ évique 4e Fridui , duis Valbonnays , ton. I, p. 53 et S5t.

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L'évcque approuvait la rémission faite aux consuls par Raymond de Mévouillon , des louages , gabelles , poids , fossés et patcgues , cédés par capitulation au prince de Salerne , et confirmait un r^lement de iâ65, qui défendait d*importer et de boire du vin étranger dans la ville. En cas de contravention, les vins confisqués et 60 sois d*amende devaient entrer dans la cave et dans la bourse du prélat. De son coté, la ville confirmait labandon fait précédemment des quatre fours municipaux*.

L'année suivante [^130^3, il plut au dauphin Humbert , malgré les stipulations du traité de 1500, et les réclamations du comte de Provence, d établir un juge dans la ville de Gap ; mais k peine (Santelme, successeur de Geoffroy, avait*il pris possession du siège épiscopal qu'il fit assigner son fils , le comte Jean , pour qu*il eût à rendre hommage des terres par loi possédées dans le diocèse. Le prieur de Ronictte et le juge du comte comparurent pour lui et prêtèrent ou éludèrent le serment demandé : Tissué de cette affaire est restée incertaine'.

* Transaction du i " février 1303, aux archives de la préfecture et de rbùtel de ville , Livre rouget pag. 6() à 71. Voir la note I.

> jiiveiiis , Mémoires inédilt.

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Sou& l'empire de quel sentiment se trou«- Yaient donc les libres citoyens de Gap , lorsque , au mois de juin 1505, au nombre de treize cents, ils eurent la lâcheté de se reconnaître hommes* liges du seigneur évéque et de son Eglise , et après cette inconcevable déclaration , de lui prêter serment de fidélité sur les SS.- Eyangiles'?.. Cet acte fut souvent argué de faux par les consuls de Gap , et surtout lors du malheureux procès qu'ils eurent à soutenir dans les premières années du xvii* siècle ; mais le président £xpilly qui , -en 1622 , vint à Gap pour y mettre un terme, d<embla en reconnaître Tauthenticité, puisqu'il décida que I hommage était dû à Tévêque par tous les habitants, more nobilium, — Geoffroy II , qui reçut le serment des treize cents chefs de famille de la ville de Gap, était rhomme aux hommages ; il en recueillit dans toutes les parties ^e son diocèse : le seigneur de Manteyer lui-même fut condamné à le reconnaître pour son suzerain , et à voir les armes épiscopalcs briller aux portes de son manoir*. Or, comme dousui châteaux épiscopaux ne

* AeU ûe recMinaissawie et d'hommage du 10 juin 1505 , Ms. aux aidiives de la préfecture.

* Artus de Liooue » RoUe des évesques de Gap,

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saffisaient pas à un si grand seigneur temporel,

il en acquit un treizième, le 15 novembre ioOD, de Lanteime de Saint-Marcel , noble citoyen de Gap. C'est celui de Gharance , qui ne lui coûta que dix mille florins , et où il put se reposer durant la belle saison des iatigues de la souve^ raineté*.

Quelques années plus tard , fierai de fiaux ^ premier commandeur à Gap de Tordre de Saint^-

Jean-de-Jérusalem , vint prendre possession des biens qu'y possédaient les chevaliers du Temple^ et dont ils avaient été dépouillés par le concile devienne, en iZii. Geoffroy 11 siégeait toujours, et permettait aux fi*ères prêcheurs de s'établir [1315] dans sa résidence épiscopale*.

A Geoffroy II [1315^4318 ] succéda Olivier de Laye que l'un des ancêtres du connétable de Lesdiguières jeta par les fenêtres de son château patrimonial , s*ll faut s*en rapporter à Louis \ idel qui ne nomme pas ce terrible seigneur féodal, soumis cependant à Tévêque pour sa terre des Diguières. Après Olivier, nous trouvons Bertrand de Lorincello qui , à Tencontre de ses prédéces-

«Ailiis de Lionne, JMte des ivnqiut de

' Juveois, Mémoires inédits.

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seurs, loin de ravir leurs privilèges aux habitants

de Gap, leur en accorda un des plus singuliers en 1317, sur lequel nous reviendrons dans la suite.

Sous Tépiscopat de GutUaume d'Ëstienne^ un procès s'éleva entre la ville de Gap et la communauté de Rometle , au sujet de la propriété de la montagne de Bayard , et fut terminé

par une sentence arbitrale du 17 juin 1519*.

Nous ne nous arrêterons pas davantage sur

Dragonet de Montauban [1328 — 1546] qui vit s*accomplîr le transport du Dauphiné au royaume de France, et qui fut témoin des violences exercées contre les habitants du Monêtîer-Alleniond , par Arnaud Flotte , le chevalier le plus félon de nos contrées , pour arrivera Henri de Poitiers , successeur de Dragonel , dont la. famille portait une haine héréditaire à celle de Montauban.

Tout dormait sur la foi des traités ; mais voilâi qu'en 1550, Ismidon de Montauban , parent de Dragonet, est traîtreusement assassiné par Haultde-Cœur, bâtard de Poitiers , de la famille de Henri , fils d Aymar IV , comte de Valentinois.

* Sentence arbilrale du 17 juin 1519, rendue par Vévi9mGu(Uame d'Estierine, le chevalier Piem ânÊgUtet $t Rod^Ophi de ta Fare, avocat; aux ardiifes de lliMél de Tille.

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Les haBîtants de Gap , plus indignés que si' on leur avait enlevé de nouveau quelques-uns de leurs droits et de leurs privilèges , se lèvent « s^arment , courent aux maisons des partisans de- Tévêque et les pillent: le palais épiscopal luimême n'échappe pas à leur fureur, et Henri de Poitiers est contraint de sortir de la ville. Ils ont bientôt à lutter contre le comte de Valentinois et les parents de-cette illustre famille : la milice urbaine les repousse ; mais plus heureux dans une seconde attaque , les Valentinois rentrent dans le diocèse : l'évéque y reparaît lui-même Vépée d'une main et le bâton pastoral de Fautre, et de cruelles vengeances sont exercées. Enfin , après divers combats. Ton èn vient à un aocom* modement qui permet au prélat de siéger dans sa ville épiscopale jusqu'au moment où il j^sse à FévêchédeTroyes^

Jacques de Déoncio, successeur de Henri [[i55âj, futFennemi d* Arnaud deTrian, neveu du pape Jean XXII , et depuis peu souverain de la vicomté de Tallard. Cette inimitié leur fit prendre les armes : Gap et Tallaixl se levèrent en masse ; leurs troupes se livrèrent des combats sanglants; des incendies et des dégâts épouvantables furent

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commis sur les bords de la Liiye coinnie sur ceux de la Durance ; et ces funestes dissentiments eussent duré peut--étre jusqu'à Textinctioa de Tune des deux races, si Rodolphe de Gommiers , seigneur de La Bàtie-de-Champrond , ne fut venu y mettre un ternie en offrant sa médiation qui fut acceptée ^.

A la paix survenue entre le» deux cités riTales,

succédèrent bientôt des divisions intestines. Jacques Artaud, de l'illustre famille deMontauban, était à peine monté sur le trône cpiscopal de Gap» que de graves différends s'élevèrent entre lui et les habitants de cette itille. ]> abord il les fit citer, ainsi que ceux de La Bâlie-Neuvc, de La Bâtie- Vieille, de Rambaud » de Poligni , de la Fare , du Noyer et du Glaizil , tous ses sujets immédiats , pour qu'ils eussent à lui rembourser trente mille florins qu*il disait avoir donnés afin d éloigner du dioc^e des troupes armées qui voulaient le tra^ verser pour se rendre en Provence. Les habitants des communautés citées soutinrent que jamais les florins demandés n'étaient sortis de la bourse de leur seigneur et maître; et Tofiicial du prélat,

* Chorier, loco cilalo. — Si le traité de paix entre Gap et Tallanl [>orle la date du 28 avril 13(ï9, comme l'avance cet auteur, il a dû être signé par Jacquas Artaud , successeur de Déoncio , puisque celui-ci cessa de légncr eu 1555.

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