‹ Précis de l'histoire des doctrines économiques, dans leurs rapports avec les faits et avec les institutionsChapitre 10 sur 59 · partie de la vertu mais qu'il a envisagé la vertu tout entière · texte numérisé non relu

partie de la vertu mais qu'il a envisagé la vertu tout entière

et qu'il a puisé le détail de ses lois dans chacune des espèces qui la composent, en suivant néanmoins une route bien différente de celle des législateurs de nos jours qui s'occupent uniquement du point qu'ils ont besoin de régler et de proposer, pour le moment ; celui-ci des héritages et des héritières ; celui-là des violences ; d'autres enfin, d'une foule de choses de cette nature ; au lieu que, selon nous, la vraie manière de procéder en fait de lois est de débuter par où nous avons débuté... Il est juste, en effet, de commencer par la vertu et de dire que Minos ne s'est proposé qu'elle dans ses lois (1). » L'auteur revient sur cette idée dans une autre partie de son ouvrage. Supposant que, sur le point de terminer son œuvre, le législateur s'adresse aux magistrats qui seront chargés d'appliquer ses décrets, il lui prête le langage suivant : « Apprenez quel but vous devez avoir devant les yeux... nous voulons que vous pensiez comme nous, etque, suivant nos leçons, vous ayez toujours devant les yeux ce but dont nous avons jugé que le législateur et les gardiens des lois ne doivent jamais détourner les regards. Or, ce dont nous sommes convenus se réduit à un seul point, savoir ce qui peut rendre l'homme vertueux et moralement accompli, que ce soit telle ou telle occupation, habitude, position, désir, sentiment, connaissance Voilà le double point de vue (2) sous lequel vous devez

juger de nos lois, soit pour les approuver, soit pour les blâmer. Condamnez celles qui ne seraient pas propres à produire cet effet ; pour celles qui y sont propres embrassez-les, recevez-les avec joie et conformez-y votre conduite. Mais quant aux autres

(1) Platon, Lots, I (trad. Cousin, VII, p. 18-19).

(2) La vertu considérée dans la vie privée et dans la vie publique.

pratiques dont le but serait d acquérir ce que le vulgaire appelle biens, renoncez-ij pour j amais (1). »

II. — Caractères (jéiiéraiix des doelrines éeonotni(|ues de laiiti<|uilé nree(|ue. — Sources.

Les doctrines économiques peu nombreuses que nous rencontrons chez les écrivains de lanliquilé grecque se Irouvenl mêlées à des théories éthiques ; elles ne sont exposées qu'à titre de doctrines auxiliaires, pour résoudre des questions de morale sociale.

Les ouvrages de Platon etd'Aristotesont les principales sources auxquelles nous puissions puiser. Platon se sert presque exclusivement de la méthode socratique, c'est-à-dire de la dialectique, « Celui, dit-il, qui se livre à la dialectique, qui, sans aucune intervention des sens, s'élève par la raison seule jusqu'à l'essence des choses et ne s'arrête point avant d'avoir saisi par la pensée l'essence du bien, celui-là est arrivé au sommet de l'ordre intelligible, comme celui qui s'élève au soleil est arrivé au sommet de l'ordre visible.... Il n'y a que la méthode dialectique qui, écartant les hypothèses, va droit au principe pour l'établir solidement ; qui tire peu à peu l'œil du bourbier où il est honteusement plongé et l'élève en haut avec le secours et par le ministère des arts dont nous avons parlé (2). »

Arislote, sans renoncer à la dialectique, fait un très large emploi de la méthode inductive. On sait que ce grand sociologue avait amassé, pour étayer ses théories, une documentation énorme pour son époque tirée de l'histoire du monde grec au milieu duquel il vivait et même de l'Egypte et de l'Orient qu'il avait visités.

Platon et x\ristote, recherchant la meilleure constitution politicfue et économique qui soit humainement possible (3), suppo-

(1) Platon, Lois, VI (trad. Cousin, VII, p. .346-347).

(2) Platon, République, VII (trad. Cousin, p. 103 et 106).

(3) Pour le moment nous n'exposons parmi les théories d'art social de Platon que quelques-unes de celles formulées dans les Lois de cet auteur. Nous n'empruntons à la République (dont nous reparlei'ons à

31 LtVHK PKEMIËU. — ClIAPITtiK II

sent un rét;iinc dont la dirision sociale du Iracdll, /'csclardf/c ri la propriété indiriduclU' roiiiit'iil les iii.sliliilion,^ roiidaiiifiilalf^. Ils Iraitenl, luu jours en nioralisles, des divers modes de jirodmlion de la richesse el de la monnaie. Arislole a in»"^ine enlrcvii le problème de la valeur.

On trouve aussi (|uelques noLioiis éconumi(iues dans les écrits de Xénophon.

propos du socialisme) que la docliiiic icialivc à la division tin Iravail, insLilulion commune à la cilé idéale do la liéi)iiljli(jiiL' cl à la cité praliquemenl réalisable des Lois.

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