‹ Précis de l'histoire des doctrines économiques, dans leurs rapports avec les faits et avec les institutionsChapitre 27 sur 59 · CARACTÈRES GENERAUX · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GENERAUX

tiielle ; car, au lion il'user seulement de comparatifs et de superlatifs et d'arguments purement rationnels, j'ai pris le parti de recourir à des cliillVes qui expriment des nombres, des poids ou des mesures, et d'invoquer uniquement des raisons de fait(l). » Cette méthode, l'auteur l'appliqua dans de nombreux ouvrages. Tant s'en faut que ses chillVes et ses calculs soient toujours exacts ; mais l'on doit moins s'en prendre à lui (ju'à l'absence de données sérieuses ; lui-même se plaint de la rareté des documents utilisables ; il demanda avec instance un recensement régulier des revenus du royaume, et il sollicita la création en Irlande d'un office de statistique qui eût été placé sous sa direction. Petty exerça une grande influence ; à son école appartiennent directement King et Davenant, écrivains anglais dont les ouvrages parurent à la fin du xvii'* siècle ; dans les Essais politiques sur le commerce, du Français Melon, publiés en 1731, l'on trouve un chapitre (2) qui porte pour titre : De l Arithmétique politique. Ses écrits furent connus des Physiocrales et d'Adam Smith (3).

(1) Préface de Polilical Arlthnielic (écrit entre 1671 et 1677 et publié en 1690), édit. Hull, t. I, p. 244.

(2) Le chapitre xxiv.

(3) Nous ne nous occupons ici que de la statistique appliquée à VEconomie politique. Nous omettons la statistique purement descriptive, qui rentre dans le domaine de la géographie bien qu'elle puisse fournir des matériaux aux économistes. A cette école appartiennent, au xvi* siècle, le Français Froumenteau [Secret des finances, 1580), l'Italien Sansovino ; au xviie, le Français Davity [Les Etats, Empires, Royaumes, etc. 1614), les Allemands Seckendorf et Conring ; dans la première moitié du xviii^, l'Allemand Aclienwall, etc., etc. Mentionnons aussi, comme pouvant servir à l'étude de la théorie de la population, bien ([u'elles n'aient pas eu ce but, les tables de mortalité ; celles de Graunt 1^ dont l'ouvrage paru en 1676 a été souvent attribué à Petty), de Jean de Witt [Valeur des renies viar/ères, 1671), de Halley (1693), de Kerseboom (1742), de Deparcieux [Essai sur les probabilités de la vie humaine, 1746). — Signalons encoi-e, dans notre période, le Dénombrement du royaume de France (1709) de Saugrain, et surtout le grand ouvrage du fondateur de la démographie, l'Allemand Sûssmilch,Die goeitliche Ordnug , etc. [L'ordre divin dans les variations du genre humain prouvé par les naissances, les décès et la reproduction des hommes), 1741. — V. Levasseur, La Population française, Paris, 1889, t. I, p. 47 et suiv. — Rap-

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Enfin, les tendances des doctrines économiques se sont pareillement modifiées. L'idéal ascétique et contemplatif de l'antiquité, déjà très restreint, nous l'avons vu, au moyen âge, se trouva définitivement ruiné par le besoin de croissance des nations, Bodin dans sa République et Monlch rétien, dans son Traicté, établissent un parallèle entre la contemplation et l'action, et ils se prononcent pour la nécessité de l'action. « La vie contemplative, à la vérité, est, dit Montchrétien, la première et la plus approchante de Dieu ; mais sans l'action elle demeure imparfaite et possible

plus préjudiciable qu'utile aux républiques Aussi l'action se

meslant quelquefois à la contemplation apporte de grands biens à la société humaine.... Les occupations civiles étant empeschées et comme endormies dans le sein de la contemplation, il fau-

drai,t nécessairement que la république tombast en ruine Or

que l'action seule ne hiy soit plus profitable que la contemplation sans l'action, la nécessité humaine le prouve assés et faut de là conclure cjue si l'amour de vérité désire conlemplation, l'union et profil de nostre société cherche et demande l'action (1). » « L'heur des hommes, dit encore le même auteur, consiste principalement en la richesse (2). » Dès lors, la question qui se pose n'est plus : Une nation doit-elle s'enrichir ? mais : Quels sont les meilleurs moyens pour une nation de s'enrichir ?

Les discussions sur la légitimité du profit commercial et du prêt à intérêts sont désormais dénuées de toute portée praticpie. Les limites dans lesquelles le bénéfice du marchand est autorisé sont suffisatumeut extensibles pour que toute espèce decommerce puisse y être comprise ; pour avoir la conscience en repos, le commerçant n'a besoin que d'être honnête. Que le trafic se dé-

pelons enfin qu'au xvi" siècle lîodin dans sa /îé/)uè/iV/ue, au xviii*' siècle Vauban dans sa Dinie royalc,el l'abbé de Saint-Pierre dans son Mémoire sur Cul'dité dus dénombrements^ réclamèrent le reeenscmenL régulier de la population.

(1) Montchrétien, Traiclé deVEc. puL, liv. 1, édit. Funck-Brentano, p. 21.

(2) Monlclu'étion, o/>. cil^, même édition, p. O'J.

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