‹ Précis de l'histoire du droit françaisChapitre 114 sur 245 · ORIGINE DE LA TORTURE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA TORTURE

sion des hérésies; pourtant des évêques siégèrent quelquefois dans les tribunaux d'inquisition et déployèrent beaucoup de zèle pour sauvegarder la pureté de la foi catholique. Ces tribunaux prononçaient, suivant la gravité des cas, des peines mineures telles que l'amende, les pèlerinages, la flagellation, les croix, et des peines majeures, la conQscation, la prison et le bûcher (*). — Les amendes imposées aux coupables servaient aux dépenses des tribunaux d'inquisition ou à l'accomplissement d'œuvres pies, telles que la construction des églises. — Le pèlerinage était la visite obligatoire aux églises célèbres ou aux lieux sanctifiés par la tradition. On distinguait les pèlerinages mineurs qui ne faisaient pas sortiç du royaume et les pèlerinages majeurs qui obligeaient aux voyages d'outre-mer, et notamment de la Palestine. — Si la flagellation était prononcée, le condamné devait se présenter à des jours déterminés devant le prêtre pendant la célébration de la messe afin de recevoir de lui la discipline. — Quant aux croix, elles étaient la peine infamante par excellence. L'hérétique, pour montrer qu'il avait abdiqué ses anciennes erreurs , devait porter deux croix, Tune au devant de la poitrine, l'autre par derrière, d'une couleur différente de celle de ses vêtements. Cette peine était particulièrement redoutée, car l'opinion publique y attachait une idée d'infamie et de déshonneur. — La peine de l'emprisonnement n'était pas toujours également sévère et les documents qui nous restent de la justice inquisitoriale distinguent à ce sujet le mur large et le mur étroit. Le régime du mur étroit était un supplice d'une extrême rigueur équivalant presque à la mort. L'hérétique, enfermé dans un étroit cachot sans air, sans lumière, avec de lourdes chaînes aux pieds , étouffait lentement dans sa prison (*).

(1) Molînier, LlnquisiHon dans le midi de la France aux xiii^ et xiv^ siècles,

(2) Molinier, op. cii., p. 449.

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