INDUSTRIE ET COMMERCE AU MOYEN AGE
Le trait caractéristique de Tindustrie au moyen âge est surtout la division des artisans et gens de métiers en corporations. Sans doute, cette organisation remonte par une tradition ininterrompue aux collecta et sodalitates des Romains, quoiqu'il soit difQcile d'en suivre les traces du v* siècle au x". Ces corporations précédèrent souvent la commune, car, dans beaucoup de villes, on voit les métiers déjà organisés au moment où commence la lutte pour Taffranchissement. Les corps de métiers appelés aussi métiers, ghildes, associations, étaient sans doute d'autant plus nombreux et plus florissants que l'industrie était plus prospère dans les villes où ils étaient organisés. Les statuts des métiers sont fort anciens et, pour la ville de Paris, plusieurs remontent à Philippe- Auguste et même au delà. Le registre des métiers , rédigé par ordre d'Etienne Boileau, au temps de saint Louis, contient les statuts de nombreuses corporations (*).
Chaque corps de métier formdt ordinairement une confrérie ayant un saint pour patron et des fêtes spéciales. Pour entrer dans la corporation, il fallait commencer par être apprenti. Le nombre des apprentis était très-restreint, et, dans la plupart des métiers , les maîtres ne pouvaient en avoir plus de deux. Le temps de Tapprentissage était assez long et variait de trois ans à dix ans.
Sorti de l'apprentissage, l'ouvrier devenait compagnon ou valet et travaillait pour le compte d'un patron. Les valets devaient se rendre sur certaines places où ils attendaient que les maîtres vinssent les embaucher. Ceux-ci ne pouvaient les engager q u'après s'être assuré qu'ils remplissaient les conditions exigé es par les statuts.
Le nombre des maîtres était limité. On ne pouvait le devenir
[\) Depping, Règlements sur les arts et métiers de Paris rédigés au xjii^ siècle , dans la collection des documents inédits pour l'histoire de France.