BAUDOIN
monuments les plus parfaits , mais par « tronçons et lopins » dans les compilations de Justinien, et en conclut qu'il serait désirable de former une association de jurisconsultes, d'hommes d'État, des plus notables avocats et praticiens du royaume qui auraient pour mission d'extraire du recueil de Justinien ce qu'il y aurait de meilleur, de s'inspirer des livres de la philosophie sans négliger l'expérience acquise dans le maniement des affaires, et de rédiger un corps de lois en un petit nombre de livres. Hotmann en cela devance son temps et exprime un vœu qui ne pourra être réalisé que deux siècles après.
DoNEAU (1327-1591). — Ce grand jurisconsulte fut le contemporain et le rival de Cujas. Il enseigna à Bourges, à Orléans, puis ses opinions calvinistes le forcèrent à transporter son enseignement à l'étranger, ce qui était facile à une époque où les leçons de droit se donnaient en latin. Il a laissé des traités sur les titres du Digeste et du Code qui offraient de son temps le plus d'intérêt dans la pratique.
A l'inverse de Cujas, il explique le droit avec une méthode en quelque sorte géométrique. Il pose les principes de chaque matière et en déduit les conséquences. D'autre part, s'il avait l'esprit plus rigoureux, il paraît n'avoir pas eu l'universalité de connaissances qui distinguait Cujas et s'être concentré plus complètement dans l'étude des textes du Droit (*).
Baudoin (1520-1593). — Ce jurisconsulte, qui fut en même temps théologien et historien distingué, naquit à Arras, fut élève de Dumoulin et devint en 1548 professeur à Bourges où il resta jusqu'en 1555. Des démêlés avec Duarein l'obligèrent à partir pour Genève d'où, avec la recommandation de Calvin, il fut chargé de leçons de droit à Strasbourg. En 1557 des discussions avec ses collègues de cette ville firent qu'il se rendit à Heidelberg où il enseigna pendant cinq ans. En 1566 on le retrouve faisant à Paris avec un grand succès un cours de Pandectes qu'il avait ouvert dans cette ville. Devenu précepteur d'un fils naturel du roi de Navarre, il devait, en 1573, accom-
(1) Voir sur Doneau l'appréciation de M. Flach, Nouvelle Revtie historique de droit français et étranger, i883, p. 225.
pagner Henri de Valois élu roi de Pologne , mais la mort l'empêcha de profiter de la protection de ce roi. Il mourut catholique après avoir changé plusieurs fois de religion pendant sa vie (*).
Parmi ses ouvrages , nous nous contenterons de citer le De Instùutione historix universx et ejus cum jurisprudentia conjunctione dans lequel il expose la manière d'écrire l'histoire et les difficultés que rencontre Thistorien, et dans un second livre il soutient cette thèse qu'on ne peut être bon jurisconsulte sans être versé dans l'histoire ni bon historien sans connaître le droit à fond.
Barnabe Bnissoif [i^'iiA^^i). — Il fut sous Henri III avocat général au Parlement de Paris et devint ensuite président à mortier. C'était un jurisconsulte fort instruit, mais dont le caractère n'était pas à la hauteur du talent. Il mourut en effet victime de sa conduite équivoque pendant les guerres de religion. En IS89, après le départ d'Henri IH, les Seize le nommèrent premier président en remplacement d'Achille de Harlay, mais comme ils s'aperçurent qu'il n'avait pas cessé d'entretenir des intelligences avec le roi, ils le pendirent dans la Chambre du Conseil (2). Le recueil de Brisson intitulé Code Henri fut le premier essai de réunion des Coutumes et Ordonnances en un seul corps de droit.
Denys Godefroy fut un des grands romanistes du xvi* siècle. U enseigna d'abord i Genève de 1580 à 1589. A cette époque il fut nommé bailli de Gex par Henri IV. En 1590 il devint professeur à Strasbourg et en 1604 à Heidelberg, où il mourut en lGâ2. — Son ^\SjJ€u:ques GodeP'roy, qui était à la fois littérateur et jurisconsulte , s'est surtout illustré par l'édition qu'il a donnée du Code Théodosien en réunissant par un travail prodigieux les fragments épars de ce Code (3).
FabrotW (1S80-1659), professeur à TUniversité d'Aix, est
(!) Haag, la France protestante. — De Groos, Reime générale de droit, 1880, p. 513 et 1881, p. 5i.
t2) Henri Martin, Histoire de France, t. X, p. 267, — Revue critique de légùialion, l. IV, p. 4o.
(a) Les savants Godefroy, Mémoires d'une famille. Paris, 1873.
(4) Giraud, Notice surFabrot, 1834.