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VICTOIRES DES FRANCS

Quant aux Bargondes, ils vinreat s'établir à peu près à la même époque que les Wisigolhs dans l'Empire romain. Ils s'étendirent sur la rive gauche du Rhône et occupèrent à peu près tout le sud-est de la Gaule. Ils arrivèrent moins en conquérants qu'en amis , et ils furent appelés par les habitants de plusieurs cités qui espéraient trouver en eux des défenseurs contre les invasions des autres barbares. Ce sont eux surtout qui mirent en pratique Y hospitalitas , déjà employée, comme nous l'avons vu, par les Romains eux-mêmes. Ils se' firent ainsi attribuer une partie de la jouissance du sol jusqu'à ce que ce partage de jouissance se transformât en une acquisition de la propriété.

Les Francs étaient inconnus au temps de Tacite , et des auteurs pensent que leur nom vient de ce qu'ils formaient des bandes errantes entre le Rhin et l'Elbe (0. A diverses reprises, un certain nombre d'entre eux étaient venus se fixer dans l'Empire à litre de colons ou bien avaient été employés par les empereurs pour défendre les rives du Rhin. On distinguait parmi eux les Francs Saliens et les Ripuaires. Le nom de Salions fut donné aux premiers sans doute à cause d'une petite rivière, affluent de l'Elbe, la Sala (rYssel), le long de laquelle ils avaient longtemps demeuré. On désignait sous le nom de Francs Ripuaires les tribus qui étaient établies sur les rives du Rhin.

On a prétendu qu'à la même époque où la Gaule était occupée par ces tribus barbares et vers la fin du v® siècle, il y aurait eu une confédération Armoricaine , sorte de république fédérative comprenant les peuples établis au bord de la mer dans le pays qui est devenu plus tard la Bretagne , mais l'existence de cette confédération ne paraît nullement établie (2).

Les rois de ces peuples barbares établis dans l'Empire romain étaient loin de posséder des pouvoirs absolus. Ils reconnaissaient la suprématie de l'empereur de Rome et notamment celle des généraux romains que l'on appelait magistri militum. Ainsi Childéric, père de Clovis, fut déposé par OEgidius qui était magister militum des Romains. Lorsque l'Empire d'Occident

({] De Wrang, errant.

.2) Fustel de Coulanges , Histoire des institutions politiques de l'ancienne France, t. I, p. 591.

s'écroula en 476, le roi des Hérules, Odoacre, ayant déposé le dernier de ces empereurs, les généraux romains conservèrent le pouvoir pour leur propre compte, et nous savons que , en Gaole notamment, la région comprise entre la Loire et la Somme était au pouvoir deSyagrius, chef des Gallo-Romains.

Entre tous ces peuples établis sur le sol de la Gaule, c'est aux Francs que le sort des armes devait réserver la prépondérance. En Tan 486, Clovis triompha d'abord à Soissons des Gallo-Romains commandés par Syagrius; puis il remporta la victoire de Vouillé sur les Wisigoths et, par une conversion habile , s'attira les sympathies des Gallo-Romains restés catholiques et qui regardaient comme hérétiques les rois barbares qui étaient aryens. « Comme le remarque Lehuerou(*), trois victoires lui assurèrent la Gaule et quatre assassinats toutes les tribus franques qui avaient franchi le Rhin avec la sienne. Sa gloire absorba toutes les gloires rivales , comme son royaume s'agrandit de tous ceux qui jusqu'alors lui avaient servi de limites, et les vainqueurs n'eurent qu'un chef comme les vaincus n'eurent qu'un maître. L'unité de territoire et l'unité de dynastie sortirent ainsi des mêmes événements. » Les iSls de Clovis achevèrent son œuvre en soumettant à leur tour les Burgondes.

Il est intéressant d'observer que, malgré ses victoires , Clovis ne se considéra jamais comme un souverain indépendant. De même qu'Odoacre, après avoir renversé l'Empire d'Occident, avait demandé à l'empereur d'Orient Zenon le titre de patrice et une sorte d'investiture, de même Clovis se regarda comme un délégué de l'autorité romaine représentée par les empereurs d'Orient. D'après Grégoire de Tours W, il reçut de l'empereur Anastase le titre de maître des soldats et de patrice des Romains. On lui envoya même les insignes du consulat, titre auquel s'attachait, d'après les traditions romaines, l'honneur le plus grand que l'on pût conférer à des particuliers.

Nous venons de voir comment les Barbares sont entrés et se

(1) Histoire des instituUons mérovingiennes, p. 350.

(2) Grégoire de Tours, Historia Francorum, II, 3S. « ïgitar Clodovechus ab Anastâsio imperatore codioilos de consulatu accepit et in basilica beati Martini tunica blatea indutus est et chlamyde imponens vertici diadema. >'

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