‹ Précis de l'histoire du droit françaisChapitre 33 sur 245 · L — ÉPOQUE MÉROVINGIENNE · texte numérisé non relu

L — ÉPOQUE MÉROVINGIENNE

DROIT PUBLIC

Organisation politique.

Les rois francs, après avoir triomphé de leurs adversaires et fait reconnaître leur puissance par toute la Gaule, établirent leur gouvernement sur des principes semblables à ceux qu'ils voyaient accepter dans le monde romain. Tandis que dans les forêts de la Germanie, les rois étaient choisis par le peuple, sous les Mérovingiens le pouvoir monarchique devint héréditaire. On a contesté ce fait, et prétendu que la transmission par Thérédité ne commença qu'avec les Carolingiens, en se fondant sur ce que , au début de chaque règne , il y avait des réunions de guerriers pour acclamer le nouveau roi ; mais nous savons par de nombreux exemples qu'à la mort de chaque roi les fils succédaient à leur père et les réunions que l'on invoque semblent n'avoir eu pour objet que de célébrer solennellement la prise de possession de la couronne (*). Sans doute elles étaient un souvenir des élections usitées en Germanie.

Les rois avaient auprès d'eux une administration centrale qui s'appelait du nom qu'elle avait reçu sous les fonctionnaires romains , le palatium. Celui qui était placé à la tête de celle administration s'appelait niagister officiorum palatinorum ou maffister palatii, d'où le nom de maître ou maire du palais. Les maires du palais qui paraissent n'avoir eu à l'origine que les fonctions modestes de simples intendants préposés à l'administration d'une résidence royale, virent leur importance s'accroître, surtout pendant les époques de minorité des rois Francs et les régences des reines. Ils s'emparèrent alors de l'administration du royaume et finirent par substituer leur autorité à celle

(1) Fustel de Goulanges, Histoire des institutions politiques de l'ancienne France, p. 485. — J. Tardif, Éludes sur les institutions politiques et administratives de la France, p. 8.

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