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DU FILS DE FAMILLE

l'un des membres venait à mourir, il devenait l'objet d'un culte domestique W. A certains jours des rites devaient être accomplis, et c'étaient les parents qui descendaient des défunts par les mâles qui pouvaient seuls offrir les sacrifices. La nécessité d'accomplir ce culte domestique a exercé la plus grande influence sur la législation des Hindous^ sur celle des Grecs et des Romains. Beaucoup de détails des lois et des mœurs des peuples anciens ne sauraient être compris si l'on ne se pénètre de l'importance de leurs conceptions religieuses au sujet du culte des ancêtres. Par exemple à Rome, les empereurs après leur mort recevaient le titre de Divus et étaient adorés comme des dieux. Faut-il ne voir dans ce fait que l'expression de la plus grossière flatterie? Nullement, ce qui nous choque au plus haut point était tout à fait conforme aux mœurs et aux sentiments des Romains. Les empereurs remplissant dans l'État un rôle semblable à celui du père dans le sein de la famille , il était naturel qu'ils devinssent, après leur mort, des ancêtres et fussent l'objet d'un culte religieux.

Après avoir ainsi indiqué sommairement quels sont les traits caractéristiques de la famille chez les anciens, étudions brièvement quelle était la condition de chacun de ses membres, le fils de famille, la femme , les agnats, les gentiles.

Du fils de famille.

La condition du fils de famille, qui fut d'abord très-subordonnée, s'améliora peu à peu par deux causes principales qui, quoique distinctes, découlent pourtant l'une de l'autre , la possession par le fils de ses droits de citoyen et l'institution des pécules.

Si le fils de famille n'avait aucun bien en propre et s'il était , quant à son patrimoine, absolument soumis à son père, d'autre part il devait nécessairement être dans l'État considéré comme citoyen, du vivant même du père de famille. Il eut été, en effet,

(1) Voir Fustel de Coulanges , La Cité antique, oà ce point de vue est longuement développé. — Hearn, The aryan fwusehold, oh. u.

impossible de se priver des services des fils de famille à Tâge où ils avaient la plus grande vigueur de corps et d'esprit, et cela était surtout nécessaire dans les civilisations anciennes , où les guerres étaient incessantes et où l'État ne pouvait renoncer à employer comme soldats les hommes qui étaient à T&ge de l'énergie et de la force. Aussi à Rome les fils de famille pouvaient-ils arriver aux fonctions politiques, devenir généraux ou magistrats , sans être affranchis de la puissance paternelle. Mais il est probable que, sinon en droit, du moins en fait, la possession de semblables dignités avait pour conséquence de modifier la situation du fils vis-à-vis de son père el de rendre sa dépendance moins étroite.

Lorsque les fils de famille furent à Rome occupés au service militaire et éloignés pendant de longs mois du chef de famille , ils arrivèrent insensiblement à considérer comme trop rigoureuse l'acquisition faite par le père de tous leurs biens. II devait être plus particulièrement pénible à ceux qui avaient obtenu une part de butin dans une guerre lointaine , de partager avec leurs frères et sœurs des richesses qu'ils avaient acquises au prix de périls personnels. Aussi décida-t-on sous Auguste que le fils de famille resterait propriétaire du pécule castrense, c'est-à-dire des sommes ou des objets que comme soldat il aurait rapportés de ses expéditions contre Tennemi. Une fois le principe posé, il était naturel qu'il reçut une série de développements successifs. Ainsi sous Constantin on imagina un pécule quasi-castrense pour les objets qui étaient acquis au service du prince. Puis fut créé un pécule adventice pour les biens dont les enfants héritaient de leur mère et sur lesquels le père, au lieu de pouvoir exercer un droit de propriété, ne retint plus qu'un usufruit. On arriva ainsi insensiblement à distinguer des biens personnels au fils et ne se confondant pas avec le patrimoine du père.

Cette action dissolvante des pécules sur le pouvoir paternel n'est nullement particulière à la société romaine, et aujourd'hui encore, chez les peuples qui vivent à l'état patriarcal, le pécule est le dissolvant le plus actif de la communauté de famille. C'est ce qui a été observé chez les Hindous, c'est ce

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