ORIGINES DU DROIT CANONIQUE
A côté des divers systèmes de droit qui régissaient la société gallo-romaine et la société barbare , il importe de signaler une juridiction spéciale qui grandissait dans Tombre et qui devait au moyen âge attirer à elle une bonne partie des affaires considérées jusque-là comme civiles, nous voulons parler de la juridiction de TÉglise.
Si Ton veut rechercher les origines du droit canonique, il faut remonter jusqu'aux premiers temps du christianisme , alors que les membres des sectes chrétiennes préféraient soumettre les différends qui s'élevaient entre eux à quelques personnages vénérables par Tâge ou par Tautorité, plutôt que d'aller devant les magistrats romains qu'ils considéraient comme des ennemis. Nous lisons, en effet, dans saint PauH*): « Quand quelqu'un de vous a un différend avec un autre, ose-t-il bien l'appeler en justice devant les infidèles et non devant les saints? Ne savezvous pas que les saints jugeront le monde, et, si vous devez juger le monde, êtes-vous indignes de juger les moindres choses? »
Cette coutume de soumettre les procès à l'arbitrage des supérieurs ecclésiastiques et notamment des évêques, fut consacrée dans la législation romaine par les empereurs chrétiens. Le texte le plus ancien à ce sujet est une constitution de Constantin , de Tan 321 12)^ qui interdit aux juges ordinaires de connaître des affaires que les parties auraient, d'un commun accord, consenti à porter devant l'évêque. Une autre constitution sans date, mais que Ton attribue également à Constantin, et qui remonterait à l'an 331 , aurait encore ajouté à la précédente en
tionne plus fréquemment Tépreuve de Teau bouillante (tit. lvi et uz); la loi Ripuaire et les formules font surtout allusion k la preuve par cojureurs.
(1) Première épître aux Corinthiens, ch. vi, t. 1,2.
(2) Const., 17, De Sirmond; C, Théod., éd. Hœnel, p. 475. — « Judex pro sua sollicitudine observare debebit, ut si ad episcopale judicium provocetur, silentium aecommodetur. »