‹ Précis de l'histoire du droit françaisChapitre 6 sur 245 · AGNATS ET GENTILES · texte numérisé non relu

AGNATS ET GENTILES

doute, les parents qui, d'abord, recevaient le prix de la femme, avaient fini par consentir à le lui laisser à titre de dot. La capture suppose un état social très-troublé , des tribus guerrières l"uttant entre elles et s'enlevant réciproquement les femmes et les enfants. Mais, si Ton constate encore aujourd'hui de nombreux exemples de mariage par capture chez les peuples les moins avancés en civilisation, chez les Grecs et les Romains on ne trouve plus que des traces bien effacées de cet état primitif. A Sparte, d'après Plutarque W, les jeunes hommes devaient, avant le mariage, simuler l'enlèvement de la fiancée. Chez les Romains aurait existé, dans les familles plébéiennes, la coutume de soulever la fiancée au-dessus du ^euil de la maison (^).

Des agnais et des gentiles.

La famille aryenne ne se composait pas seulement du chef de famille, de sa femme et de ses enfants, elle comprenait encore les agnats et les gentilés. On désignait sous ce nom ceux qui descendaient d'un auteur commun par une série de générations masculines. Cette sorte de parenté était considérée comme très-étroite et donnait des droits réciproques de succession et de tutelle. Rien de plus général, dans les anciennes communautés aryennes, que cette façon d'envisager la famille. Les communautés de village de Tlnde sont constituées en clans dont les membres sont rattachés par une descendance commune. En Grèce existait le ysvoç, les Romains avaient la ge7is. Chez les Écossais, les Irlandais, les Gallois (3), il y eut longtemps la division en clam qui présentent tous les caractères de la gem antique. Aujourd'hui encore, chez les Slaves du Sud W, tous les hommes qui remontent à un

(i) Vie de Lycurgue.

(2) Voir de Dombreux exemples de ces coutumes dans Letourneau , Socio- Icgie.

(3) De Valroger, La Gaule celtique, p. 510, 550.

[4; Sumner-Maine, De l'organisation juridique de la famille cliex, les Skvei du Sud, p. 9.

ancêtre commun par une descendance exclusivement mâle, naturelle ou adoptive, sont rattachés par un lien de parenté qu'on appelle la parenté par le gros-sang.

Les membres de la même gens étaient reliés les uns aux autres à divers points de vue :

1* Ayant les mêmes ancêtres, ils avaient le même culte domestique, celui de l'auteur commun.

2* Ils portaient tous le même nom, celui de la gens, et se distinguaient les uns des autres par le prénom placé avant le nom de famille, et quelquefois par le surnom qui venait après.

3° A défaut de descendants , ils se succédaient réciproquement les uns aux autres. Ils étaient également investis de la tutelle, lorsqu'un membre de la gens décédait laissant des enfants mineurs.

4** Ils étaient solidaires les uns des autres pour payer les dettes d'un membre de la gem; ils se servaient mutuellement de cautions. Ils venaient en justice prendre parti pour le gentilts qui était accusé, et le défendre en attestant sous serment son innocence et son honorabilité, ainsi que nous le verrons pour les cojureurs du droit germanique.

S'* La gens avait un chef qui était à la fois commandant militaire et juge. On sait que, lorsque la gens fabia alla combattre les Véiens, elle était commandée par son chef. La juridiction du chef de la gens ne s'étendait qu'aux dififérends soulevés entre les membres de la même communauté.

Quelle différence y avait-il entre Tagnation et la 'gens? C'est un point qui est resté obscur. Certains auteurs 0) estiment qu'il n'y avait entre les agnats et les gentiles qu'une différence de degré. Les uns et les autres descendaient par les mâles d'un auteur commun, mais les agnats étaient les parents les plus rapprochés, ceux qui appartenaient à la môme branche de la famille. D'autres (2) pensent que l'agnation s'étendait jus-

(1) Fustel deCoulanges, La Cité antique, p. 125.

(2) Hearn, Tke aryan household, p. 173. — Institutes, liv. III, t. v, § 3.

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