ÉTABUSSBMÇNTS DE SAINT LOUIS
que l'œuvre d'ua simple particulier, il est hors de doute qu'ilè^ earent une très-grande influence i^\ Ils furent souvent con^ suites par les. légistes et leur esprit pénétra à la fois dans les écrits des jurisconsultes et dans le texte de certaines coutumes. Ainsi les ^/a^/is^^m^/ï^s,paraissent avoir été fomiliers aux rédac^ leurs de ldL,TrèS'iincienHe cantiime de Bretagne rédigée vers Tan 1330. Dans le Poitou, les usages de la province furent colJigés pendunt la seconde moitié du tçiv*" siècle , dans un ouvrage intitulé ; Livre des droiz et compiandemerUs, pour la rédaction duquel les Établissements ont été si bien mis à profit, qu'on a pu dire que la matière juridique qui compose les Établissemeîits a passé presque tout . entière» dans le jUore des droiz. En Champagne, vers le commencement du xiv" siècle , fut écrit un abrégé champenois Abs Établissements dans lequel l'auteur essaya de mettre en ordre et de résumer cette compilation à l'usage de la Champagne. Dans le Beauvoisis, les Établis$ements{^)on{éié très-probablement connus de Beaumanoir. C'est ce qu'il est permis de conclure, soit de certains passages de Touvrage de ce jurisconsulte dans lesquels se trouve un écho des Établissements^^), soit de la présence depuis le commencement du xiv' siècle d'un manuscrit des Établissements dans les archives de la com-* mune de BeauvjEiis. Enfiq dans l'Artois, le rédacteur des Anckiis usages d^ Artois a utilisé les Établissements, de ma me que dans le Hainaut et les Flandres, Boutillier, écrivant sa Somme rural vers la un, du xiv* siècle, les a également . mis à contribution, .
Conseil à un ami, — Cet ouvrage est dû à Pierre de Fontaines, Tun des conseillers de saint Louis. Il a été écrit vers 1253 pour un jeune homme de ses amis , et d'après un des manuscrits,, il aurait ét^ composé sur le désir de saint Louis, pour le fils de celui-ci qui devait être plus tard le roi Philippe III le Hardi. « Entendant m'avez fait plusieurs fois que vos avez un fils qui naolt s'endotrine de boues mœurs et de ferme créance
(1) Voir les savants développements donnés sur cette influence par M. VioUet, op, cit., t. I, liv. III, p. 280. (2j Viollet, ÉtablissemenU de saint Louis, t. III, p. 14i. (3) Coutumes du Beauvoisis, c. vi, § 31 ; — lx, i3; — lxi, 15, 16.
el que vos espérez que après vos tienne votre éritage et porce voudriez qu'il s'estudiat es lois et es coutumes du pais et de ce m'avez requis et requérez que je li face un escrit selonc les us et coutumes de Vermandois et d'autres corz laies (*). » Dans son ouvrage, Pierre de Fontaines choisit parmi les lois romaines celles qui paraissaient s'accorder avec le droit en vigueur de son temps. Dans le premier chapitre, il semble s'attacher au Digeste, puis, vers le chapitre xi, il suit l'ordre du Ck)de (liv. II et III), pour finir par le Digeste. Il traduit ainsi et paraphrase les lois romaines qui lui paraissent conformes aux coutumes. Cet ouvrage est un des plus anciens sur notre droit; mais le mélange de droit romain et de droit coutumier qu'il contient en rend la lecture difficile et moins profitable pour la connaissance de notre ancien droit que celle des Établissements de saint Louis et de Beaumanoir.
On a attribué quelquefois à de Fontaines une compilation qui est intitulée le Livre la Reine, et qui contient, outre le Conseil à un 'amij le Grand Coutumier de Normandie et des textes traduits du droit romain, mais il est probable que cette compilation est postérieure en date au Conseil à un ami et doit être attribuée à un auteur anonyme (2).
Livre de Jostice et de Plet. — Cet ouvrage (3) contient un mélange de droit romain, de droit canonique et de droit coutumier. Sur 342 titres, 195 sont une traduction peu littérale du Digeste, 31 reproduisent des décrétai es de Grégoire IX, 20 contiennent des dispositions de droit coutumier dont l'origine n'apparaît pas clairement. Le manuscrit remonte à la fin du xiii'' siècle, peut-être vers 1270. Comme on n'y trouve ni l'ordre logique et la cohérence qu'on eût attendue d'un théoricien, ni l'intelligence des détails qui distinguent l'homme de pratique, on pense que ce livre serait la reproduction de l'enseignement donné dans une Université, plus probablement celle d'Orléans, et que le manuscrit contiendrait la rédaction de notes recueillies
(1) C^. 1", § 2. — Le Conseil à un ami a été édité en 1846 par Marnier.
(2) Marnier, Introduction à rédition du Conseil à un ami.
(3) Il a été signalé par Klimrath et édité par Rapetti en 1850.