‹ Précis de l'histoire du droit françaisChapitre 66 sur 245 · IHSTITÏÏTIONS POLITIQUES DAHS LA P£RI0DB F£0DALE · texte numérisé non relu

IHSTITÏÏTIONS POLITIQUES DAHS LA P£RI0DB F£0DALE

Il serait difficile d'établir uoe ligne de démarcation bien tranchée entre la royauté Capétienne et les derniers Carolingiens. On a longtemps admis que les deux dynasties représentaient des principes et même des races différentes, ^ue tandis que les Carolingiens appartenaient à la race franque ou germanique et défendaient les idées d'unité et de centralisation, les Capétiens étaient les représentants véritables de la nation française et inauguraient le triomphe de la féodalité. Des travaux récents (*) ont montré qu'il n'y a pas eu entre les deux races , au moins à l'origine, une opposition aussi tranchée et qu'à cette époque comme à toutes celles de notre ancienne monarchie, les institutions ont été soumises à la loi de continuité et de transformation graduelle. Depuis que la France avait été séparée de la Germanie parle traité de Verdun de 843, les derniers des rois Carolingiens représentaient vraiment les intérêts français et lorsque Hugues Capet, en 987, fut élu roi de France, la féodalité à laquelle il devait son avènement existait déjà dans les mœurs du pays. Pendant tout le cours du x* siècle, sous le règne des derniers Carolingiens , la royauté était devenue élective, tant la puissance des grands balançait déjà l'autorité des descendants de Charlemagne. Si l'élection de Hugues Capet installa définitivement sur le trône une dynastie nouvelle, elle avait été précédée par l'élévation à la dignité royale de plusieurs descendants de Robert le Fort qui n'avaient nullement répudié les traditions et les tendances de la monarchie Carolingienne. Ce sont les services rendus par ceux qui étaient devenus les ducs des Francs dans les guerres contre les ennemis du dehors, ce sont leurs vastes possessions et la position centrale qu'occupait leur fief qui conduisirent en 987 les seigneurs à préférer

(1) Luchaire, Histoire des institutions monarchiques de la France sous les premiers Capétiens,

les Capétiens aux faibles héritiers de Charlemagne qui n'avaient plus ni propriétés ni vassaux.

Quels étaient les caractères de la royauté Capétienne?

!• Elle était d'abord la continuation de la monarchie Carolingienne s'inspirant, comme sous Charlemagne, des idées de centralisation et de pouvoir absolu qui avaient prévalu dans l'Empire romain. L'autorité des rois Francs était, comme nous l'avons vu, fondée sur un mélange d'usages germaniques et de traditions romaines, et cette conception ne cessa pas brusquement avec la dynastie Capétienne. Même sous les premiers rois de la troisième race, les souvenirs de Charlemagne et peut-être des empereurs romains faisaient considérer le pouvoir royal comme une sorte de magistrature donnant au souverain le droit d'intervenir pour assurer l'ordre et la paix et pour protéger les faibles contre les puissants.

2* Elle avait un caractère religieux et fut de bonne heure considérée comme étant de droit divin. L'Église, qui avait été sous les Carolingiens associée à l'exercice du pouvoir royal, était encore toute-puissante au x* siècle, et c'est surtout à son influence que Hugues Capet dut son élection. Les rois étaient, après leur avènement, couronnés dans une cérémonie solennelle ayant un caractère religieux et où ils recevaient de l'évoque l'onction divine. C'était une sorte de confirmation de la dignité royale prononcée au nom de la Divinité elle-même, et od comprend que, dans les temps de ferveur religieuse du moyen âge , cette cérémonie fut de nature à inspirer aux sujets du roi un profond respect et une crainte salutaire. Les rois, comme les prêtres et les évêques, étaient revêtus d'un caractère sacré et recevaient leur investiture de Dieu même, et cette conception du pouvoir royal devait augmenter singulièrement le prestige dont ils étaient entourés dans l'imagination populaire.

3"* Elle avait un caractère féodal en ce sens que les rois Capétiens sont, non-seulement propriétaires de leur domaine, mais encore suzerains de tous les grands feudataired dont les plus puissants même sont tenus de leur prêter serment de Qdé-

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