I- Italie
) 2' III vrie occidentale fPannonîe, et I 3° Afrique.
i 1° Eipagne et Afrique Tingitane.
{2* Gaules.
' 3" Bretagne.
JyllI. — Tableau de l'administration impériale.
I" Dignités de la couronne. — Le service personnel du prince n'était pas assez distinct des charges publiques pour que l'on pilt faire des officiers du palais une classe entièrement à part. Cependant nous rangerons sons un titre particulier : le Graud-Clia-mbellap {prœpositus sacri cubiculi)'. lus deux Capitaines des Gardes ( comités domesticorum ) ; le Maître des Offices; le Questeur ou Chancelier; le Mi-
nîstre du Fisc ou du Trésor impérial (cornes renaît privatarum) , dont les attributions étaient bien distinctes de celles du Comte des Largesses sacrées ou ministre du Trésor public.- .'">,. , .
2° Administration provinciale. — Chaque préfecture avait un Préfet du Préloire, chef suprême de l'administra lion civile, qu'il ne faut pas confondre avec le Préfet de la Ville { Rome ou Constant inopte ). Les diocèses étaient gouvernés par des Vicaires du préfet , les provinces par des Présideus ou Consulaires, les cités par des Duumvirs et un Défenseur tirés du sénat municipal des Décurious et nommés par le peuple.
8° Organisation militaire. — Après les Compagnies des Gardes e( les Kcoles du Palais , venaient les légions et les auxiliaires , qui avaient pour coinmandans supérieurs : un Maître général de la Milice dans chaque prélecture , un ALùtre de la Cavalerie et un Maître de l'Infanterie , des Ducs et des Comtes militaires, des Préfets légionnaires , etc.
4° Justice. — Le questeur et quelquefois le sénat prononçaient sur les cas particuliers réservés à l'empereur. Pour les affaires ordinaires, elles ressort issaïent des divers magistrats , suivant leur nature ou leur importance. On appelait du défenseur aux duumvirs, des duumvirs au président, du président au vicaire, du vicaire au préfet du préloire.
6° Finances. — Les contributions publiques , perçues par les Collecteurs des cités . passaient par les mains des Préposés du Trésor ou Receveurs provinciaux, et des Comtes des Largesses pour arrivée
dans celles du Ministre du Trésor public ou Comte des Largesses sacrées. Le reveau de l'Empire provenait de quatre sources, savoir : Le domaine public ; les contributions directes, qui cpmprenaieut l'indiclion et la capitation ; les contributions indirectes ; et les produits éventuels , tels que les confiscations , les déshérences , les amendes , l'or coronaire , etc.
6° État des personnes. — On distinguait parmi les sujets des empereurs trois principales classes de personnes : 1° celle des JVobies , comprenant les patriciens, les officiers impériaux civils et militaires, les décorions , etc. ; Z" celle des Plébéiens , composée des Curïales ou Possesseurs , des familles militaires , des marchands et des artisans libres; 3" celle des Esclaves , où l'on peut faire rentrer aussi les affranchis et les colons tributaires.
§ IV. — Division géographique et ethnographique du Nord.
Les pays situés au delà du Rhin , du Danube , de la iner Noire , du Caucase et des monts Altaï , étaient divisés par les anciens en trois grandes contrées d'inégale étendue ; savoir : la Germanie , la Sarmatie et la Scythie.
1° Scythie. — Cette contrée s'étendait depuis le Rha ou Volga jusqu'à la mer Orientale, que les anciens ne connaissaient que de nom ; et depuis les monts Inimaùs ou Altaï jusqu'à la mer Septeatrio-
unie , dont les Grecs ni les Romains n'avaient aucune
notion. >■ . '. •
S° Sarmatie. — La Sarmafie, ou plutàt la Slavouie, comprise entre la Baltique et le Pont-Euxin, laTheiss et le Volga , se divisait en Dacie , petite Scythie et Sarmaiie européenne. .
3° Germanie. — Elle comprenait tout le pays situé entre le Rhin , le Danube, la Theiss, la Vïstule, lo golfe Baltique et la mer d'Allemagne. On y rattacliait aussi la Cliersonèse cîmbrique ou Danemark , et la Scandinavie.
Cette division du monde sepientrionalnous permet de rapporter à trois familles dominantes les diverses nations qui, à des époques différentes, envahirent les contrées méridionales de l'Europe et de l'Asie. .
i° Famille Scy inique. — : Elle comprend les Huns ou Hioug-uou , peut-être les Alains , les Bulgares, les Avares, les Hongrois ou Madgiares , les Turcs , les Mongols ou Tatarcs , etc. ; . - . •>!.
8° Famille Sarmale ou Slave. — Mous diviserons les tribus de celle race en trois classes i
Les Slaves méridionaux, Bosniens, Servions, Croates, Esclavom, Dalmales modernes, etc. , qui s'établirent entre la Save et la mer Adriatique ;
Les Slaves occidentaux ou Vcnèdes , tels que les Polonais , les Bohémiens, les Moraves, les Poméra. niens , les Wilses, les Ohotrites , les Lusaciens, etc., qui se fixèrent entre l'Elbe et la Vistule, la Baltique et les monts Krapaks;
Les Slaves septentrionaux ou Sédentaires , qui , réunis aux Finois ou Tchoudes de la Baltique orien-
taie, ont formé la nation russe primitive. On pourrait ranger dans celte classe les Livonieus, les Lettons eu Lithuaniens et les anciens- Prussiens.
.3° JPamilie Germanique. — L'aspect topographique de la Germanie nous présente les nombreuses peuplades de la nation teutonique placées dans l'ordre suivant :
Au midi, les jUlemanml ou Àllemaus , confédération formée de diverses tribus où dominaient les Suèves ou Souabes; et à côté des Allemotmi , les Bavarois ou Doiariens , chassés de la Bohême par les Marcomans' ■>■'•. \ ■ 1
A l'est , les Marcomans, les Quades , les Hermundures et les Hérules ; hors de la. Germanie , les Gépides et les- Ge-ths ;
A l'ouest , les Francs , quf comprenaient dans leur confédération les Saliens, les Sicambres, les Bructères, les Cat'tes , les Chamaves, etc., et sur la cote de l'Océan , les Frisons;
Au nord , les Vandales, les Bourguignons, les Rugiens et les Lombards, tribus de la nation des Suèves, et dont l'émigration laissa la place aux Vénèdes ; au nord ouest , les Angles et les Saxfms. Les Cimbres et les Scandinaves, la plupart d'Origine germanique, restèrent étrangers h la grande irruption des barbares; mais ils devaient plus tard faire à eux seuls une invasion sous le nom de Northmans.
§ Y. — Mœurs des Germains, ; ,.- \ ...
Les mœurs et les coutumes des anciens peuples du Word ne peuvent nous intéresser qu'en raison :de ^'influence qu'elles ont exercée sur les institutions des sociétés nouvelles , nées du sein même de l'invasion barbare ; et comme l'Empire romain d'Occident n'a guère reçu à demeure , dans ses provinces , que des conquérans sortis de la Germante, il nous importe surtout de connaître les mœurs guerrières de cette nation , et les usages publics dont elle a imprimé la trace dans la législation actuelle de l'Europe romaine.
Les Teutons ou Germains tiraient leur nom(Teuilch) de Tuist , fds de la Terre {Herlhe) , qu'ils regardaient comme leur mère; commune , et qui était leur principale divinité. ils offraient aussi une espèce de culte à Mars, à Hercule, à Mercure, comme au Soleil , à la Lune et au Feu. Des fontaines et môme des arbres recevaient de ces peuples grossiers un hommage superstitieux. ■ ■; /-m...
La nation teutonique était divisée en un grand nombre de tribus qui avaient leur gouvernement particulier, et dont les plus faibles s'unissaient en confédérations. Il paraît que les Saxons avaient des rois héréditaires , descendans d'Odin. Chez lès autres peuplades, les rois étaient élus dans les familles les plus illustres; lè commandement militaire était le prix du courage ; le pouvoir royal était limité par l'autorité des principaux , et par l'assemblée du peuple qui se tenait à la nouvelle ou à la pleine lune. Ces
assemblées exerçaient le pouvoir législatif et rendaient aussi la justice comme nos anciens Champs de-Mai. A l'exception de la trahison et de la lâcheté, tous les crimes et délits s'expiaient par des amendes payées en nature.
C'est dans les réunions générales de la tribu que se décidait la guerre. Quelquefois aussi de simples guerriers d'une bravoure éprouvée y proposaient des expéditions particulières qui habituaient les jeunes gens aux dangers et à la discipline. Ces heere-zog , ou conduteurs d'armée , n'avaient sur leurs compagnons volontaires que l'autorité de l'exemple et des récompenses. Leurs libéralités se répandaient particulièrement sur un petit nombre de leitdcs ou fidèles qui s'étaient dévoués à leur personne , et qui devaient mourir pour lés défendre ou pour les venger.
A peine sortis de l'adolescence, les Germains étaient présentés à l'assemblée publique , où ils recevaient des mains de leur père ou de celles d'un guerrier connu le bouclier et In Tramée. Dès ce moment , émancipés par les armes, ils passaient dans les rangs des hommes de guerre (Herimahs) , et se devaient à la patrie.. SI la paix retenait leur valeur oisive , ils se préparaient aux lignes militaires par- > l'exercice de la chasse, dédaignant également les soins de la famille qu'ils laissaient aux femmes, et les travaux des champs que supportaient les esclaves.
L'agriculture, ainsi méprisée, devait languir et peu produire. D'ailleurs rien n'attachait au sol des possesseurs précaires qui ne pouvaient tenir de domaine' en propres Pour ne pas. détourner les horti-
tries <Ju goât des combats , et pour maintenir avec l'égalité des fortunes l'égalité des droits , les magistrats distribuaient , tous les ans , à chaque bàurgade , k chaque famille , lé lot qu'elle devait cultive^ Dans k nécessité où -se trouvait souvent une tribu de changer de résidence; il fallait ne rien laisser derrière soi. Le Germain remplaçait aisément l'habitation abandonnée ; une cavité souterraine ou une hutte de terre suffisait à toute sa famille et à ses animaux domestiques. Les vêtemens de ces barbares étaient aussi simples que leurs demeures ; ils portaient des habits serrés , dont l'usage devait un jour faire abandonner la toge et la robe romaine.
Sévères dans leurs mœurs, les Germains ne connaissaient pas la polygamie, ou du moins ils n'en permettaient le privilège qu'aux rois et aux grands , comme inarque d'honneur. Le futur époux achetait le consentement du père de la fiancée, celle-ci apportait en dot une armure complète , et recevait eu douaire le morgengabe ou présent du matin.
L'hospitalité , religieusement ohservée chez ces peuples, y dégénérait souvent en ostentation et en débauches. Pour faire honneur à l'étranger , ou invitait les amis et les voisins à un festin dont tout le luxe consistait dans une abondance prodigue. Les affaires privées et publiques se traitaient souvent dans ces grossières orgies ; plus souvent la fête se changeait en rixe sanglante. Lorsque le jeu succédait au banquet, la vie des convives n'était plus en danger, mais leur liberté était compromise ; car les Germains s'attachaient avec tant de fureur aux hasards delà
fortune , qu'ils jouaient souvent leur personne quand ils n'avaient plus rien à perdre. !■■.'.■
Telle fu( cette nation avec laquelle Home se trouva engagée dans une lutte constante depuisj'invasioa des Teutons et desCimbres, qui faillirent renverser la République, jusqu'à celle des Goths et des Hétules, qui détruisirent l'Empire d'Occident. . -; ,