‹ Précis de l'histoire du Moyen Âge par m. des MichelsChapitre 4 sur 75 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Invasion de» Barbares , d'epui» l'armée des Huns en Europe jusqu'à la chute de l'Empire d'Occident , 376-478.

§ I. — Arrivée des Huns, et premier établissement des Coths dans l'Empire, 376-395.

Origine des Huns. — Les Huns ou Hiong-noa, peuples pasteurs et nomades, étaient originaires de la partie septentrionale du grand plateau de l'Asie. Dès les temps les plus reculés, Tchun-Goei, leur khan ou taujou, avait fondé un puissant eniprre au nord du désert de Kohi. Ses successeurs subjuguèrent les Mantchoux ou Tartares orientaux. C'est en vain que les Chinois opposèrent U grande muraille à leurs incursions ; ris fuient rendus tributaires des Tanjoux. Mais l'empereur Vou-ti cbassa les Huns du Calay, et les Mantchoux s'aflVanchireiit aussi de leur domination.

Les Huns en Europe. — En proie à une affreuse f;i mine et à des guerres intestines , les Huns abandonnèrent les steppes de la ïartarie et se dirigèrent vers l'Occident, divisés en deux corps de liation. Les Huns lolaucsouNcphlalitess'arretèrent dans la Transoxiane,

d'où ils se rendirent si redoutables à la Perse. Les autres tribus , conduites par Balamir , étant arrivées dans le pays des Alains, au nord du Caucase , entraînèrent avec elles ces barbares, passèrent ensemble le Don ou Taiiaïs , et envahirent les terres occupées par lesGoths (376).

Les Goihs formaient la plus nombreuse et la plu* puissante des tribus germaniques. Après avoir soumis la presqu'île Scandinave, ils étaient revenus sur le continent, et leur roi Arnala s'était emparé de tout le pays situé entre la Baltique et la mer Noire , la Thciss et le Tannïs. Le Boryslbène ou Dniéper séparait les Ostrogoilis des yisigotlis. Les Gépides ou Tnuiieurss'étaientanôlésau nord des monts Krapaks. Ces trois grandes peuplades de la même nation obéissaient au puissant Hermanrich , lorsque les Huns vinr vent bouleverser leur domina! ion.

Les Visigalhs dans C Empire, 378. m Après la défaite d'IIermanrich , qui se donna la mort pour ne pas survivre à son malheur, les Golhs orientaux et les Gépides se soumirent aux Huns, ainsi que les Slaves, qui- iie firent que changer de maîtres. Les Visigoths épouvantés accoururent en foule vers lè Danube , et sollieilèrent un asile dans l'Empire romain. L'empereur Vateris accorda cette faveur eux prières de leur eveque Ulphilaa , à condition qu'ils embrasseraient l f arianisnie, et qu'ils livreraient leurs armes aux commissaires impériaux., Les barbares furent cantonnés dans les deux Mésies ; on leur distribua lés terres vacantes , et on leur permit d'y vivre suivant leurs

lois, mais sous Ja surveillance des officiers de l'empereur, . . -,

378, r^r Lee vçsations de ces agens poussèrent les Gui lis à la ré voile. Us prirent les urines, que ht vénalité avait laissées entre leurs mains. Conduits par leurs juges Fritigeru et Ajavivus, ils passèrent le mont HémiiS, et .gagnèrent sur les Romains la sanglaute bataille d'Andrinople , oft l'empereur perdit la vie. Cependant les vainqueurs n'osèrent attaquer Constantinople, et rentrèrent dans leurs terres chargés de butin.

L'empereur d'Occident Grntien , ayant succédé à son oncle Valons, confia la défense de l'Orient au comte Théodose , qu'il associa a l'Empire. Ce grand prince bal lit les barbares sur le Danube et leur dicta la paix. Les Visigoths s'engagèrent , moyennant uqe çolde annuelle , ù défendre la frontière qu'ils habitaient. Us tinrent en échec les Huns, qui dominaient sur l'aulre rive du fleuve, et leur général Alaric , fidèle à la fortune de Théodose , aida cet empereur à détruire le tyran Eugène , que le Franc Arhogast avait revêtu de la pourpre.

§ IL — Invasion des Visigoths, des Bourguignons, des Suèves et. des Vandales sous ffçnorius, 385-434.

Première invasion tT Marie , 396-401. — Après la mort de Théodose , les Visigoths , secrètement exci-

tés par le ministre Ruffin, se mirent en pleine révolte, sons prétexte que la cour de Byzanceavait interrompu on relardé le paiement de leur solde convenue. Alaric à leur tète, ils ravagent la Tlirace, la Macédoine, et pénètrent jusque dans le Péloponèse ; Slilicon les y poursuit. Mais les barbares' lui échappent et traiteuî avec l'empereur Arcadius, qui accorde à leur chef Alaric la dignité de maître de In milice dans la préfecture d'Illyrie. Peu de temps après, le général barbare est élevé sur le pavois et proclamé roi par les Goths.

401-403. — Les barbares campés au pied des Alpes Juliennes désolaient la Vénélie par des incursions partielles. Enfin , Alaric lui-même , profitant de l'absence de Stiliccm, fondit sur l'Italie avec toutes les forces de sa nation. Les riches cités delà Cisalpine furent livrées au pillage. Honorius, chassé de Milan, se réfugia dans Asti, oit les Golhs allèrent l'assiéger. Mais Stilicott , accouru du fond de la Rbétie , délivra l'empereur, èt , poursuivant les barbares , les atteignit et les battit près de Pollentia. Alaric se replia sur Mllyrie et obtint une paix 'avantageuse. Uonorius alla triompher à Rome de la victoire de son général ; ensuite il transporta la résidence impériale à Ra venue, et mil ainsi entre lui et les barbares les lagunes de la mer Adriatique.

Invasion de Radagaise , 406. — Pendant qiie les Visigolhs étaient stationnés sur les bords de l'Isonzo , une multitude dcSuèves commandés par Radagaise accourut des bords de l'Oder et se joignît aux Alains et aux Vandales qui erraient sur les deux rives du

Danube; Une division de ces tribus combinées passa les Alpes rhétiennes et s'avança sans obstacle jusque sous les murs de Florence. Mais Stilicon , arrivant au secours de cette place , força Radagaise à lever le siège, et enveloppa lui-même les barbares dans les rocbers de Fésules. Affamés dans leur camp et réduits à un petit nombre, ils se rendirent au général romain, qui les vendit comme esclaves et lit trancber la tête à Radagaise. - ••'

Invasion de la Gaule, 407. — A la nouvelle de ce revers, les autres tribus barbares rentrent dans la Germanie et se rapprochent du Rhin, où les Bourguignons font alliance avec elles. Les quatre peuples réunis entreprennent de passer ce fleuve qui servait de barrière à la Gaule. Les Francs Ripuaîres, alliés de l'Empire, essaient en vain de défendre le passage. Après avoir soutenu un choc terrible où le roi des "Vandales perdit la vie , ils sont mis en déroute par la cavalerie des Alains, et les tribus confédérées passent librement le Rhin près de Mayence. Les cités de la Belgique sont livrées aux flammes, et pendant plus de deux ans la Gaule est parcourue et dévastée dans tous les sens. Elle dut sa délivrance a l'usurpateur Constantin , que les légions de la Bretagne venaient de proclamer empereur, et qui fit reconnaître son autorité à la plus grande partie de la Gaule et de l'Espagne.

409. — Les Vandales, lesSuéves et les Alains, laissèrent les Bourguignons entre le Jura et la. Saône , et passèrent les Pyrénées pour piller les richesses de

l'Espagne , pendant que l'Italie subissait une nouvelle invasion. i .

Prise de Morne par Alaric, 410. — L'empereur Honon'uB venait d'oidonner la mort de Stilicoo, que ses envieux accusaient de trahison, cl le massacre des Goths auxiliaires était compris dans ce coup d'Etat (408). Mais les barbares s'échappent des garnisons de l'Italie et vont demander vengeance au chef de leur nation. Alaric saisit ce prétexte pour envahir de nouveau l'Italie. 11 marche Sur Rome , qui se rachète d'abord par une riche rançon. Elle reçoit ensuite pour empereur le préfet Affale , qu'Alarie fait élire par le sénat, pour le dégrader bientôt après; et enfin les portes de la ville sont ouvertes par les esclaves révoltés, et les immenses richesses accumulées dans la capitale de l'Empire deviennent la proie des barbares.

Les yisigolhs dans la Gaule , 412. — Alaric étant mort à Cosenza, son beau-frère Adolphe ou Ataulf fut élu a sa place. Ce nouveau chef des Goths fit la paix avec l'empereur, qui lui laissa épouser sa sœur Placidîe, et il s'engagea à chasser les usurpateurs Constantin , Gérontïus, Jovin et Sébastien, qui se disputaient la Gaule. Constantin , fait prisonnier dans Arles par le comte Couslantius , subit la peine capitale ; Géronliu3 se donna lu mort ; Jovin et Sébastien, vaincus par les Yisigolhs, périrent Sur l'écluifaud à Narbonne. :

Royaume des Bourguignons , 413. — » A la faveur de cette anarchie , les Bourguignons s'étaient établis dans la Séquanaise, protégés par le traître Joviq. Honorius confirma la possession de cette province à

leur roi Gondicaire. Les successeurs de ce prince étendirent leur domination sur les provinces voisines, el Lyon devint In capitale des Bourguignons.

Rpyàume des Suèves, 410. — Le général Constance, voulant éloigner de la Gaule des alliés qui la pillaient, engagea Alpulf à passer les Pyrénées, Ce chef b«V baj'eayant été assassiné à Barcelone , Wallia prit sa place , et servi! les Romains contre les Vandales , les Suéves el les Alains. Dans celte lutte les Alains furent détruits ; les Vandales furent poussés et contenus dans la Bélique ; et les Suèves , commandés par IJermanrich , fondèrent en Galice un royaume qui fut conquis ptir les Visigoths, en 586.

Royaume îles yisi&otlis, 419. — Pour prix des services que les Gu! lis avalent rendus à l'Empire, Wallia obtint pour eux la seconde Aquitaine et la ville de Toulouse , qui fut pendant près d'un siècle la capitale de leur royaume. Les premiers successeurs de "Wullîa ajoutèrent à cette province tout le pays compris entre la Loire et les Pyrénées ; ainsi que la plus grande partie de l'Espagne. i ■

Mort trffortorius , 424. — Trois royaumes barbares venaient d'être fondés dansTEmpiie, lorsque Honorine finit son règne et sa vie. La plupart des actes de son gouvernement avaient eu pour objet l'extilipalion de l'hérésie et du paganisme, Il déclara tous les djssîdens inadmissibles olix fonctions publiques , fit détruire les idoles el les temples, des dieu?, jl.abotit aussi les combats des gladiateurs et tous les spectacles que réprouvaient la religion et l'humanité.

§ HT. — Invasion des V andales en Afrique et des Huns en Europe , sous V alcntinien III.

Honorius n'ayant pas laissé d'en fans , son héritage revenait à son neveu Théodose II , déjà empereur d'Orient. Mais la division de l'empire romain était devenue «ne nécessité publique , el le fils d'Areadius se fît un devoir d'abandonner ses droits à son cousin ■Valent rnieri , né du second mariage de Placidie avec ïe comte Constantius. Cefte princesse était alors à Conslanlrnople avec son fils. Théodose leur donna nne armée pour aller prendre possession de l'Italie, où Jean le Secrétaire s'était iàit reconnaître empereur.

Valehtikien III , 435. '■ — L'usurpateur, trop tard secouru par les Huns, fut livré à Placidie, qui le condamna à la peine capitale. Cette princesse lit reconnaître l'autorité de son jeune fils aux Romains occidentaux et aux barbares auxiliaires, et prit ellemême les rênes de l'État, pendant que Pulchérie , sœur de Théodose , régnait en Orient au nom de son frère. Deux illustres sénateurs , le patrice Aétius et le comte Bonïface, se partagèrent la faveur de Placidie; mais leur rivalité compromit l'Empire et lui fit perdre l'Afrique.

Mandates en Afrique, 429. — Bonifiice, proconsul d'Afrique , accusé par Aétius et rappelé par l'iiikpératrtee, refusa d'obéir et appela les Vandales à son secours. Ces barbares obéissaient alors a Genseric, qui venait de succéder à son frère Gonderic. Ils passèrent le détroit de Cadix , et furent accueillis e»

Afrique par les Donalistes persécutes et par les Maures ïndépendans , Ions également ennemis des Romains. En vain Boni face, que les conseils de saint Augustin avaient ramené an devoir, et dont Piacidie avait pardonné la trahison, s'efforça de défendre sa province contre Genseric. Sa valeur , secondée par les secours de l'Orient, ne put chasser les Vandales de la Mumidie et d'une partie de la Carthaginoise, que la cour de Ravenne abaudonna par un traité en 435.

Royaume de Cartilage , 439. — A la faveur de cette paix, Genseric. surprit Carthage , qui redevint «lors la capiale. d'un état indépendant plus redoutable pour Home que ne l'avait été jadis la puissance punique. Eu peu de temps , toute l'Afrique romaine subit le joug de Genseric, et les grandes îles de la Méditerranée, la Sicile, la Sardaigne , la Corse et les îles Baléares , tombèrent au pouvoir d'un prince qui avait su deviner que l'importance de l'Afrique dépendait du nombre de ses vaisseaux.

Prise de Rome, 455. — L'impératrice Eudoxîe , veuve de Yalentinien III , forcée de donner sa main au sénateur Pétrone Maxime, meurtrier et successeur de son mari , voulut tirer vengeance de ce crime et de cet outrage en appelant Genseric en Italie. Les Vandales débarquèrent au port d'Ostie , et s'avancèrent sur Rome, dont les habilans mutinés venaient d'égorger l'usurpateur. La ville,iprise.sausrésislance, fut livrée au pillage, et Cartilage s'enrichit de la dépouille de Rome et de sa population captive.

Pendant plus de vingt ans encore, Genseric fit

trembler l'Orient et l'Occident , bfiïlà on dispersa les flottes qui devaient le détruire , et survécut à la dernière catastrophe de l'empire romain. Après sa mort, qui arriva en 4Ï7 , le royaume des Vandales ne fit que décliner, jusqu'à l'époqUe où Bélisaire en lit la conquête sur Gëliiner , en 584.

Puissance des Huns. — Depuis que ces barbares avaient paru en Europe ils avaient inquiété l' Km pire par des incursions passagères ; mais leur domination s'était étendue sur la plupart des tribus de la Sarmatie et de la Scylhié. Attila agrandit encore cette puissance et la rendit formidable aux Romains.

Attila. , 433-463. — Ce conquérant , si célèbre par ses dévastations , qui lui méritèrent le surnom de Fléau de Dieu , affermit d'abord son autorité sur les peuples tributaires , et subjugua les Tartares Géougen, pendant que ses Jieulenaus soumettaient les peuplades de la Germanie orientale.

443-450. ll. La cour de Byfcance ayant refusé* le tribut qu'elle s'était engagée à payer nu roi des Huns, ces bai b. ues passent la fi-ontièie; dévastent la Thrace et l'Illyrie , et forcent Théodose II, noo-sculemeuti s'acquitter de cette dette , mais à leur abandonner b rive droite dit Danube * et à livrer les HniiS fugitifs qui s'étaient retirés dani tès provinces de l'Empire (446). Pour se soustraire à ces Conditions , les ministres de l'empereur trament un COmpwït contre les jours d'Attila ; mais cette intrigue est déjouée , et le roi des Huns exige des réparations qui lui sont portées dans son Camp par le consulaire Maxim in et l'historien PriseuS. Théodose lie survit que peu de

Lu i.:o-"J Cv O

mois à cette nouvelle humiliât km , et Marcièn , qui lui succède, oppose aux prétentions d'Attila «ne fermeté digne des Romains d'un autre âgGi '

Invasion de la Gaule , 4SI. — - Le roi des Huns tourne alors ses Vues contre l'Occident. 11 demande la main d'IJonoria, soeur de Yalentinien 1 11, fl la moitié de l'Empire couime dol de celte princesse. Le refus qu'il enssuie est du des prétextes qu'il met en avant pour envahir la Gaule; Il passe le Rhin, et s'avance vers la Loire, après avoir livré aux flammes les villes déjà saccagées parles Vandales. Orléans assiégé est délivré par le patrice Aétius , qui poursuit les Huns , et remporte sur eux line grande victoire près de Chàlonssur-Marne,avec l'aide des Visigoths, des Francs et des Bourguignons. Attila Vaincu repasse en Germanié. ■ Invasion en Italie, 463. — Les Hiins et les hordes tributaires d'Attila .traversent les Alpes Juliennes et détruisent d'abord Aquilée. La Vénétie est saccagée , et ses habitana fugitifs se retirent dans les îles j où ilsjettent les premiers fonde ni en s de Venise. L'empereur, Valentinieu Ul\ effrayé par la dévastation de la Cisalpine, envoie au roi desHuns une ambassade présidée par le pape saint Léon. L'éloquence de ce grand pontife impose au féroce conquérant. Attila reçoit les présens de la cour impériale, et consent à abandonner l'Italie. La mort délivre l'Empire dé fia formidable voisin (453),

Dispersion des Unfts, 453, etc. — La moût d'Attila mit fin à la vaste et mouvante domination des IIuusi Ses nombreux en fans se divisèrent , et la révolte éclata de tous cdtës parmi les tribus sCythiques,

slaves et germaniques. Plusieurs fils du conquérant périrent dans celle mêlée des bordes barbares , et Irnak , le plus jeune d'entré eux, ramena en Asie les restes de la nation des Huns. Par suite de l'émancipation des peuplades tributaires, Ardaric, roi des Gépides, forma un état indépendant entre la ïheiss et le Dniester, pendant que les Ostrogot ha s'établissaient dans la Pannonie sous l'autorité de leurs trois chefs Waiainir, Widimir et Théodemir.

§ ]V. — Chute de l'Empire d'Occident, 455476.

Derniers empereurs, 455-476. — Depuis l'invasion de l'Italie par Attila, et la prise de l\oine par Gensérie, arrivées à peu d'intervalle , jusqu'à la chute de TEntpire d'Occident , il s'écoula environ un quart de siècle qu'on peut considérer comme l'agonie de l'Empire romain. La fureur populaire avait fait justice du lâche Maxime. Le rhéteur Avitus, proclamé dans la Gaule par son disciple Théodoric II, roi des Yisigoths, est détrôné par le Suève Ricimer, qu'il avait choisi pour maître de la milice. Ce généraldonne la pourpre au brave Majorien, dont les vertus et le grand caractère trompent les espérances ambitieuses de son protecteur. Ce prince , digne d'un meilleur temps, entreprend, mais en vain , de remettre en honneur parmi les Romains les moeurs antiques , et de faire régner les lois et l'ordre public. Dans le dessein de chasser les Vandales de l'Afrique , il fait préparer un grand

armement naval dans le port de Carthagène ; mais ses généraux, gagnés par l'or de Genserîc, laissent incendier la flotte impériale. M a jo rien désespéré retourne en Italie , où il trouve une armée mutinée qui le dépose et le livre au sanguinaire Ricîmer.

Le meurtrier de Majorien dispose successivement de la dignité suprême en faveur de trois sénateurs , Sévère II[ , Anlhémius et Olyhrius , également indignes du troue. Les noms obscurs de ces empereurs n'inspirent pas plus d'intérêt que ceux de Glycérius et de Julius Népos, qui furent détrônés l'un et l'autre, et terminèrent leur carrière , l'un dans les honneurs de l'épîscopat , l'autre dans la retraite de Salone.

Fin de L'Empire romain, , 476. — Le pafrice Oreste , maître de la milice en Italie , après avoir été ministre d'Attila, revêlit son fils Romulus Augustule de la pourpre dont il venait de dépouiller Julius Képos. Mais les barbares au service de l'Empire , sous le nom de fédérés , n'ayant pu obtenir de lui le tiers des terres de l'Italie, se révoltèrent sous la conduite d'Odoare , Hérule de nation. Oreste, vaincu, périt massacré dans Pavie , et son fils , à peine âgé de six ans , fut relégué à Lucullanuin, dans la Campanie, où il mourut bientôt après. La puissance des Césars acheva de s'éteindre dans un enfant.

La chute de la domination impériale en Occident ne peut être considérée comme une révolution; ce fut un événement presque inaperçu, qui ne changea rïen au sort des peuples , tel que l'invasion l'avait fait. Les barbares achevèrent leur établissement dans les provinces romaines, et l'Italie reçut Odoacre pour maître sous les titres de patrice et de roi.

Page 1