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par tient qu'à Dieu seul. Ce décret, mal compris par le clergé gallican , fut condamné par les trois cents prélats réunis à Francfort, qui cependant n'adoptèrent pas l'erreur des iconoclastes. — Ce concile anatbématisa aussi la doctrine hérétique de Félix , évêque d'Urgel , qui , distinguant deux natures dans Jésus-Christ, soutenait que comme homme il n'était fils de Dieu que par adoption.
Concile <£ Aix-la-Chapelle , 809. — Le deuxième concile œcuménique lenu a Coustantinople en 331 avait fait insérer dans le symbole de Nicée que le Saint-Esprit procède du Père. En 653 , le huitième concile de Tolède y ajouta le mot JUioquû , qui ne tarda pas à être introduit dans le rituel gallican. Le pape Adrien I e ' , alarmé de cette innovation , la soumit à l'examen du synode d'Aix-la-Chapelle. Cette assemblée reconnut l'addition du fdioque , adoptée bien plus lard en Italie , et toujours rejetée par l'Église grecque.
§ III. — État des lettres.
Cbarlemagne entreprit de policeiparla religion les peuples idolâtres qu'il avait subjugués , et ce bienfait arrêta la barbarie du Nord dans ses limites. Mais une autre barbarie, celle des mœurs, régnait dans son Empire, et ce grand homme essaya de la dissiper. Rien ne fut négligé pour achever ce grand dessein . La protection du prince , sa libéralité et surtout son
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exemple , encouragèrent l'étude-des lettres parmi ses sujets romains , et les anoblirent aux yeux des conquétans barbares. Il ne restait presque plus en France aucuns vestiges des sciences et des -arts , lorsque Charlemagne conçut la pensée de les y faire refleurir.
Ce prince fut initié, à I'fige de trente-deux ans , aux premiers élémens des lettres par Pierre de Pise, qui lui donna des leçons de grammaire et de langue latine, et le prépara ainsi aux leçons dit célèbre Alcuin. Ce moine anglo-saxon , que Charles attacha à sa personne eu 783 , lui enseigna la rhétorique , la dialectique, et surtout l'astronomie, qu'il préférait aux autres sciences après la théologie.
Les bienfaits et l'amitié de Charlemagne attirèrent de différens pays un grand nombre de sa vans, tels que Alcuîu d'Yorck , Clément d'Irlande, et les Italiens Pierre Pisan.Paul Warnefiid , Théodulfe, Leidrade et Paulin d'Aquilée. Le commerce de ces illustres étrangers familiarisa les courtisans guerriers d'Ostrasie avec la langue latine. Riculfe , Angilbert et Ëgiiihard, durent à leur savoir l'intimité du prince. Éginliard , écrivain plus élégant que ses maîtres, écrivit la vie du grand homme, dont il fut le chancelier et peut-être le gendre.
Tous ces personnages faisaient partie d'une académie palatine que le roi présidait sous le nom de David, et dont chaque membre empruntait un surnom allégorique. Auprès de cette académie fut établie une école royale qui devint le centre des études et servit de modèle à d'autres écoles. On y enseignait les sept arts libéraux, savoir: la grammaire, la rhétorique,
h dmfectique , l'arithmétique, la géométrie, fastroliomie et la musique. Une circulaire adressée en 787 à tous les évêques et abbés les invitait à ouvrir des écoles auprès des églises cathédrales et des monastères. Alcuin enseigna lui-même la théologie et les sciences à ses moines de Tours. Théoduife , évêque d'Orléans, fonda quatre écoles supérieures, et distribua dans les campagnes des écoles élémentaires gratuites. C'est à lui que l'abbaye de Fleury -sur- Loire fut redevable dé sa célébrité littéraire. D'autres monastères, Corbie, Fonlenelle , Saint-Riquier, Aniane, Reichnau, Utrecht , Osnabruck, etc., rivalisèrent de savoir et de piété. Charlemagtie appela l'attention des eénobites sur l'orthographe et la calligraphie, et fit substituer les caractères romains à l'alphabet teutonique mérovingien qui avait prévalu.
Comme la théologie était de toutes les sciences d : alors la plus importante et la plus utile, l'étude approfondie du latin et môme celle du grec devenaient indispensables à ceux qui voulaient parvenir aux hautes dignités de l'Eglise. Aussi les enseignait-on l'un et l'autre dans quelques monastères. Le latin n'était plus la langue vulgaire : à peine pouvait-il être entendu du peuple, qui parlait un idiome grossier appelé langue romaine rustique, source des langues et des palois méridionaux. Au nord de la Gaule et dans l'Ostrasie , la langue dominante était celle des anciens Germains ; c'est celle que parlaient Chai leraagne et tous les Francs ; il paraît même que ce prince voulait la faire adopter dans tout son Empire.
Éginhard rapporte qu'il composa une grammaire tudesque, et qu'il fit recueillir les anciens chants guerriers des peuples germains.
Malgré les eue ou rage mens de Charlemagne et la pieuse munificence des grands, les arts restèrent dans le néant où ils étaient tombés. L'architecture ne produisit aucun monument qui soit arrivé jusqu'à nous ; et telle était la rareté ou l'impéritie des artistes , que , pour élever la basilique et le palais d'Ai s- 1 a-Chape lie , on fut obligé d'apporter de Ravenne les colonnes et les mosaïques qui décoraient la résidence des derniers empereurs. O^i cite encore , parmi les travaux de Charlemagne, un canal qui devait établir une communication entre le Rhin et le Danube, ainsi que plusieurs ponts construits sur les grandes rivières.
Tant d'efforts pour rendre son ancien lustre à une civilisation déchue furent presque sans efficacité. Quelques hommes de savoir, Hincmar et Agobart , Milliard et Thégan , Loup, abbé de Ferrières, et d'autres élèves de l'école palatine , marchèrent , il est vrai , sur les traces de leur maître ; mais , après eux , les guerres civiles, l'anarchie féodale et les invasions des barbares replongèrent l'Europe dans les ténèbres que n'avait pu dissiper un grand homme investi de tant de puissance.
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