‹ Précis de l'histoire du Moyen Âge par m. des MichelsChapitre 6 sur 75 · SO · texte numérisé non relu

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provinces entre la Somme et la Loire ; S 0 les Armoricains ou Gaulois maritimes, s'étaient rendus indépcndans sur la cote occidentale , et disputaient la troisième Lyonnaise aux Bretons fugitifs; 3° les Bourguignons s'étaient étendus depuis le haut Rhin jusqu'à la Méditerranée , et depuis la haute Loire jusqu'aux Alpes; 4° enfin les Visigoths dominaient dans la première IS'arhonnaise, les trois Aquitaines et la plus grande partie de l'Espagne. C'est de ces divers élémens réunis par les Francs victorieux que s'est formée la nation française.

Bataille de Soissons, 486. — Clovis traversa la forêt dos Ardennes à la tête de cinq mille guerriers. Il défit le patrice Syagrius devant Soissons, et s'empara de cette ville, où il établit sa résidence. Le général romain, réfugié à la cour de Toulouse, fut livré par Alaric II à la vengeance du roi des Francs. La Gaule romaine fit sa soumission au vainqueur. Quelques années après, le mariage de Clovis avec une princesse catholique lui concilia l'affection des vaincus (403). Cette épouse était Clotilde, nièce de Ciondebaud, roi des Bourguignons.

Bataille de Tolbiac, 498. — Les Àllemans ou Souabes ayant envahi le royaume des Francs ripuaires, Clovis marcha an secours de leur roi Sigebert, et tailla en pièces les ennemis près de Tolbiac. Les vaincus repassèrent le Rhin : une partie se mit sons la protection de Théodoric, roi d'Italie; les autres se reconnurent pour tributaires des Francs, 497. Clovis avait promis, pendant In bataille, d'embrasser la religion de Clotilde, si le Dieu des chrétiens lui donnait

la victoire. D tint parole, et reçut le baptême avec le plus grand nombre de ses guerriers. Cetle conversion eut pour Clovis les plus heureux résultats; elle détermina les cités libres de l'Armoriquc à reconnaître ses lois. Plus tard, les Bretons furent soumis au tribut, et leur comte Btidic déposa le titre de roi qu'il s'était arrogé;

Guerre contre les Bourguignons, 600. — Le- roi Gondebaud avait dépouillé et mis à mort son frère Cbilpéric, père de Clotilde. Clovis lui déclara la guerre, après avoir conclu une secrète alliance avec Godegiséle, autre frère de Gondebaud. La défection de ce prince assura aux Francs une victoire aisée. Les Bourguignons, vaincus près de Dijon, furent poursuivis et assiégés dans Avignon. Uu traité mit fin àcelte première guerre; mais Gondebaud s'élant vengé sur Godegiséle, les hostilités recommencèrent. Clovis, soutenu par Théodorîc, s'empara une seconde fois du royaume de Bourgogne, et n'accorda la paix à son ennemi qu'à la condition d'embrasser le catholicisme. Le roi des Ostrogollis se fit céder la province de Marseille.

Guerre contre les Visïgoths, 507 Sous prétexte

de délivrer la Gaule méridionale de l'oppression des hérétiques, Clovis déclara la guerre aux Visigoths. Leur -roi, Alaric II, fut vaincu et tué à la bataille de Vouillé. Le vainqueur marcha sur Bordeaux , et s'en empara, ainsi que de Toulouse, capitale des Visigoths, pendant que Thierri, fils aîné du roi des Francs, soumettait l'Auvergne et faisait sa jonction avec les Bourguignons. Mais les deux armées combinées furent

battues près d'Arles parles troupes que Théo do rie envoyait trop tard au secours d'Alaric II, son gendre. Les Ostrogolhs reprirent la Septimanie, qui resta attachée aux destinées de l'Espagne, les Francs gardèrent les trois Aquitaines, et les Bourguignons rentrèrent dans leurs limites.

608. — Clovis victorieux reçut de l'empereur A linstase les insignes du consulat et fixa sa résidence à Paris. Rien ne manquait à sa gloire, mais sa puissance lui paraissait encore trop bornée. Pour l'agrandir, il fit mourir quatre princes de sa famille, qui régnaient sur des tribus flanques cantonnées ù Cologne, à Tërouane, à Cambrai et au Mans. Toute la nation des Francs se trouva ainsi réunie sous un même sceptre; mais la mort prématurée de Clovis, arrivée eu 611, devait la diviser encore.

§ III. .— Des Francs sous les fils de Clovis, oIl-ïjGI.

Les quatre fils de Clovis se partagèrent le royaume. Thierri, né d'un premier mariage, alla régner à Metz sur les Francs orientaux ou Qstr&siens; Clodomjr, fils aîné de Clolilde, fut roi d'Orléans; Childebertl* r , de Paris, et Clotnire I", de Soissons. Le partage des provinces se lit d'une manière irrégulière, afin d'intéresser les quatre héritiers a la défense de tout l'héritage.

Conquête de la Thuringe, 630. — Thierri déclara

la guerre au roî des Thuringiens Hermanfrid, qu'il avait aidé à dépouiller ses deux frères, et dont il n'avait pas reçu la récompense promise. Secondé par Clotaire, il envahit les Étals de ce prince, et le fit ensuite mourir dans une entrevue. La Tliurînge fut réunie à l'OsIrasie. * , i

Conquête de la Bourgogne, 538, 534. -r- Les trois fils de Cloiilde se liguèrent contre les lils de Gondebaud. Dans nue première guerre, le roiSigismond fut fait prisonnier à Saint-Maurice, et mis a mort par Clodomir, près d'Orléans. Mais ce prince cruel pérît bientôt après en combattant les Bourguignons à Véseronee, et ses fils furent égorgés par leurs oncles, qui se partagèrent le royaume d'Orléans.— La guerre, un moment ralentie, recommença en 883, et l'année suivante, Goodomar, qui avait succédé à son frère Sigismond, tomba au pouvoir des rois francs, qui restèrent maîtres do son royaume. Cependant la nation vaincue conserva ses lois, ses patrices et ses formes de gouvernement.

Guerre contre les Fisigoths, 631-S34 et S43. t~- Childchert envahit la Seplimauie, et passa les Pyrénées pour soustraire sa sœur CloliUie aux mauvais trailemens dé son époux Amaigrie. Les Gains massacrèrent leur roi à Barcelone, sans pouvoir empêcher les Francs de s'avancer jusqu'à Tolède, et rendirent la fille de Clovis. — Théodebert, fils de Thierri, s'empare de l'Albigeois et du Houergue. — Childebert et Clotaire firent ensuite la guerre à Tlieudis, successeur d'Amalaric, et allèrent assiéger Saragosse. Forcés de levér le siège, ils repassèrent les Pyrénées,

emportant avec eux les reliques de saint Vincent.

Guerre contre les Oslrogoths, 539-554. — Le roc d'Ostrasie, Théodebert, avait promis des secours à Vili'gès, roi d'Italie, et à l'empereur Justiuien, qui lui avaient cédé, chacun de son côté, leurs droits sur la Provence. Il passa en effet les Alpes, non pour secourir, mais pour combattre les Ostrogot hs et les Grecs qu'il avait trompés piir des alliances contradictoires. Ses armées furent détruites par la faim et par les maladies. Sous le régne de son fils Théodebald, les ducs Leutharis et Bucelin conduisirent en Italie un corps de 75.000 Allemands, qui furent taillés en pièces à Casilin par le patrice Karsès, en 554. [Voyez le chap. suivant.}

Clotaire I" seul rai, 558-fldI. — Les fils de Clodomir avaient été égorgés; Théodebald n'avait pas eu de postérité; Childebert ne laissait que des filles. Ainsi Clotaire hérita de toute sa famille, et réunit sous ses lois les États de Clovis agrandis de la Bourgogne et de quelques autres provinces. La soumission des Saxons méridionaux, qui s'étaient joints aux Thuringiens insurgés, avait encore ajouté à la prédominance de ta nation. Mais la mort de ce prince devait diviser de nouveau l'Empire des Francs.

§ ÏV. — Depuis la mort de Clotaire I" jusqu'à celle de Clotaire II, 561-628.

Clotaire I" laissait quatre fds. Sigebert I" fut roi

d'Ostrasie; Chilpéric I* r , de Soissons; Caribert, de Paris; Gontran, d'Orléans et de Bourgogne. Comme après la mort de Clovis, le partage se lit d'une manière irrcgulière , à lel point que plusieurs villes furent divisées, ce qui devait être une source de querelles. Ces clémens de discorde s'accrurent encore par lu mort de Charibert, dont les États turent démembrés par ses trois frères.

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